Complémentation après chirurgie de l’obésité : un médecin nutritionniste nous répond

Complémentation après chirurgie de l’obésité : un médecin nutritionniste nous répond

La complémentation après chirurgie de l’obésité est sans aucun doute l’un des sujets clés pour éviter les carences après une sleeve ou un bypass. De nombreux témoignages prouvent que ne pas prendre de vitamines après une chirurgie bariatrique expose à de nombreuses complications.

Nous avons interrogé le Dr Bernard Grunberg, président de la Commission Nutrition du CREGG (Club de Réflexion des Cabinets et Groupes d’Hépato-Gastroentérologie), Médecin expert auprès du pôle nutrition de la HAS (Haute Autorité de Santé) exerçant à la Clinique de l’étang de l’Olivier à Istres.

 

Dr Bernard Grunberg

Il nous explique à la fois simplement et de façon détaillée pourquoi bien prendre ses vitamines après une chirurgie de l’obésité est si important et comment les choisir.

Les réponses d’un médecin spécialisé dans la nutrition et la chirurgie de l’obésité

MGT : Bonjour Dr Grunberg, vous êtes gastro-entérologue mais semblez également être très impliqué sur les sujets de nutrition.

La nutrition me semble être la raison d’être de la gastro-entérologie et au-delà même de toutes les spécialités médicales et chirurgicales.

Mon intérêt s’est d’abord orienté vers la dénutrition clinique, très fréquente, et souvent ignorée.

Puis ma connaissance de la nutrition m’a rapidement sensibilisé à la pire épidémie non infectieuse de ces dernières années à savoir le surpoids et l’obésité.

La prise en charge chirurgicale de ces patients obèses nécessite un encadrement nutritionnel et métabolique très attentif et une supplémentation vitaminique et en micronutriments complète et précise.

Pendant combien de temps doit-on prendre des vitamines après une sleeve ou un bypass ?

MGT : Pour revenir sur notre sujet de la complémentation post bariatrie, quelles sont d’après vous les caractéristiques d’une bonne complémentation ?

Avant tout c’est une complémentation que le patient va accepter de prendre dans la durée car il en a un réel besoin. Cela signifie qu’il faut qu’il accepte son prix, qu’il la tolère bien, qu’elle ne lui provoque pas de nausées et qu’il la prenne facilement.

Après, bien évidemment, les personnes opérées d’une chirurgie bariatrique ont des besoins spécifiques. Les dosages en vitamines et minéraux qui leur sont nécessaires vont au-delà de ce que proposent les compléments alimentaires généralistes qui ont été étudiés pour faire face à un simple coup de fatigue.

Si le client s’oriente vers un produit généraliste, il est alors indispensable qu’il soit bien surveillé pour que les carences résiduelles puissent être traitées. Généralement, les prescripteurs qui recommandent encore des produits généralistes ajoutent, selon les bilans, une complémentation en vitamines B12 et D, Fer et zinc.

MGT : Quelles sont les erreurs à ne pas faire ?

La première, et la plus grave, serait de ne pas se complémenter après la chirurgie bariatrique. L’organisme peut puiser dans ses réserves quelque temps mais, une fois celles-ci épuisées, elles sont souvent difficiles à reconstituer.

La seconde est d’arrêter sa complémentation trop tôt parce que l’on se sent bien. C’est justement la complémentation qui fait qu’on se sent bien.

Selon le type d’intervention subie, il est couramment admis aujourd’hui que la complémentation est nécessaire au moins une année après une sleeve et plusieurs années, voire à vie pour un bypass.

Dans tous les cas, il est important que le patient ne perde pas le contact avec son équipe médicale et fasse les bilans périodiques recommandés.

Quelle différence entre toutes les vitamines post chirurgie bariatrique ?

MGT : Qu’est-ce qui différencie un multi vitaminé d’un autre ?

Comme je l’indiquais précédemment, la première chose est le dosage dans les nutriments dont les carences sont le plus souvent constatées en post bariatrie : Fer, vitamines B12, B1, D.

Ensuite, tous les ingrédients qu’on trouve dans ces produits ne se valent pas ; certains sont mieux tolérés, plus assimilés que d’autres (on parle de bio disponibilité), et donc plus efficaces.

Il faut se souvenir également que, si le surdosage en vitamines n’a pas de conséquences car le surplus est éliminé par l’organisme, il n’en est pas de même pour les minéraux, comme le fer par exemple, dont le surdosage n’est pas recommandé car l’organisme le stocke.

Le prix est également un élément différenciant, les compléments alimentaires généralistes sont moins chers que les produits spécialisés mais leurs dosages ne suffisent pas aux besoins d’une personnes opérée.

Enfin, la présence en pharmacie reste un gage de sécurité et de facilité d’accès au produit.

MGT : Actuellement un certain nombre d’additifs autorisés semblent être controversés, y a-t-il des risques sur ce type de produit ?

Vous pensez au dioxyde de titane qui est suspecté d’être cancérogène ?

On le trouve dans nombre de compléments alimentaires et médicaments.

Il est effectivement préférable de l’éviter. Surtout pour une complémentation qui va être prise tous les jours et au long cours. Par ailleurs il n’a aucun apport pour l’organisme puisque c’est juste un opacifiant.

MGT : Enfin, Dr Grunberg, auriez-vous un produit à préconiser plus qu’un autre ?

Pour ma part, je préconise à mes patients un produit appelé SURGILINE.

C’est un produit spécialisé pour les apports post bariatrie avec un bon dosage, très assimilé donc très efficace. C’est un produit qui parait simple mais qui est en fait très « technique ».

Il a connu il y a un certain nombre de mois quelques cas d’intolérance mais la formulation a été rectifiée et il est maintenant, au contraire, très bien toléré.

Il est un peu plus cher que les produits généralistes car, outre ses dosages, il contient également une complémentation en magnésium qui renforce son efficacité.

Merci Docteur pour ces éclaircissements qui, nous l’espérons, seront utiles à nos lecteurs. On le rappelle, la complémentation après une chirurgie de l’obésité est essentielle et s’inscrit dans un suivi permettant de se donner toutes les chances de réussite après une sleeve ou un bypass.

Quelle cure anti-fatigue choisir ?

Quelle cure anti-fatigue choisir ?

Santé magazine – Publié le 03/12/2018

https://www.santemagazine.fr/alimentation/nutriments/quelle-cure-anti-fatigue-choisir-171998

À l’automne, pour booster sa forme et renforcer son immunité, rien ne vaut un cocktail à base de vitamines, de minéraux ou de plantes. Notre sélection de six compléments alimentaires anti-fatigue.

 

Pour retrouver la forme en cas de petite baisse de régime, on fait le plein de vitamines et de minéraux au lieu de forcer sur les excitants.

  • Lors des changements de saison, en période de stress ou de surmenage, nos besoins en vitamines et en minéraux augmentent. Sont particulièrement importants le fer et le magnésium, dont les apports sont d’ailleurs parfois insuffisants, et les vitamines B. «  La gelée royale, riche en vitamines de ce groupe, en minéraux et aussi en acides aminés, est une bonne alternative naturelle », explique le Dr Jean-Michel Morel, médecin généraliste et président de la Société franc-comtoise de phytothérapie et d’aromathérapie.
  • En cas de fatigue plus importante, de convalescence ou de stress qui se prolonge, « une formule renfermant de l’éleuthérocoque ou du ginseng (150 à 600 mg d’extrait sec par jour) est à préférer, conseille le médecin. Ces plantes dites adaptogènes augmentent la résistance de l’organisme et favorisent la récupération. » De plus, selon plusieurs études, elles améliorent aussi la résistance aux affections hivernales. Elles sont pleinement efficaces après quelques jours. Attention, elles ne sont pas recommandées avant 12 ans, voire 18 ans pour le ginseng, ni en cas d’hypertension artérielle mal contrôlée !
  • Contre les affections hivernales : on peut choisir la propolis, aux propriétés tonifiantes et antibactériennes, ou l’échinacée (1 000 à 1 500 mg de poudre de racine par jour). Pratiques, de nombreuses références associent ces composants à la gelée royale et/ou aux plantes adaptogènes pour agir à la fois sur la fatigue et sur l’immunité. Autre piste, les probiotiques (lactobacilles et bifidobactéries), qui jouent un rôle certain dans nos défenses immunitaires. « De plus en plus d’études montrent leur intérêt pour limiter les pathologies ORL », souligne le Dr Morel.
  • Pour un effet coup de fouet : mieux vaut opter pour des plantes riches en caféine (café, thé, kola, guarana, maté…). Prises de façon ponctuelle, elles permettent de tenir le coup et même de combattre la somnolence. Mais attention au risque de nervosité, de palpitations et de troubles du sommeil, notamment en association au ginseng ou à l’éleuthérocoque (c’est le cas de nombreuses formules “booster”).

Supradyn Intensia (Bayer)

Signes particuliers  : 13 vitamines et 9 minéraux qui couvrent 100 % des VNR (valeurs nutritionnelles de référence, les anciens AJR, apports journaliers recommandés) en vitamines (sauf la vitamine K) et en certains minéraux dont le fer (14 mg par comprimé), le zinc, l’iode, le cuivre et le manganèse.

Pour qui ? À partir de 18 ans, en cas de fatigue passagère ou lors de périodes de surmenage, notamment chez les femmes ayant tendance à manquer de fer (règles abondantes, alimentation peu riche en fer…).

Notre conseil : ces comprimés effervescents, appréciés pour leur goût orange/fruit de la passion, sont agréables à prendre le matin.

Environ 13  € la boîte de 30 comprimés.

D-Stress Booster (Synergia)

Signes particuliers : des vitamines B et du magnésium (200 mg par sachet, soit 53 % des VNR*), dont les sels (glycérophosphate et citrate) provoquent peu de troubles digestifs (diarrhée). Ce produit contient 2 acides aminés énergisants : de l’arginine (400 mg) et de la taurine (80 mg), qui facilite l’absorption du magnésium. Goût pêche.

Pour qui ? À partir de 15 ans, en cas de fatigue liée au stress, de nervosité et de troubles du sommeil.

Notre conseil : ce n’est pas un stimulant (pas de caféine) ! En cure d’attaque, on peut prendre 2 à 3 sachets/jour.

Environ 16  € la boîte de 20 sachets.

Bion 3 Energie Continue (Merck)

Signes particuliers : une formule bien connue aux probiotiques (Bifidobacterium bifidum, B. longum et Lactobacillus gasseri), vitamines du groupe B, bien dosées et libérées de façon prolongée, fer
et iode. Renforcée en vitamine C (180 mg par comp.), avec une petite dose de ginseng (10 mg).

Pour qui ? À partir de 15 ans lorsqu’on veut combiner cure anti-fatigue et probiotiques, pour mieux surmonter la période hivernale.

Notre conseil : les probiotiques contribuent à l’équilibre de l’organisme et potentialisent l’effet des vitamines et minéraux.

Entre 12 et 13 € environ la boîte de 30 comprimés.

Ginseng Protect Bio de Sibérie (Super Diet)

Signes particuliers : l’éleuthérocoque (ou ginseng de Sibérie ; 600 mg d’extrait sec pour une ampoule), la gelée royale fraîche (500 mg), et l’échinacée (600 mg de plante sèche) agissent en synergie.

Pour qui ? À partir de 15 ans, en cas de fatigue et pour stimuler ses défenses immunitaires. Pas d’utilisation en cas d’allergie aux piqûres d’abeille puisque le produit contient de la gelée royale, ni en cas d’immunodépression (chimiothérapie, VIH…) du fait de la présence d’échinacée.

Notre conseil : si le goût de ces ampoules ne plaît pas, on peut essayer de les diluer dans un demi-verre de jus d’orange.

Entre 25 et 30 € la boîte de 20 ampoules.

Imuvitalose (Pierre Fabre)

Signes particuliers : associe la vitamine C (100 mg/gélule) et l’Imunoglukan, un bêta-glucane (grosse molécule de sucre) issu d’un champignon, qui stimule dans l’intestin des cellules intervenant dans nos défenses immunitaires (les plaques de Peyer). Évalué dans le cadre d’études chez l’enfant et l’adulte.

Pour qui ? À partir de 7 ans pour booster les défenses immunitaires en cas d’infections respiratoires récidivantes (rhumes, bronchites, otites…).

Notre conseil : en cure de 3 mois à commencer dès octobre. Une suspension buvable au goût neutre existe pour les enfants de 3 à 7 ans, elle se mélange à un yaourt ou à un jus de fruit.

Environ 13,90 € la boîte de 30 gélules.

Vitascorbol-Boost (Cooper)

Signes particuliers : 9 vitamines et 6 minéraux (soit 100 % des VNR* sauf pour le chrome et le magnésium ; 14 mg de fer), des plantes riches en caféine (guarana et cola, soit 40 mg), de l’acérola (vitamine C) et un acide aminé : l’arginine (500 mg par comprimé), pour le tonus musculaire.

Pour qui ? À partir de 12 ans, de façon ponctuelle si l’on recherche un effet tonique immédiat ou en cure courte (10 à 15 jours).

Notre conseil : une bonne formule qui aide à surmonter les grosses périodes de fatigue au travail ou de révisions, grâce à l’association, bien dosée d’arginine, de vitamines et de minéraux. À prendre dans la matinée.

10-12 € environ la boîte de 20 comp. sans sucre (goût orange).


  • Si l’on ne trouve pas de causes évidentes à la fatigue.
  • Lorsqu’un amaigrissement inexpliqué, une perte d’appétit, des idées noires, s’ajoutent à la fatigue.
  • En l’absence d’amélioration après 2 à 3 semaines de cure anti-fatigue.

Vision collaborative et programmes d’égalité d’accès aux soins EMNO

Vision collaborative et programmes d’égalité d’accès aux soins EMNO

http://drgauthier-nutrition-obesite.fr/vision-collaborative-programmes-degalite-dacces-aux-soins-emno/

Après une première année d’activité l’équipe de l’EMNO a permis, parmi la totalité de ses patients, la prise en charge de plus de 200 personnes souffrant de trouble du comportement alimentaire (TCA) en lien ou pas avec une obésité ainsi que de personnes n’ayant pas la possibilité financière d’avoir accès à une équipe complète.

Ce programme, non hospitalier, a été mis en place avec l’Agence Régionale de Santé Bourgogne Franche Comté et RamsayGDS. Il permet l’accès à une équipe pour les personnes qui présentent des difficultés d’accès à certains soins non assumé par l’assurance maladie.

Plus de 130 personnes en situation de précarité ont pu, par ce programme, bénéficier d’une prise en charge pluridisciplinaire adaptée aux besoins. Ce type d’approche n’a pu être possible que par l’organisation de l’EMNO. Rien de magique dans ces prises en charge, mais nous contribuons de cette façon à une certaine égalité d’accès aux soins. L’évaluation de ces personnes est réalisée avec un outil de qualité de vie de manière à avoir des marqueurs de suivi bien plus pertinents que les simples poids et IMC.

Plus de 70 personnes présentant un TCA ont également été intégrées à ce programme. En dehors de certaines formes assez sévères d’anorexie-boulimie, la majorité de ces patients souffraient d’un TCA en lien avec l’obésité, certains après chirurgie bariatrique. Comme il est écrit dans cet article, les troubles des conduites alimentaires touchent également les personnes souffrant d’obésité même si ces derniers, honteux, ne sont encore que très peu évoqués.

Ce programme permet dans un premier temps de libérer la parole de ces personnes, qui cachent ou essaient seules de contrôler ces troubles du comportement. Bien souvent, elles ont été de magnifiques cibles pour les vendeurs de régimes avec une prise alimentaire qui devient de plus en plus complexe. L’acte de manger n’est alors pas si simple.

Ainsi l’EMNO a tenté (et tente encore) d’accompagner ces personnes en difficulté, sans prétendre avoir LA solution mais en offrant une approche thérapeutique bienveillante et égalitaire.

Cette approche et organisation devrait pouvoir être la première étape d’un programme plus important qui, articulé au maillage territorial, pourra apporter un petit élément de plus au parcours des personnes souffrant de problématiques nutritionnelles et plus particulièrement d’obésité.

Ces évolutions vers la médecine de parcours ne sont pas si simples car font face à des tentatives de blocages en lien avec des considérations politico-concurrentielles. Dommage que nous ne soyons pas au Canada, où la vision collaborative du système de soins devrait inspirée certains (qui lisent parfois cette page avec un esprit loin d’être bienveillant… ). J’encourage ces personnes à lire l’article très intéressant de : D’Amour D, Goulet L, Pineault R, Labadie JF, Remondin M. « Étude comparée de la collaboration inter-organisationnelle et de ses effets : le cas des services en périnatalité ». Fondation canadienne de la recherche sur les services de santé, 2003).

L’ensemble de la Bourgogne Franche Comté possède une certaine efficience en terme d’organisation d’un parcours de soins des personnes souffrant d’obésité. C’est encore loin d’être parfait, mais beaucoup d’innovations et évolutions sont présentes au sein des différents territoires avec des personnes toutes aussi impliquées que nous (peut-être même plus). Laissons les construire sur un mode collaboratif en évitant, par des jeux de vision monopolistique, de les mettre en compétition.

L’EMNO tente d’innover, à sa manière, dans un esprit collaboratif tout comme nous l’avions fait avec la clinique du chalonnais il y a 6 ans. L’objectif est avant-tout de tenter de mettre en place un parcours qui accompagne UNE PERSONNE (pas une maladie) sans avoir la prétention d’avoir LA solution.

Pas si simple dans une société où la notion d’immédiateté touche également la médecine.

@Dr Cyril GAUTHIER

Obésité : une étude montre la nécessité de traitements ciblés

Obésité : une étude montre la nécessité de traitements ciblés

Santé magazine – Publié le 14 novembre 2018

https://www.santemagazine.fr/actualites/obesite-une-etude-montre-la-necessite-de-traitements-cibles-334958

 

© istock

Menée auprès de plus de 2 400 patients obèses, une nouvelle étude scientifique explique pourquoi une prise en charge personnalisée est essentielle dans le traitement médical et chirurgical de l’obésité.

Dans une nouvelle étude parue le 13 novembre dans la revue spécialisée Obesity, des chercheurs américains rapportent avoir différencié quatre grands types d’obésité, qui nécessiteraient chacun une prise en charge particulière. Ils invitent à étudier l’obésité dans sa diversité afin de mettre au point des approches personnalisées.

Après avoir analysé les données de santé de plus de 2 400 patients obèses, des chercheurs de la Brown University School of Public Health (États-Unis) ont identifié quatre sous-groupes d’obésité au vu des comportements alimentaires, de l’historique de poids et de variables biologiques. Notons par ailleurs que les 2 400 participants ont tous subi une chirurgie bariatrique, avec pontage ou anneau gastrique, entre mars 2006 et avril 2009.

Voici les caractéristiques principales des différents groupes :

  • groupe 1 : faible taux de HDL ou “bon” cholestérol, forte glycémie avant l’opération (98% de diabétiques dans ce groupe contre 30% dans les autres) ;
  • groupe 2 : comportements alimentaires désordonnés (boulimie, tendance à grignoter, manger sans avoir faim) ;
  • groupe 3 : faibles niveaux de troubles alimentaires comparé aux autres groupes ;
  • groupe 4 : patients obèses depuis l’enfance, avec un IMC au plus haut à 18 ans, et avec l’IMC pré-opération le plus élevé, autour de 58 kg/m2.

Les scientifiques ont alors observé, grâce à ce classement, que les patients des groupes 2 et 3  étaient ceux qui avaient le plus tiré de bénéfices de la chirurgie bariatrique.

L’une des raisons pour lesquelles nous n’avons pas encore obtenu de résultats plus solides dans le domaine de la recherche sur l’obésité, c’est que nous classons toutes ces personnes de la même manière”, a regretté Alison Field, chercheuse en épidémiologie et principale auteure de l’étude. “Il se peut très bien qu’il existe des stratégies incroyablement efficaces pour prévenir ou traiter l’obésité, mais lorsque vous mélangez des patients de différents groupes, l’effet en est dilué”, a-t-elle souligné. La scientifique suggère de traiter l’obésité de manière plus ciblée, par exemple en utilisant la pleine conscience pour les personnes obèses sujettes au grignotage et influencées par les images et les odeurs de nourriture, mais pas pour celles qui ne mangent pas sans avoir faim.

Source : Eurekalert

Obésité et apnée : Et si le premier des traitements était la perte de poids ?

Obésité et apnée : Et si le premier des traitements était la perte de poids ?

Publiée le 22/10/2018 par Équipe de rédaction Santélog
American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine

Ces nouvelles lignes directrices de l’American Thoracic Society recommandent les stratégies de perte de poids en première intention pour prendre en charge les patients surpoids ou obèses, souffrant de syndrome d’apnée du sommeil (SAOS). C’est en travaillant sur ces recommandations de traitement du SAOS que ces experts ont mieux réalisé la prévalence élevée du surpoids et de l’obésité chez les patients. La gestion du poids devient donc prioritaire dans le traitement de l’apnée.

Le SAOS est une maladie courante caractérisée par un blocage répété des voies respiratoires pendant le sommeil, réduisant ou arrêtant la circulation d’air. Le surpoids ou l’obésité est un facteur de risque reconnu et documenté du SAOS, et on sait déjà que la perte de poids peut souvent réduire sa sévérité. Ces nouvelles lignes directrices examinent et discutent des méthodes efficaces permettant aux praticiens de discuter des problèmes de poids avec leurs patients et les moyens d’interagir avec eux pour parvenir à une perte de poids.

Le groupe de travail comprenant 20 experts spécialistes du sommeil, des poumons, de la gestion du poids et du comportement, ainsi que 3 patients a évalué les résultats des études publiées sur le sujet puis a évalué les recommandations en utilisant le GRADE, un système de notation des recommandations. En passant en revue les études, le groupe de travail a noté que les patients ignorent souvent qu’ils sont en surpoids ou obèses et que les cliniciens hésitent souvent à poser le diagnostic d’obésité. Même lorsque le besoin de perte de poids est discuté, le programme de perte de poids n’est que rarement initié. Ces travaux évaluent donc les stratégies présentées dans ces études en termes de niveau de recommandation et de certitude des effets estimés :

  • Pour les patients présentant un SAOS en surpoids ou obèses avec IMC>25 kg / m2 :
    • participation recommandée à un programme complet d’intervention sur le mode de vie comprenant un régime hypocalorique, une pratique de l’exercice ou de l’activité physique accrue et des conseils comportementaux : recommandation forte, certitude des effets estimés très faible ;
    • en l’absence de programme complet d’intervention sur le mode de vie, la participation à un programme d’alimentation et de pratique de l’exercice est recommandée, en groupe ou de manière individuelle : recommandation sous conditions, certitude des effets estimés très faible ;
  • Pour les patients présentant un SAOS en surpoids ou obèses avec IMC>27 kg / m2 et dont le poids ne s’est pas amélioré malgré leur participation à un programme complet et qui n’ont aucune contre-indication à une pharmacothérapie (ex : maladie cardiovasculaire active) :
    • une évaluation de la pharmacothérapie anti-obésité : recommandation sous conditions, certitude des effets estimés très faible ;
  • Pour les patients présentant un SAOS en surpoids ou obèses avec IMC>35 kg / m2 et dont le poids ne s’est pas amélioré malgré la participation à un programme complet d’intervention sur la perte de poids, et qui n’ont pas de contre-indications : orientation vers une évaluation de la chirurgie bariatrique : recommandation sous conditions, certitude des effets estimés très faible ;

La perte de poids, pour réduire le SAOS et prévenir toute une série de comorbidités : les experts rappellent en conclusion que si la perte de poids, que ce soit par des changements de mode de vie ou par la chirurgie bariatrique, présente des bénéfices bien spécifiques de réduction de la sévérité du SAOS, ses avantages vont bien au-delà : cette perte de poids permet aussi la prévention du diabète de type 2, l’amélioration du contrôle glycémique chez les diabétiques de type 2, la baisse de la pression artérielle et l’amélioration de la qualité de vie.

C’est donc un appel aux cliniciens à poser le cas échéant le diagnostic d’obésité et à initier avec le patient la stratégie de perte de poids.

Source : American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine Sep 15, 2018 DOI : 10.1164/rccm.201807-1326ST The Role of Weight Management in the Treatment of Adult Obstructive Sleep Apnea. An Official American Thoracic Society Clinical Practice Guideline