Grossophobie médicale : les médecins sont-ils incapables de gérer l’obésité ?

Grossophobie médicale : les médecins sont-ils incapables de gérer l’obésité ?

Par Christine LaemmelSLATE — 27 mars 2018

http://www.slate.fr/story/159499/medecine-grossophobie-medicale-obesite-patients-education-therapeutique

Empêtrés dans un hygiénisme libéral, les soignants peinent à aborder avec humanité la question du surpoids de leurs patients.

Une adolescente souffrant d’obésité et sa médecin, le 24 novembre 2003 au Centre de pédiatrie et de rééducation de Bullion (Yvelines) | François Guillot / AFP

Ils sont presque cinquante médecins, gynécologues, généralistes ou cardiologues à remplir la triste liste des praticiens «non safe». Le comptage, actualisé et étayé de témoignages, recense les professionnels du corps médical ayant manifesté une ou plusieurs fois un comportement discriminant envers un patient, à cause de son poids. Ouverte en 2016 à la création du collectif Gras Politique, l’énumération jouxte une liste de soignants «safe».

Les victimes appellent ça de la «grossophobie médicale». Le terme est fort, mais les anecdotes ne laissent guère de doute. Les déclarations tombent dans le même sens depuis quelques mois sur les réseaux sociaux. FranceInfo, Libération ou StreetPress y ont consacré de longs articles, tous accablants. En filigrane, le mythe du médecin tout puissant s’effrite.

Le curé du corps parfait

Ce «mandarinat» est né au début du XXe siècle, au même moment où la corpulence a commencé à être vue comme pathologique. Avec une promotion de la silhouette svelte par la haute couture, «on conseillait non seulement la consommation modérée de nourriture dans les classes sociales élevées, mais aussi les modèles standard de poids et de taille qui furent décisifs dans la canonisation de la figure humaine», retracent les anthropologues spécialistes de l’alimentation Mabel Garcia et Jesus Contreras.

Progressivement, les repères ont glissé du clergé au corps médical. «Le Bien, les idéaux de la perfection, de la pureté, qui correspondaient auparavant aux valeurs transcendantes, correspondent à présent à une “bonne santé” corporelle idéalisée […]. Le Mal, les péchés tels que l’abandon aux appétits du corps, la gourmandise, la luxure, la paresse, ne sont plus punis par l’enfer après la mort, mais conduisent à des enfers beaucoup plus immédiats: la maladie, la mort, l’obésité, les manifestations de la vieillesse… Tous signes flagrants de péchés contre l’hygiène corporelle et alimentaire […]. La grosseur est considérée physiquement et moralement comme peu saine, obscène, propre aux fainéants, aux relâchés et aux gloutons.»

Bref, les préjugés ne sont pas nouveaux, et les médecins n’y sont pas étrangers. Une étude menée en 2009 par des chercheurs de l’Université de Yale aux États-Unis a montré que les professionnels de santé sont la deuxième source de stigmatisation après la famille. «La différence, c’est qu’on peut prendre de la distance avec ses proches, mais que le passage devant le corps médical est inévitable», ponctue Crystal, du collectif Gras Politique.

Perméables aux normes sociales, les soignants s’avouent aussi démunis. D’après une enquête effectuée auprès de médecins généralistes du Sud de la France, 79% pensent que la prise en charge des problèmes de poids est de leur ressort, mais 58% s’estiment peu ou pas du tout efficaces.

Les conséquences médicales pour les personnes en surpoids sont dramatiques. Face à un docteur peu bienveillant, les personnes corpulentes auraient deux fois plus de risques de devenir ou de rester obèses. Une étude révélée en 2017 par la professeure de psychologie américaine Joan Chrisler a montré que les gens gros sont plus sujets aux erreurs de diagnostics ou à des mauvais dosages d’antibiotiques et de chimiothérapie. En 2016, la Haute autorité de santé assurait que 40% des malades ayant subi une chirurgie bariatrique, «intervention lourde qui peut entraîner des complications et qui nécessite un suivi à vie», étaient mal informés sur la procédure.

Les patients enfin mis en avant

Confronté au surpoids, le médecin se montre faillible, perdant à la fois de sa neutralité et de son efficacité. En réaction, c’est le patient qui développe son expertise. «L’obésité étant considérée comme une maladie chronique et sans réel traitement médicamenteux, argumente Solenn Carof dans sa thèse «Le “surpoids”, un stigmate acceptable?», les patients ont acquis au fur et à mesure le langage et les connaissances propres à cette “maladie”». Comme le résume la sociologue, «le monde médical ne peut désormais plus prétendre fonctionner en vase clos».

Ce constat, la France le fait depuis 2002. La loi Kouchner a posé noir sur blanc le concept de démocratie sanitaire. En 2009, une nouvelle réforme a explicitement promu l’éducation thérapeutique du patient (ETP) pour «[le] rendre plus autonome, en facilitant son adhésion aux traitements prescrits et en améliorant sa qualité de vie».

L’idée est de transformer une relation verticale unilatérale en échange concerté autour d’une conception «éco-bio-psycho-sociale». L’asthme, le cancer et l’épilepsie sont concernés, mais également l’obésité. Via des programmes dispensés sur plusieurs semaines ou mois, les personnes en surpoids peuvent par exemple travailler sur la déculpabilisation, suivre des cours d’aquagym ou se préparer à une chirurgie bariatrique.

Une bonne idée qui peut vite tomber dans les mêmes travers que la voie classique. Pour Sylvie Benkemoun, vice-présidente du Groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids (G.R.O.S.), c’est le cas quand l’éducation thérapeutique consiste en un programme diététique. «La personne va se maîtriser un peu puis perdre le contrôle, estime-t-elle. Il ne faut pas calquer quelque chose de stéréotypé, mais toujours partir des besoins du patient.»

 «Avec l’humain, comment je fais

À l’Ipcem, le centre chargé de former les soignants qui vont diriger ces programmes, les cycles mêlent notions de psychologie, pédagogie et communication verbale ou non verbale. «On leur apprend par exemple à poser des questions ouvertes au patient ou à soutenir du regard la personne qui parle, à ne pas minimiser les émotions du malade», liste Maxime Morsa, psychologue et responsable des affaires pédagogiques.

L’évidence même? «Les études médicales forment d’excellents techniciens, mais on leur enseigne peu comment communiquer, justifie-t-il. Ils nous disent: “Avec l’humain, comment je fais?”.» Environ 1.000 membres du corps médical et paramédical, toutes pathologies chroniques confondues, passent par l’Ipcem chaque année. Au moins une vingtaine suivent des sessions liées à l’obésité.

En plus des soignants, des centaines de patients-experts interviennent dans les programmes d’éducation thérapeutique. Le statut –naissant en France– vise des pathologies comme le VIH, le cancer, l’hémophilie, la mucoviscidose, le diabète… Et l’obésité? Si rien ou presque n’existe encore, Catherine Tourette-Turgis, fondatrice de l’Université des patients de la Sorbonne, la première formation diplômante de malades au monde, voit les lignes bouger.

«J’ai des demandes de personnes en surpoids qui réclament la création d’une masterclass consacrée à l’obésité, annonce-t-elle. Après une chirurgie bariatrique, un quart des personnes ont des tentations suicidaires: il faut faire quelque chose. On pourrait former des patients pour accompagner l’après-chirurgie. Par manque de connaissances et à cause d’un sentiment d’impuissance, les soignants finissent par les abandonner, ils ne savent pas quoi faire.»

Démédicaliser l’obésité

Solution radicale, certains sociologues et médecins prônent une démédicalisation de l’obésité. «L’inconvénient le plus grave de la médicalisation est de donner une forme de légitimité scientifique à la stigmatisation des obèses, et de les enfermer dans un nouveau ghetto diétético-psychologique», estime par exemple Arnaud Basdevant, responsable du département d’endocrinologie-métabolisme et nutrition de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, à Paris. «Le risque est […] de voir le discours médical venir légitimer une recherche obsessionnelle de la perte de poids.»

Pour le G.R.O.S., il s’agit surtout de donner aux soignants «une meilleure connaissance de ce qu’est l’obésité et de ce qu’elle n’est pas. Quand une personne n’a pas de troubles alimentaires et un poids stable, elle n’est pas forcément en mauvaise santé». Ce n’est peut-être pas le surpoids en tant que tel qui est une maladie et doit être éradiqué comme une pandémie à la moindre toux, mais les conséquences qu’il peut avoir –s’il en a.

Face au malaise entre personnes grosses et soignants, le Conseil national de l’Ordre des médecins, organe garant de la qualité des soins, reste lui perplexe. «On ne peut pas demander aux médecins d’être les premiers moyens de la prévention et leur reprocher des questions intrusives», balaye l’organisme. Et l’Ordre de noter que peu de plaintes émergent, et que les cas symboliques manquent en matière de grossophobie médicale.

En 2014, le docteur Pierre Dukan a été radié de l’Ordre des médecins. Trois ans plus tard, c’est Jean-Michel Cohen qui a été interdit d’exercer pendant un an. Les deux apôtres télévisuels des régimes, qui ont davantage été sanctionnés pour leur lien avec la publicité que pour leur attitude discriminante, constituent de vrais dangers publics, selon les associations de personnes en surpoids. Au moins, celles-ci n’auront pas besoin d’ajouter deux noms à la liste des médecins grossophobes.

 

 

Conversation avec Julia Csergo : « Assimiler le surpoids à l’obésité est violent »

Conversation avec Julia Csergo : « Assimiler le surpoids à l’obésité est violent »

https://theconversation.com/conversation-avec-julia-csergo-assimiler-le-surpoids-a-lobesite-est-violent-89407

Après avoir étudié l’hygiénisme en France au XIXe siècle, Julia Csergo s’est intéressée à l’histoire de l’alimentation, où peu de recherches avaient été menées jusque-là. C’est dans une approche pluridisciplinaire qu’elle a dirigé l’ouvrage « Trop gros ? L’obésité et ses représentations », publié en 2009 (éditions Autrement). Rencontre dans le cadre des Tribunes de la presse, à Bordeaux en décembre 2017.

On ne montre pas les minces en train de manger, mais les gros. On ne tolère plus le surpoids, qui déroge à la norme de la minceur, érigée en norme esthétique et morale. On accuse le surpoids d’entraîner les mêmes risques que l’obésité alors que ce n’est pas le cas.

Qu’est-ce qui différencie l’obésité du surpoids ?

On fait à tort l’amalgame entre l’obésité et le surpoids. Les incidences ne sont pas du tout les mêmes : l’obésité comporte des risques sanitaires pour l’individu qui en souffre. Le surpoids relève, lui, plutôt de la normativité, d’un modèle corporel. Assimiler le surpoids à l’obésité est violent. C’est pourquoi j’ai décidé de réunir des auteurs pour porter un regard critique sur la façon dont était traitée la question et l’approcher par les représentations culturelles. L’idée était de dénoncer les discours stigmatisant. C’est un coup de gueule.

La façon dont les pouvoirs publics et les journalistes traitaient jusque-là le sujet était insupportable. On ne montre pas les minces en train de manger, mais les gros. On ne tolère plus le surpoids, qui déroge à la norme de la minceur, érigée en norme esthétique et morale. On accuse le surpoids d’entraîner les mêmes risques que l’obésité alors que ce n’est pas le cas. Le surpoids a toujours existé. Ses représentations dépendent des catégories sociales, des cultures. Ce qui était l’embonpoint, signe de bonne santé, est devenu aujourd’hui du surpoids, signe de risque pour la santé. Un modèle esthétique s’est imposé.

Quelle photographie pouvez-vous dresser du comportement actuel des Français par rapport à l’alimentation ?

La situation ne me semble pas dramatique. La France n’est pas le pays où il y le plus d’obésité, loin de là : c’est même le deuxième pays au monde le moins touché par l’obésité. C’est également celui où il y a le plus de sous-poids, notamment chez les jeunes femmes. Cependant, il est difficile de dégager une tendance uniforme par rapport au comportement alimentaire des Français. Selon les origines sociales et culturelles, les modèles alimentaires ne sont pas les mêmes. Les Français issus de la diversité ont des modèles culturels qui sont très différents. Au Maghreb et dans certains pays d’Afrique, la beauté des femmes passe par le poids. La norme esthétique est la femme ronde. Dans ces pays, cela témoigne d’un niveau de revenu plus élevé que celui des pauvres.

Dans la société française actuelle, c’est différent. Les études du CREDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) définissent un modèle français d’alimentation avec entrée-plat-dessert, une recherche d’équilibre et de diversité, avec un souci de convivialité lié à la présence du vin. Ce modèle expliquerait le fait qu’en France, il y aurait moins d’obésité que dans d’autres pays. Mais la France est plurielle et multiculturelle, il n’y a pas qu’un seul modèle.

Dans l’appréhension de l’obésité, est-ce que la représentation sociale ne l’a pas emporté sur le problème de santé publique ?

Au 19e siècle, le bourgeois doit être gros. C’est le signe de sa réussite sociale : il a accès à l’abondance. Le gastronome devait avoir de l’embonpoint. On disait qu’avant de choisir de manger dans un restaurant, il fallait voir le cuisinier. Si il n’était pas gros, cela voulait dire que ce n’était pas un bon restaurant.

Le basculement s’opère au début du XXe siècle, avec la naissance de la première industrie agroalimentaire et des premières enseignes de grande distribution avec Félix Potin. L’industrialisation de l’alimentation va mettre sur le marché des denrées qui seront accessibles à des catégories sociales qui n’avaient pas accès jusque-là à l’abondance. Des études montrent alors que « les pauvres mangent trop ».

L’image du gros bon vivant disparaît pour laisser place à celle du gros pauvre qui ne sait pas résister, qui n’a pas de volonté, qui est d’une adiposité dégoûtante… C’est comme si le pauvre prenait subitement trop de place. Ainsi, en réaction, des modèles de minceur se mettent en place au sein des élites. C’est un peu ce qui disait Pierre Bourdieu : maintenant que l’embonpoint est accessible aux plus pauvres, les élites définissent de nouvelles normes. La question de la santé apparaît justement au moment où les pauvres se mettent à grossir.

C’est en partie grâce au mouvement naturiste du docteur Carton, qui expliquait que l’homme et son alimentation devaient être en harmonie avec la nature. L’idée d’un corps sain s’oppose à tout ce qui est aliment industriel. Pour moi, il y a quelque chose de dérangeant, de ce qui serait une sorte de sélection naturelle où il y aurait d’un côté le corps sain, sportif, bien nourri, et de l’autre, ces masses adipeuses qui sont incriminées pour toutes ces raisons.

Vous faites référence à la démarche de Pierre Bourdieu. La recherche scientifique est-elle compatible avec une forme d’engagement citoyen ?

Oui, je suis une universitaire qui n’hésite pas à revendiquer son engagement. Pour moi, la science n’est pas neutre. Le reconnaître, c’est ne pas prétendre à une objectivité, car ma pensée est colorée de ma sensibilité citoyenne et humaine. En revanche, le chercheur doit être transparent sur ses méthodes d’enquêtes, sur le respect absolu de ses sources. Il s’agit d’une éthique du chercheur.

Votre travail peut-il jouer un rôle préventif ?

Oui, il faut donner l’exemple. À l’école, il vaudrait mieux éduquer les enfants à l’équilibre alimentaire de manière ludique plutôt que de façon contraignante. Cela rejoint l’idée d’éduquer l’enfant pour éduquer la mère, comme on disait sous la IIIe République. Par exemple, on pourrait réintroduire les cours de cuisine. Quand on cuisine, on mange moins. De toute façon, pour y arriver, il faudra du temps, peut-être deux ou trois générations.

Propos recueillis par Axel Bourcier et Victor Lengronne, étudiants en master professionnel à l’Institut de journalisme Bordeaux Montaigne/Université Bordeaux Montaigne.

 

Obésité : la stigmatisation des malades leur pèse – Midi Libre (14/10/2017)

Obésité : la stigmatisation des malades leur pèse

Midi-Libre 14/10/2017 Par Sophie Guiraud

http://www.midilibre.fr/2017/10/14/obesite-la-stigmatisation-des-malades-leur-pese,1574446.php

Photo : Michaël Esdourrubailh

Obésité : la stigmatisation des malades leur pèse - Midi Libre (14/10/2017)

 

Virginie Le Guen et Laura Burban : “Carrément des insultes.”

 

 

La Ligue nationale, réunie à La Grande-Motte, lance une campagne d’affichage.

“C’est de sa faute si elle est obèse ?” Une campagne d’affichage inédite se déploie cette semaine dans 500 lieux de santé en France, à l’initiative de la Ligue nationale contre l’obésité qui, depuis Montpellier, fédère médecins et associations contre la maladie. La “faute”, la “culpabilité” générées par le surpoids morbide, sont au cœur des discussions engagées le 13 octobre à La Grande-Motte à l’occasion de journées nationales de la ligue, jusqu’à dimanche.

“C’est carrément des insultes dans la rue. Je suis la grosse vache”, témoigne Laura Burban, 44 ans, comptable dans la région de Nantes. Cette ancienne “crevette” a longtemps ignoré les attaques, mais elle est désormais moins passive lorsque sa fille de 13 ans l’accompagne.

“Pas coupables”

“Le dentiste ne veut pas me prendre par peur que je casse le fauteuil” ; “J’ai raté mon entretien d’embauche parce qu’on a eu peur que je sois plus malade et fainéante” ; “Tu manges une glace dans la rue et on te dit ‘Tu n’es pas assez gros pour manger une glace ?’”…

Directrice de la Ligue contre l’obésité, Agnès Maurin s’inquiète des témoignages de victimes de discriminations recueillis par la ligue, qui tisse son réseau en France depuis 2014. “La parole se libère… Avant de répondre aux agressions, il faut s’ôter de la tête qu’on est coupable”, constate Agnès Maurin, qui rappelle que “obésité est une maladie multifactorielle”.

“Au collège, je me précipitais dans les toilettes lorsque retentissait la sonnerie de la récréation, je n’en sortais que pour revenir en cours. J’étais le phénomène de foire”, se souvient Virginie Le Guen, 37 ans, aide-soignante à Cholet, qui a réagi lorsqu’elle a changé d’établissement : “J’avais décidé de ne plus être victime. J’ai cogné”, précise la jeune femme qui s’est inventé une identité pour se faire respecter : “Une cancre et une “fille-mec” qui ne se laissait pas faire.”

On nous voit comme des gens qui ne font pas de sport et qui mangent trop

Laura Burban, elle, est entrée dans le costume de “la bonne copine, sympa, rigolote”. Toutes deux se sont senties “coupables”, à l’image de “tous les malades”, constate Agnès Maurin, directrice de la ligue. Laura Burban n’en est pas sortie, malgré ces 52 kg perdus qui lui ont “fait pousser des ailes” : “J’avais honte et j’ai du mal à en parler au passé. Je ne m’aime toujours pas. Quand je marche dans la rue, j’ai tendance à baisser la tête et à raser les murs. On nous voit comme des gens qui ne font pas de sport et qui mangent trop. Pourquoi on nous stigmatise plus que quelqu’un qui souffre d’un diabète ou d’un cancer ? On est des malades.”

Je pourrais manger une miette qu’on me le reprocherait, dit Virginie Le Guen. Le problème, c’est que le “gros” est aujourd’hui péjoratif. Une grosse voiture, ce n’est pas un problème !”

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