Mende : l’obésité désormais prise en charge à l’Hôpital Lozère

Mende : l’obésité désormais prise en charge à l’Hôpital Lozère

Le docteur Hassan aux côtés de Laurent Suau et d’une partie son équipe pluridisciplinaire. Th. L.evesque
Par Thierry Levesque – Midi Libre – Publié le
Le chirurgien Firas Hassan et son équipe ont réalisé une sleeve gastrectomie, une première dans le département. 

Le docteur Firas Hassan est chef de service à l’Hôpital Lozère à Mende, spécialiste en chirurgie bariatrique. A ce titre, il prend en charge les patients lozériens atteints d’obésité.

Une première réussie

Avec son équipe pluridisciplinaire et paramédicale, le chirurgien a réalisé le 1er octobre dernier une sleeve gastrectomie, une intervention chirurgicale complexe qui consiste en l’ablation d’une partie de l’estomac. Une première réussie, qui sera sans doute suivie d’une vingtaine d’autres, au cours de l’année 2019. 

La direction de l’Hôpital Lozère, et Laurent Suau, le président du conseil d’intervention, ont salué cette innovation, qui constitue un progrès pour l’établissement. 

Endomina, peut-être le futur de la Sleeve gastroplastie

Endomina, peut-être le futur de la Sleeve gastroplastie

Par le Dr Sylvain Beorchia – Journal International de Médecine – Publié le 27 novembre 2018

https://www.jim.fr/medecin/actualites/medicale/e-docs/endomina_peut_etre_le_futur_de_la_sleeve_gastroplastie_174904/document_actu_med.phtml

Après le succès de la Sleeve gastrectomie dans la prise en charge de l’obésité morbide avec une amélioration drastique de ses comorbidités et le syndrome métabolique, les endoscopistes ont commencé à mettre au point, à partir de 2013, la triangulation indispensable à la fabrication de nœuds pour réduire la cavité gastrique. La gastroplastie trans-orale ou SGE (Sleeve Gastroplastie Endoscopique) est ainsi née avec l’ambition de remplacer sa grande sœur chirurgicale même si les premières sutures sous muqueuses n’offraient pas de résultats bien probants à un an, tandis que les machines à coudre n’étaient pas faciles à utiliser.

Cette intervention bariatrique dépend de l’entraînement de l’opérateur, dure actuellement deux heures dans sa phase expérimentale et s’améliore grandement après 5 procédures. Il s’agit d’amalgamer les plis fundiques pour réduire le volume gastrique, ralentir la vidange gastrique et diminuer la satiété. Les sutures trans-murales, débutent à l’aplomb de l’angulus, se poursuivent vers la grosse tubérosité et permettent des appositions successives entre les deux séreuses. Grâce à un dispositif, équipé de deux aiguilles latérales engainant l’endoscope, ces sutures resserrent progressivement les plis fundiques (cf photos ci contre). Quatre à 5 doubles plicatures successives, effectuées d’avant en arrière, sont pratiqués en une séance chez un patient sous anesthésie générale.  Les suites sont simples avec des douleurs régressives sous antalgiques et IPP.

Quinze patients traités

Jusqu’à présent 15 patients (11 en Belgique et 2 en Allemagne) avec un IMC allant de 30 à 40 kg/m2 ont bénéficié de la technique Endomina (Endo Tools Therapeutics). La médiane de la perte de poids s’établit, sur de courtes séries, à -10,9 kg, soit 41 % de la masse corporelle excédentaire après un suivi de 6 mois.

De plus larges études, randomisées, comparant la technique chirurgicale et endoscopique avec un suivi bariatrique à 1, 3 et 5 ans sont nécessaires pour confirmer l’intérêt de cette nouvelle gastroplastie transorale ; celle-ci paraît moins vulnérante que la Sleeve Gastrectomie qui s’accompagne, dans 10 % des cas, de redoutables complications postopératoires avec des ulcères, péritonites, lâchages de sutures à l’origine de décès. Elle vient concurrencer l’Apollo Overstitch, autre méthode d’agrafage gastrique qui a démontré son intérêt par rapport à la pose d’un anneau gastrique ajustable sans atteindre les bons résultats de la Sleeve gastrectomie chirurgicale. La perte de poids médiane est de 12,9 kg à 3 mois et 16,4 kg à 6 mois chez 112 patients analysés dans une étude australienne et américaine avec 2,7 % de complications sévères.

L’essor des techniques endoscopiques devrait ainsi bénéficier aux patients « réfractaires » à la chirurgie bariatrique, ainsi qu’à ceux qui présentent un IMC entre 28 et 35. En France l’inclusion des patients dans des études prospectives testant ces deux techniques est en cours dans les centres spécialisés qui s’intéressent à ces alternatives endoscopiques bariatriques en plein essor.

 

Références

Wallstabe I, Oberaender N, Weimann A et Schiefke I : Endoscopic sleeve gastroplasty using the novel Endomina device for morbidly obese patients. Endoscopy 2018; 50(11): E327-E328 DOI: 10.1055/a-0667-769

Sartoretto A, Zhixian Sui, Hill C et coll. : Endoscopic Sleeve Gastroplasty (ESG) Is a Reproducible and Effective Endoscopic Bariatric Therapy Suitable for Widespread Clinical Adoption : a Large, International Multicenter Study
ObesitySurgery 2018, 28 (7): 1812-1821

Durée de l’arrêt de travail pour une sleeve : que dit la loi ?

Durée de l’arrêt de travail pour une sleeve : que dit la loi ?

Une intervention de chirurgie de l’obésité est prévue et vous allez maintenant devoir vous organiser. Quelle est la durée de l’arrêt de travail pour une sleeve minimum et maximum… A quoi devez-vous vous attendre. On vous répond.

Durée de l’arrêt de travail pour une sleeve : le minimum

Une fois que vous avez décidé de bénéficier d’une chirurgie de l’obésité, il s’agit de bien vous organiser afin que votre retour à la maison se passe en douceur. Pas question d’être stressé par quoi que ce soit. Vous devrez rester au calme et éviter les efforts le temps de la cicatrisation.

De plus, vous serez fatigué à la fois par l’intervention et pas le fait que votre prise alimentaire sera très réduite. Un mot d’ordre : prendre soin de soi.

La durée de l’arrêt de travail pour une sleeve sera au minimum de 15 jours. Un arrêt de travail vous sera remis par votre chirurgien à la sortie de l’hôpital ou de la clinique.

Attention, il faut bien différencier l’arrêt de travail pour une sleeve dû à l’hospitalisation (en général 3 à 5 jours) et celui de votre convalescence. En effet, en ce qui concerne votre hospitalisation c’est le « bulletin de situation » qui est le document officiel à envoyer à votre employeur et à votre Caisse Primaire d’Assurance Maladie.

L’arrêt de travail prend ensuite le relais. Il faut également le transmettre sous 48 h à votre employeur et à la CPAM.

15 jours est-ce suffisant ou faut-il compter plus ?

En réalité, la totalité de la durée de l’arrêt de travail pour une sleeve peut varier d’une situation à l’autre. Tout dépend de votre état général et de votre métier.

En effet, si vous exercez un métier très physique, il va de soi que 15 jours seront probablement trop justes pour avoir le temps de récupérer et de reprendre dans de bonnes conditions et sans risques.

D’une manière générale, on observe que la durée de l’arrêt de travail après la sleeve est plutôt d’un minimum d’un mois. En effet, si l’on peut en général reprendre des activités quotidiennes, comme nous l’avons vu plus haut, la fatigue est importante.

Il peut également y avoir des complications qui peuvent nécessiter un arrêt de travail plus long. Certaines personnes sont arrêtées durant plusieurs mois.

Il n’y a donc pas de règle précise. Il est, en revanche, absolument essentiel de comprendre que la chirurgie bariatrique va considérablement modifier votre vie et nécessitera un suivi sur le très long terme. Alors patience. Ne reprenez pas votre activité trop vite. La durée de l’arrêt de travail après le sleeve est à prendre en considération avant de s’engager.

La chirurgie de l’obésité en ambulatoire : bonne ou mauvaise idée ?

La chirurgie de l’obésité en ambulatoire : bonne ou mauvaise idée ?

Par Amandine -Ma grande Taille – Publié le 14 août 2018

https://www.ma-grande-taille.com/chirurgie-obesite-ambulatoire-bonne-ou-mauvaise-idee-203160

On n’arrête pas les progrès de la médecine… Depuis quelques semaines, plusieurs hôpitaux ont décidé de pratiquer la chirurgie de l’obésité en ambulatoire. On fait un point complet sur la question.

La France et la Suisse s’essaient à la chirurgie de l’obésité en ambulatoire

La nouvelle s’est répandue au début de l’été 2018, plusieurs hôpitaux (notamment français et suisses) ont décidé d’opérer le by-pass ou encore la sleeve sur une journée afin de permettre au patient de rentrer chez lui quelques heures plus tard.

A l’heure actuelle, on préconise une hospitalisation d’au minimum 3 jours (sous réserve que tout se déroule bien). Dans le centre hospitalier de Mâcon en France ou encore le centre de l’obésité de l’HNE en Suisse, la sleeve et le by-pass seront maintenant pratiqués en ambulatoire… Oui, vous avez bien lu.

Après avoir été opéré, le patient bénéficiera d’une surveillance de 10 heures et si le chirurgien considère que tout va bien, ce dernier sera invité à rentrer chez lui le soir. Une fois à son domicile, une infirmière passera deux fois par jour afin d’effectuer un suivi post opératoire.

Un temps d’opération réduit et des “instruments intelligents”

La chirurgie bariatrique en France se développe à vitesse grand V depuis environ 10 ans. A l’époque, 3h30 d’intervention étaient nécessaires. On a ensuite réduit ce temps à 1h30 et dernièrement, ce type d’intervention s’effectue en 30 à 50 minutes.

Ceci est rendu possible grâce à plusieurs facteurs. L’expérience et le savoir-faire des chirurgiens qui s’est grandement affiné mais aussi la performance des outils médicaux utilisés. On parle notamment de “pinces intelligentes” capables de détecter l’épaisseur des tissus mais aussi de couper et agrafer en même temps grâce à une légère pression du pouce. Le nombre d’incisions est désormais limité à trois.

Tout ce temps gagné permet de réduire le temps d’anesthésie et donc le réveil du patient. Nous le savons maintenant, l’anesthésie doit être la plus courte possible. Avec tous ces nouveaux paramètres (et si le médecin donne son feu vert), le patient pourra donc rentrer chez lui seulement quelques heures après avoir subi une chirurgie de l’estomac.

Le temps c’est de l’argent” : mais que fait-on de la sécurité des patients ?

Nous nous interrogeons réellement sur cette nouvelle pratique. Nous savions déjà que la Sécurité Sociale avait prévu de renforcer ses contrôles avant une chirurgie de l’obésité mais cette nouvelle pratique post opératoire ne va t-elle pas à l’encontre de la sécurité des patients ?

Nous avons demandé son avis à Coline, une amie de la rédaction, qui a subi une sleeve il y a deux ans :

J’avais 22 ans au moment de l’opération, j’étais donc jeune, en bonne santé et sans pathologies associées à l’obésité. J’étais un cas “facile”, pourtant je vous garantis que je n’aurais jamais pu rentrer chez moi le soir même. Je pouvais difficilement garder les yeux ouverts plus de 5 minutes, j’ai eu plusieurs doses de morphine la première nuit pour lutter contre les douleurs, je ne pouvais pas aller faire pipi seule et j’ai “déliré” un peu des suites de l’anesthésie durant les deux nuits qui ont suivi l’opération.

Cette course à l’économie et au “temps gagné” va t-elle finir par se retourner contre les patients ? Que va t-il se passer si une fois rentré le patient est seul, sans famille pour l’accompagner les premiers jours ? Que se passera t-il s’il se lève la première nuit et tombe sans pouvoir se relever et atteindre un téléphone ? Que va t-il se passer lorsqu’il sera incapable de se faire à manger car il ne saura pas quels aliments choisir ni comment les préparer ? Que va t-il se passer lorsqu’il se sentira en souffrance psychologique les premiers jours après cette très difficile opération ?

N’hésitez pas à nous donner votre avis sur la chirurgie de l’obésité en ambulatoire…

 

Saint-Quentin : une «sleeve» pour «effacer ce que je suis et recommencer une nouvelle vie» (Vidéo)

Saint-Quentin : une «sleeve» pour «effacer ce que je suis et recommencer une nouvelle vie» (Vidéo)

Lætitia Moreau, 29 ans, a subi une chirurgie bariatrique, comme Mélanie Sarrazin, pour ne plus être en obésité morbide. Ces mères de famille ont accepté de raconter leur parcours.

Par Nadia Nejda | Courrier Picard – Publié le 28/07/2018

http://www.courrier-picard.fr/126570/article/2018-07-28/saint-quentin-une-sleeve-pour-effacer-ce-que-je-suis-et-recommencer-une-nouvelle

Il s’agit bien de la même personne, la jeune Saint-Quentinoise Lætitia Moreau, qui souhaite faire évoluer les mentalités.En ouvrant son armoire, Mélanie Sarrazin dévoile tous ses vêtements… d’avant.

Ceux qu’elle portait quand elle pesait 106 kilos et 500 grammes.

Cette mère de famille de Saint-Quentin avoue d’emblée avoir du mal à s’en séparer, elle qui porte aisément, aujourd’hui, une taille 38.

«  J’ai toujours peur de reprendre…  »

Cela fait neuf mois qu’elle a subi une sleeve, une opération chirurgicale qui consiste à enlever les deux tiers de l’estomac.

Neuf mois, comme une nouvelle naissance. Mélanie Sarrazin n’a pas souhaité être prise en photo, encore trop pudique dans cette nouvelle image d’elle-même.

Lætitia Moreau a, elle, plus de recul. Cette mère de deux garçons a subi la même opération, il y a quatre ans.

Elle s’est séparée depuis de ses robes en 56.

Moulée dans un short taille 40, elle confie, tout comme Mélanie, avoir encore du mal à trouver sa bonne taille de vêtements.

« Je prends toujours deux ou trois tailles au dessus.  » Elle sourit.

Elle a conservé des photos d’elle, avant. Et la différence est surprenante.

Est-ce la même femme ? La question se pose.

La couleur de cheveux a bien changé. Lætitia a laissé derrière elle cette période en faisant revenir son châtain naturel.

Quand elle a franchi le pas et décidé de sortir de cette obésité morbide qui la ronge, cette Saint-Quentinoise pesait 148 kg.

« Non, tu ne penses pas à l’organe que l’on te coupe, tu veux effacer ce que tu es et recommencer une nouvelle vie »

«  Déjà, adolescente, j’étais en surpoids. Je mangeais équilibré, mais toujours en grosse quantité. Et puis on se lève tous les matins, avec toujours cette surcharge pondérale… On ne peut plus faire de sport, car on a trop de douleurs… Et le cercle vicieux s’installe. Puis avec les grossesses, on «ramasse».  »

Jusqu’à ce jour où elle découvre la chirurgie bariatrique.

«  Non, tu ne penses pas à l’organe que l’on te coupe

«  Non, tu ne penses pas à l’organe que l’on te coupe, tu veux effacer ce que tu es et recommencer une nouvelle vie.  »

Lætitia veut courir avec ses deux petits garçons, faire du vélo et, surtout, ne plus avoir à supporter le regard des autres…

«  Bien sûr, je ne peux pas dire que cela ne m’a jamais atteint, reprend Mélanie Sarrazin, qui a trois enfants. Tu sais que tu es obèse. Cela te touche  » quand on t’accole le terme de morbidité.

Au-delà du physique, elle cherche à retrouver une meilleure santé.

Elle apprend, grâce au parcours pré-opératoire (lire ci-dessous), les notions d’équilibre alimentaire.

«  C’est la base  », résume la jeune femme en souriant.

Sa décision, elle ne l’a jamais regrettée, même lorsqu’elle était allongée sur son lit d’hôpital, avec les douleurs post-opératoires.

Lætitia Moreau, elle, n’a pas gardé le souvenir de la douleur. «  Tu attends avec impatience de repasser sous la barre des deux chiffres.  »

lle crie de joie quand s’affichent les 99 kg. Elle perd trente kilos en deux mois, après son opération de l’estomac.

Aujourd’hui, si elle pèse 82 kg «  et des brouettes  », comme elle aime le dire, elle souhaite atteindre les 78 kg pour ne plus être, même un peu, en surcharge. «  Là, c’est psychologique  », sourit-elle.

Elle a bien vu le regard des autres changer.

«  Pourquoi me siffler aujourd’hui et pas il y a quatre ans ? Je suis la même personne…  »

C’est ce qui la fait sortir du silence aujourd’hui, pour lutter contre les clichés.

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Le centre hospitalier labellisé pour la chirurgie de l’obésité

Depuis quelques mois, le service de chirurgie digestive du centre hospitalier de Saint-Quentin est labellisé pour la chirurgie de l’obésité.

C’est le docteur Samer Hamati, chirurgien viscéral, qui a fait de l’établissement l’unique centre labellisé du département de l’Aisne.

La Picardie est particulièrement touchée par le phénomène d’obésité. «  Un patient obèse devient éligible à la chirurgie après l’échec des régimes suivis médicalement sur six à douze mois. Ou quand son indice de masse corporel est supérieur à 40…  » indique-t-on.

Il existe plusieurs chirurgies : l’anneau gastrique (unique technique ajustable et réversible), la sleeve (qui consiste à retirer les deux tiers de l’estomac) et le bypass (qui réduit la taille de l’estomac à une petite poche).

La prise en charge du patient passe obligatoirement par un nutritionniste ou un endocrinologue référent.

Il démarre ensuite un parcours (allant de six mois à un an, voire plus en fonction du patient) pluridisciplinaire.

Il s’agit d’éducation thérapeutique avec divers ateliers sur l’équilibre alimentaire, des consultations avec des infirmières, des diététiciennes, une psychologue.

Tous ces professionnels se réunissent par la suite pour valider ou non la prise en charge chirurgicale du patient.

Vient ensuite l’opération, puis la prise en charge post-opératoire, pour plusieurs années.