Sport sur ordonnance: Comment donner un second souffle au dispositif peu adopté?

Sport sur ordonnance: Comment donner un second souffle au dispositif peu adopté?

Illustration de yoga. Le sport peut depuis mars 2017 être prescrit par un médecin, problème, il n’est pas remboursé, excepté dans certaines villes ou régions qui financent ce dispositif pour les patients souffrant de maladie chronique. — Pixabay

SPORT SANTÉ La HAS publie ce mercredi des recommandations pour encourager les médecins à prescrire du sport aux patients atteints de maladies chroniques…

Par Ohiana Gabriel – 20 minutes – Publié le 17 octobre 2018

https://www.20minutes.fr/sante/2355371-20181017-sport-ordonnance-comment-donner-second-souffle-dispositif-peu-adopte

  • Depuis mars 2017, les médecins sont encouragés à prescrire pas seulement des médicaments, mais aussi de l’activité physique pour les patients atteints d’une maladie chronique. 
  • Mais depuis sa mise en place, le dispositif peine à convaincre par manque de pédagogie, mais surtout de financement. 
  • A l’occasion de la publication par la HAS de recommandations pour promouvoir la prescription d’activité physique, «20 Minutes» s’interroge sur les pistes pour démocratiser ce dispositif.

« Il ne suffit pas de dire aux gens : bougez », s’agace Alexandre Feltz, généraliste et adjoint au maire de Strasbourg en charge de la santé. Car un an et demi après le lancement du sport sur ordonnance, force est de constater que le dispositif a du mal à trouver son rythme de croisière.

Pour encourager les généralistes à prescrire davantage de sport, la Haute Autorité de Santé (HAS) dévoile ce mercredi un guide accompagné de fiches pratiques adaptées pour six pathologies. Un pas en avant, mais qui pourrait s’avérer insuffisant si une solution n’est pas apportée à la question du financement…

Un bilan mitigé

Depuis mars 2017, les médecins peuvent prescrire des séances de sport adapté à certains patients, atteints d’une maladie chronique. Mais si les divers retours des observateurs sont encourageants, ce dispositif est loin d’être accessible à tous… Une mission flash en janvier 2018, pilotée par le député Belkhir Belhaddad (LREM) avait d’ailleurs dévoilé un bilan très mitigé un an après le lancement du sport sur ordonnance.

« On a environ vingt demandes par jour soit de clubs sportifs, soit des villes, soit des coachs, soit des clients qui posent des questions sur le sport sur ordonnance, souligne Gatien Letartre, de la société TrainMe, qui gère des coachs sportifs notamment spécialisés en sport santé. Mais dans les faits, on a dû accompagner une cinquantaine de personnes sur le sport ordonnance depuis mars 2017, ce qui est très peu. »

Ce qui ne veut pas dire que le sport santé soit resté sur la ligne de départ. Pour preuve : le réseau de villes françaises sport santé sur ordonnance compte aujourd’hui 65 villes. « Chaque mois, de nouvelles maisons de santé, d’associations, de villes s’engagent, assure Alexandre Feltz, qui pilote ce réseau. La dynamique des territoires se poursuit. » Et avec des résultats probants si l’on en croit cet expert. « Partout où on le met en place, les patients et généralistes adhèrent au sport sur ordonnance et on arrive à une vraie dynamique. Les patients vont mieux, respirent mieux, prennent moins de médicaments, du lien social est créé. »

Préciser les bonnes pratiques

Alors, qu’est ce qui pêche ? Tout d’abord, il fallait un effort de pédagogie envers les médecins. Certains médecins regrettaient en effet que ces prescriptions soient chronophage et compliquées. « Il faut remplir un tableau à entrées multiples en fonction de la pathologie, cela gagnerait à être simplifié », avoue Jean-Christophe Calmes, secrétaire général adjoint de MG France et généraliste à Frontignan. La HAS a donc mis au point un mode d’emploi qui précise la démarche à suivre pour six maladies : diabète de type 2, hypertension artérielle, obésité, maladie coronaire stable, accident vasculaire cérébral et broncho pneumopathie chronique obstructive. Autant de pathologies pour lesquelles l’activité physique a des bienfaits prouvés. « Le sport dans le diabète marche mieux que les médicaments, qui font baisser le sucre, mais pas la mortalité ! », s’enthousiasme le Dr Calmes. « Souvent, quand les gens recommencent seuls à faire du sport, ils ne font pas ce qui bon pour leur santé, précise Alexandre Feltz. C’est pour ça qu’il faut les adresser à des coachs ou éducateurs sportifs formés pour vous remettre en mouvement en fonction de vos capacités, mais aussi d’évaluer cette activité physique, en groupe. »

Si les bénéfices de l’activité physique pour les malades comme les bien portants font consensus, beaucoup de médecins ne sont ni formés, ni informés pour savoir quel sport prescrire à qui, à quelle dose… « Environ 5 % des médecins savent prescrire du sport sur ordonnance, il y avait un problème de pédagogie et de connaissance des médecins, donc ces recommandations, c’est une étape importante, mais ça ne veut pas dire que ça va tout débloquer », prévient Gatien Letartre.

Problème du financement

Car comme beaucoup de connaisseurs du dossier, il pointe le manque de moyens. Pour le moment, la Sécurité sociale ne rembourse aucune de ces séances de sport adapté sur ordonnance. « Un patient à la CMU ne va jamais dépenser 30 euros par mois pour s’inscrire à une salle de sport », résume le Dr Calmes. La mesure bénéficie donc à ceux qui ont les moyens de s’adonner à la gym aquatique et autre yoga. Excepté dans certaines villes engagées. « A Strasbourg, le sport sur ordonnance est gratuit un an et on propose un tarif solidaire la deuxième et troisième année, reprend Alexandre Feltz. L’ARS s’engage beaucoup, mais à Douai c’est uniquement la collectivité qui porte le projet. »

Le financement local provoque donc un inégal accès : « ce n’est pas normal qu’à Strasbourg ou Biarritz vous ayez une ordonnance pour une activité physique, alors qu’à Lille, où il n’y a pas de projet, personne n’y ait droit ! »

Comment financer ce dispositif ?

Si un remboursement par la Sécurité sociale semble un peu trop optimiste pour ces experts, d’autres pistes, avec une gradation de coûts, peuvent être explorées. Comme son nom l’indique, le sport santé relève de deux ministères… On pourrait donc imaginer qu’un budget soit sanctuarisé dans les Agences régionales de santé ou du Centre national pour le développement du sport (CNDS, sous la tutelle du ministère des Sports).

« J’avais proposé un forfait : chaque Français en affection longue durée pourrait toucher de 100 ou 150 euros par an pour ce sport santé, comme pour le sevrage tabagique », avance Alexandre Fetlz. Pour Gatien Letartre, c’est du côté des mutuelles qu’il faudrait davantage négocier. « Les mutuelles ont un vrai bénéfice à faire, car le sport coûte moins cher que les médicaments », résume le cofondateur de TrainMe, qui assure que certaines semblent intéressées.

Peut-être que la stratégie nationale du sport santé, prévue pour janvier ou février 2019, apportera des réponses. « Il est nécessaire que la stratégie nationale du sport santé prenne à bras-le-corps la question du financement, il y a beaucoup d’attentes sur ces annonces. »

Durée de l’arrêt de travail pour une sleeve : que dit la loi ?

Durée de l’arrêt de travail pour une sleeve : que dit la loi ?

Une intervention de chirurgie de l’obésité est prévue et vous allez maintenant devoir vous organiser. Quelle est la durée de l’arrêt de travail pour une sleeve minimum et maximum… A quoi devez-vous vous attendre. On vous répond.

Durée de l’arrêt de travail pour une sleeve : le minimum

Une fois que vous avez décidé de bénéficier d’une chirurgie de l’obésité, il s’agit de bien vous organiser afin que votre retour à la maison se passe en douceur. Pas question d’être stressé par quoi que ce soit. Vous devrez rester au calme et éviter les efforts le temps de la cicatrisation.

De plus, vous serez fatigué à la fois par l’intervention et pas le fait que votre prise alimentaire sera très réduite. Un mot d’ordre : prendre soin de soi.

La durée de l’arrêt de travail pour une sleeve sera au minimum de 15 jours. Un arrêt de travail vous sera remis par votre chirurgien à la sortie de l’hôpital ou de la clinique.

Attention, il faut bien différencier l’arrêt de travail pour une sleeve dû à l’hospitalisation (en général 3 à 5 jours) et celui de votre convalescence. En effet, en ce qui concerne votre hospitalisation c’est le « bulletin de situation » qui est le document officiel à envoyer à votre employeur et à votre Caisse Primaire d’Assurance Maladie.

L’arrêt de travail prend ensuite le relais. Il faut également le transmettre sous 48 h à votre employeur et à la CPAM.

15 jours est-ce suffisant ou faut-il compter plus ?

En réalité, la totalité de la durée de l’arrêt de travail pour une sleeve peut varier d’une situation à l’autre. Tout dépend de votre état général et de votre métier.

En effet, si vous exercez un métier très physique, il va de soi que 15 jours seront probablement trop justes pour avoir le temps de récupérer et de reprendre dans de bonnes conditions et sans risques.

D’une manière générale, on observe que la durée de l’arrêt de travail après la sleeve est plutôt d’un minimum d’un mois. En effet, si l’on peut en général reprendre des activités quotidiennes, comme nous l’avons vu plus haut, la fatigue est importante.

Il peut également y avoir des complications qui peuvent nécessiter un arrêt de travail plus long. Certaines personnes sont arrêtées durant plusieurs mois.

Il n’y a donc pas de règle précise. Il est, en revanche, absolument essentiel de comprendre que la chirurgie bariatrique va considérablement modifier votre vie et nécessitera un suivi sur le très long terme. Alors patience. Ne reprenez pas votre activité trop vite. La durée de l’arrêt de travail après le sleeve est à prendre en considération avant de s’engager.

Ce qu’il faut retenir du nouveau Plan santé

Ce qu’il faut retenir du nouveau Plan santé

Santé Magazine – Publié le 18 septembre 2018

https://www.santemagazine.fr/actualites/ce-quil-faut-retenir-du-nouveau-plan-sante-333670

 

 

Le président de la République Emmanuel Macron a présenté ce matin 54 mesures destinées à réformer le système de santé d’ici 2022.   

Combler les déserts médicaux, faciliter le recours aux urgences, réformer les études de médecine… Le Plan santé présenté ce mardi 18 septembre par le président de la République, Emmanuel Macron, débloque 400 millions d’euros supplémentaires pour l’année 2019. 

Parmi les mesures phares du plan Ma Santé 2022, on retient :

  • La création de 4000 postes d’assistants médicaux qui viendront soutenir les médecins généralistes ou spécialistes sur les tâches administratives, la préparation de la consultation, la vérification des vaccins et des dépistages, etc. Leur profil reste à définir (aide-soignant, infirmier, secrétaire médical ?). Le plan prévoit leur déploiement à l’horizon 2022. Ces assistants ne seront accordés qu’aux médecins exerçant dans un cadre collectif (une maison de santé par exemple) et qui s’engageront à recevoir davantage de patients.
  • 400 médecins généralistes salariés par des hôpitaux de proximité ou des maisons de santé vont s’installer dans des déserts médicaux. 
  • Pour assurer les urgences non vitales, le gouvernement encourage la création de « communautés professionnelles territoriales de santé ». Un millier devrait voir le jour d’ici 2022. Elles devront s’organiser pour assurer une « permanence des soins » jusqu’à 20 h en semaine et le samedi matin, de façon à désengorger les urgences hospitalières. Emmanuel Macron souhaite que plus aucun médecin n’exerce de façon isolée d’ici la fin de son quinquennat. 
  • La prise de rendez-vous en ligne va être systématisée. Le rappel de la consultation par SMS permet d’éviter un certain nombre de rendez-vous non honorés, estimés à 100 millions de consultations par an.
  • 500 à 600 hôpitaux de proximité vont être labellisés d’ici 2021. Ils assureront des missions polyvalentes, notamment auprès des personnes âgées, mais pas de chirurgie ni d’obstétrique. 
  • La fin du numerus clausus d’ici 2020 : ce quota définit chaque année le nombre d’étudiants admis à passer en deuxième année de médecine. Désormais, le premier cycle des études de santé correspondra à une licence commune à différentes professions. Mais pour en connaître les contours, il va falloir attendre le vote d’une loi. 

Télémédecine – La téléconsultation remboursée

Télémédecine – La téléconsultation remboursée

Anne-Sophie Stamane – Que choisir – Publié le : 15/09/2018 

https://www.quechoisir.org/actualite-telemedecine-la-teleconsultation-remboursee-n58645/

A partir d’aujourd’hui, l’assurance maladie rembourse les téléconsultations. À condition de respecter le parcours de soins et d’avoir vu le médecin sollicité dans les douze mois écoulés. En clair, il faut passer par son médecin traitant, qui ne sera pas forcément équipé

Les téléconsultations, ou consultations à distance, sont autorisées depuis plusieurs années. Mais jusque-là, elles n’étaient pas remboursées par l’assurance maladie. Passer par une plateforme de téléconsultation supposait de payer la prestation de sa poche, le plus souvent sous la forme d’un forfait mensuel. Au mieux, l’employeur ou la complémentaire santé pouvait en amortir le coût, s’ils étaient à l’initiative du service. À partir de ce 15 septembre, la donne change. La Sécu entre dans la danse et rembourse les téléconsultations sur la même base qu’une consultation classique : 25 euros pour un médecin généraliste, 23 euros pour un spécialiste.

Attention cependant, le saut de règlementation ne signifie pas que toutes les personnes dotées d’un ordinateur et d’une caméra, ou d’un smartphone, pourront dès aujourd’hui consulter de chez eux n’importe quel médecin via n’importe quelle plateforme, et se faire rembourser à chaque fois. L’accord passé avec les syndicats de médecins libéraux prévoit des restrictions. Deux conditions sont posées pour que les téléconsultations soient couvertes par l’assurance maladie : respecter le parcours de soins, et avoir déjà consulté le médecin sollicité dans les douze mois écoulés. En clair, tout est fait pour inciter l’usager à pratiquer la téléconsultation en priorité avec son médecin traitant, ou un médecin qui le connaît déjà bien. Dans cette configuration, c’est au médecin d’amorcer un suivi par téléconsultation avec ceux de ses patients qu’il estime éligibles, et de les orienter vers la plateforme qu’il a au préalable choisie pour gérer les rendez-vous et la consultation elle-même.

Il est cependant peu probable que les patients se voient proposer massivement cette option dès aujourd’hui : rares sont les professionnels de santé techniquement équipés pour effectuer des téléconsultations. Il leur faut en effet acheter une solution informatique auprès d’un prestataire spécialisé et se former, afin notamment de sécuriser les échanges et les documents liés à la téléconsultation, comme le compte-rendu et l’éventuelle ordonnance. La révolution ne se fera pas du jour au lendemain.

Rien n’interdit cependant de poser la question à son médecin et, pourquoi pas, de manifester son intérêt pour la téléconsultation. Elle représente un gain de temps certain, dispense de fréquenter des salles d’attente peuplées de microbes. Et, contrairement à ce qu’on croit, beaucoup de situations médicales s’y prêtent : renouvellement d’ordonnance, questions autour de la petite enfance, analyse d’examens, prescription d’un vaccin à réaliser quelques jours plus tard, consultation en psychiatrie, etc. Si le médecin estime que le motif de consultation exige une consultation présentielle, à lui de réorienter la demande de son patient. Sans compter que l’objectif n’est pas de remplacer la totalité des consultations classiques par des téléconsultations. C’est plutôt l’alternance qui est visée, et selon les opérateurs qui investissent actuellement ce marché, entre 10 et 20 % des consultations pourraient, à terme, être des téléconsultations.

Chirurgie bariatrique : quel remboursement ?

Chirurgie bariatrique : quel remboursement ?

Publié par La Rédaction E-Santé le Samedi 11 Août 2018

https://www.e-sante.fr/chirurgie-bariatrique-quel-remboursement/actualite/616003

© Istock

L’obésité est une maladie qu’il faut traiter sérieusement, car elle peut entraîner de graves problèmes de santé. La chirurgie bariatrique permet une perte de poids importante et la concrétisation de rêves de minceur. Mais cette chirurgie a un coût élevé.

Quand la chirurgie bariatrique est-elle indiquée ? 

La chirurgie bariatrique regroupe l’ensemble des techniques chirurgicales permettant de traiter l’obésité. Elle est indiquée chez les sujets ayant un indice de masse corporelle au moins égal à 40 ou à 35, si une pathologie accompagne déjà l’obésité, comme le diabète de type 2, l’hypertension artérielle, ou le  syndrome d’apnée du sommeil. Le sujet doit être âgé de 18 à 60 ans et avoir déjà fait des tentatives d’amaigrissement infructueuses ou insuffisantes. L’état psychologique du patient doit également être stable et un suivi peut être nécessaire.

La chirurgie bariatrique est-elle remboursée dans tous les cas ?

Pour pouvoir être remboursé d’une chirurgie bariatrique, il est déjà nécessaire d’en avoir l’indication médicale.  Cette chirurgie est remboursée à condition de la faire pratiquer dans un centre conventionné avec la Caisse primaire d’assurance maladie. La majorité des centres ne le sont pas. La CPAM peut rembourser jusqu’à 70 % du coût de l’intervention et du suivi. Certaines mutuelles peuvent rembourser les frais complémentaires, souvent sous forme de forfait. Les patients bénéficiant de la couverture médicale universelle (CMU) sont pris en charge dans les centres médicaux conventionnés.