Chirurgie bariatrique, suivi psychologique, coût et efficacité

Chirurgie bariatrique, suivi psychologique, coût et efficacité

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À 56 ans, Fabienne, alias @fabie30129‍, habite dans le Gard et est maman de trois enfants. Après une importante prise de poids liée à un traitement médical, elle a décidé d’avoir recours à une sleeve. Une expérience positive qu’elle partage au quotidien avec d’autres patients, dans le cadre de l’association de patients qu’elle a créée : Némo.

Depuis quand étiez-vous obèse lorsque vous avez été opérée ?

J’ai été en obésité pendant plus de 10 ans avec une prise de 40 kg à la suite d’un lourd traitement contre la dépression : une bipolarité avec des séjours en clinique psychiatrique avec des électrochocs et jusqu’à 16 cachets par jour.

Souffriez-vous psychologiquement et physiquement de votre obésité ?

Oui je souffrais énormément psychologiquement de mon obésité, mon regard dans le miroir était vraiment problématique. J’ai toujours été mince, même après mes 3 grossesses, à chaque fois j’avais perdu tous mes kilos de grossesse. Ce traitement contre la dépression m’a permis d’aller mieux mais j’ai pris énormément de poids. Constater que je devais changer de taille de vêtements tous les trimestres était vraiment dur à supporter.

Quel était votre IMC lorsque vous avez été opérée ?

Mon IMC était de 38.

Avez-vous essayé d’autres méthodes avant de sauter le pas (régimes, activité physique, hypnose…) ?

Non je n’ai pas essayé d’autres méthodes. Je faisais un peu de marche mais des douleurs au niveau des genoux me posaient des problèmes. Ce surpoids sur les articulations et des sciatiques à répétition étaient vraiment une contrainte.

Avez-vous vous-même demandé à être opérée ou est-ce un médecin qui vous en a parlé ?

J’ai moi-même demandé à mon médecin traitant ce que je pouvais faire en ce qui concerne une chirurgie bariatrique. J’avais dans l’idée la pose d’un anneau mais il me l’a déconseillé et il m’a orientée vers une sleeve avec un chirurgien reconnu à Nîmes. Quand j’ai rencontré le chirurgien, il m’a confortée dans le choix d’une sleeve, l’anneau ne se pose pratiquement plus et le by-pass entraîne beaucoup trop de contraintes avec une prise de vitamines à vie.

Comment s’est passé l’opération ? Êtes-vous restée hospitalisée longtemps ?

L’opération s’est très bien passée, je suis rentrée à la clinique le jeudi soir, opérée le vendredi matin et sortie le mardi matin. J’ai été en soins intensifs pendant 24h à cause de mon appareil pour les apnées du sommeil, mais c’est une précaution de la part des anesthésistes.

Avez-vous souffert des suites de l’opération ?

Non, aucune douleur ; même les douleurs de la cœlioscopie (technique chirurgicale qui permet d’opérer à l’intérieur du ventre en ne faisant que des petites incisions, ndrl) ont été très gérables. J’ai quand même été sous perfusion pendant 24h. Si je le voulais, j’avais droit à du doliprane, mais aucune douleur importante.

Le prix de ce genre de chirurgie est souvent mentionné comme un frein. Avez-vous été remboursée de cette opération ? Comment se passe la procédure administrative ?

Le remboursement a été total, même les dépassements d’honoraires du chirurgien et de l’anesthésiste, d’un montant total de 750 euros pour les deux m’ont été remboursés par ma mutuelle, mais j’ai une très bonne couverture mutuelle, sinon tous les autres frais ont été pris en charge par ma caisse d’assurance maladie.

La procédure administrative a été simple, le chirurgien a fait une demande d’entente préalable à la sécurité sociale du Gard qui a donné son accord sans visite d’un médecin contrôle.

Mais le jour de mon opération la CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie) ne m’avait pas donné son accord par écrit, uniquement par téléphone, mais je me suis quand même rendue à la clinique, et celle-ci avait bien l’accord de la sécurité sociale.

Avez-vous bénéficié d’un suivi psychologique avant et après cette opération irréversible ?

Oui tout à fait, le suivi est très important. Au sein de la clinique, il y a un pôle obésité, il y a donc des réunions pré-opération et post-opération où l’on nous explique l’importance du suivi, aussi bien psychologique que nutritionnel.

Quels ont été les effets de l’opération ? Avez-vous perdu du poids tout de suite ?

La perte de poids s’est faite correctement, je perdais 5 kg par mois. À ce jour, plus de 2 ans plus tard, j’ai perdu 53 kg.

Comment vous êtes-vous sentie psychologiquement ?

Avant mon opération, en août 2016, j’ai rencontré mon psychiatre avec qui nous avons décidé d’arrêter mon traitement contre la dépression. J’ai donc arrêté mon traitement tout doucement. À ce jour, je ne prends plus rien car l’endocrinologue m’avait dit que le peu de médicaments que je prenais encore (2 cachets par jour) étaient contradictoires avec l’opération. Ils avaient un effet de prise de poids, donc l’opération n’aurait pas été autant bénéfique. Et mon psychiatre, comme il avait vu que j’allais déjà mieux, m’a conseillé d’arrêter complètement mon traitement. Et, en effet, depuis je ne prends plus rien et je suis en super forme.

Avez-vous modifié vos habitudes alimentaires ? Qu’avez-vous trouvé difficile ?

Oui mes habitudes alimentaires ont été modifiées, je ne prends plus de boissons gazeuses (pas de bulles avec un estomac opéré). Avant mon opération j’étais assez attirée par le sucré, mais depuis c’est le salé qui m’attire.

Je mange peu, simplement 3 à 4 fourchettes par repas, un yaourt me fait 3 repas, mon bébé estomac ne peut pas plus. La satiété est très rapide, et c’est un peu normal comme, lors de l’opération, l’hormone la ghréline a été enlevée. Mais cette hormone va se redévelopper ailleurs (le corps humain est très bien fait), c’est pour cela qu’à partir de 2 ans post op et il est essentiel de continuer à être suivi, car les mauvaises habitudes alimentaires peuvent revenir à grands pas.

A ce jour, rien n’est difficile pour moi, il est vrai que j’ai perdu le plaisir de la table, mais ce qui est très paradoxal, c’est que je cuisine beaucoup. Les repas au restaurant ne sont plus intéressants pour moi, c’est à mon avis du gaspillage même si je ne prends qu’une entrée et un dessert. Le pire au restaurant, c’est quand je ne finis pas mon assiette, et que j’ai le serveur qui me tourne autour et qui finit par dire « mais ce n’était pas bon ? »… « Eh non, c’est que bébé estomac est arrivé à satiété ! »

Votre entourage vous a-t-il soutenue durant cette période ?

Au début mon mari était contre, un de mes fils de 24 ans à l’époque m’a dit « te faire opérer d’une chirurgie de l’estomac à ton âge… pourquoi tu vas t’embêter avec ça ? ».

Mais mon mari a vu que ma décision était ferme, il m’a donc très bien accompagnée et il est venu à tous mes rendez-vous avant et après l’opération. Et il continue de me soutenir même s’il se fait un peu de souci maintenant car j’ai trop perdu de poids. Je fais 46 kg pour 1,66 m donc mon IMC est très faible.

Mon fils au vu de mon résultat actuel de la perte de poids, il me dit que j’ai bien fait de faire cette opération.

Il ne vous reste donc plus de poids à perdre ?

Non au contraire, il faudrait que je regrossisse un peu mais mon estomac est plutôt contre et mon psychique aussi je pense, maintenant que j’ai perdu tous ces kilos je me vois mal en reprendre. Etant donné aussi que je suis très nerveuse, le peu que je mange je le brûle en calories, car depuis je fais du sport tous les jours.

Quels conseils donneriez-vous à un patient souffrant d’obésité qui s’interroge sur une sleeve ?

Mes conseils sont les suivants : être suivi par une bonne équipe pluridisciplinaire, se rapprocher d’un hôpital ou d’une clinique avec un pôle de l’obésité, se faire suivre et aider par une diététicienne, une psychologue, faire un rééquilibrage alimentaire mais surtout faire de l’activité physique.

Se rapprocher d’une association de patients pour être accompagné, aidé, conseillé ; ne pas rester seul face à toutes les interrogations que l’on peut avoir après une chirurgie de l’obésité.

L’association va aussi permettre de faire entre nous de l’activité physique adaptée avec de la sophrologie, de l’hypnose, du pilâtes, du renforcement musculaire, de l’aquagym. Il est bon d’assister à des groupes de paroles, il faut parler, témoigner, se sentir soutenu et compris, et cela on le trouve au sein des associations de patients.

D’ailleurs, depuis octobre 2017, j’ai créé ma propre association de patients sur Nîmes, rattachée à la Polyclinique du Grand Sud de Nîmes, l’association s’appelle Némo – Nîmes-Obésité.

 

Séance de paroles NEMO avec Nathalie Mourgues – Hypnothérapeute –

Séance de paroles NEMO avec Nathalie Mourgues (Hypnothérapeute)  du vendredi 16 novembre 2018

Séance de groupe -hypnosenimes.fr

Bonjour à tout le monde,

Les personnes présentes vendredi savent pourquoi j’ai mis cette photo dans ce compte rendu :

Vendredi 16 novembre 2018 : groupe de paroles avec Nathalie Mourgues – Hypnothérapeute –

Nathalie Mourgues -hypnosenimes.fr

Nous étions 15 à participer à cette séance de groupe.

Nathalie nous a expliqué les bienfaits de l’hypnose, les différentes méthodes.

Pourquoi recourir à l’hypnose ? Que peut nous apporter l’hypnose ?

Ses différentes explications ont été bien écoutées et entendues.

Nous avons abordé des sujets différents : les pulsions et compulsions alimentaires, la gestion du stress ou de la douleur, le lâcher prise, l’arrêt du tabac, et bien d’autres choses…

Nathalie a terminé notre réunion avec une séance d’hypnose, nous nous sommes détendus et avons écouté sa voix.

Certains ont été réceptifs et d’autres pas, mais c’est tout à fait normal.

C’était une séance collective.

Mais nous avons tous apprécié.

Merci aux personnes présentes vendredi, et un grand merci à Nathalie qui a été très à l’écoute.

Pour en revenir avec cette image de l’iceberg :

L’iceberg au dessus de l’eau est notre conscient, 1/10ème de sa masse est au-dessus de l’eau.
L’iceberg en dessous de l’eau est notre inconscient…c’est les 9/10 ème de sa masse

A réfléchir….

Fabienne et l’équipe NEMO

Lire et télécharger le flyer de Nathalie Mourgues : Hypnose ericksonienne Nathalie Mourgues Flyer

OBÉSITÉ : La prise de poids est dans la tête et dans les gènes

OBÉSITÉ : La prise de poids est dans la tête et dans les gènes

Par Équipe de rédaction Santélog – Publiée le 27/09/2018

Cette étude de l’Université McGill tente de démêler le lien entre l’obésité, le cerveau et la génétique. Elle conclut que le poids corporel chez l’Homme est en partie contrôlé par des systèmes cérébraux de haut niveau impliqués dans la cognition, la prise de décision et la motivation et que les différences individuelles dans ces systèmes cérébraux qui régulent la prise alimentaire sont en partie héréditaires. Des conclusions présentées dans les Actes de l’Académie des Sciences américaine (PNAS) qui confirment l’intérêt d’une prise en charge de l’obésité telle une dépendance alimentaire.

L’étude, par IRM associe même l’épaisseur corticale à l’IMC (positivement : zones bleues et négativement : zones grises sur visuel du dessous).

 

L’idée générale est que « la façon dont nous pensons peut nous rendre vulnérables à l’obésité » : les chercheurs de l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal ont mené cette étude par IRM et via tests cognitifs chez 1.200 participants, et constatent que les personnes ayant un IMC plus élevé présentent :

  • une flexibilité cognitive réduite,
  • une capacité réduite à retarder la satisfaction,
  • une capacité visuospatiale et une mémoire verbale réduites.

L’obésité est génétiquement liée à la structure du cerveau et à la performance mentale : la seconde constatation est qu’un IMC élevé est associé à un cortex préfrontal gauche plus épais et un cortex préfrontal droit plus fin. Or de précédentes études avaient déjà suggéré que des lésions du cortex préfrontal droit pouvaient conduire à une prise alimentaire accrue.

  • Les participants présentant un IMC plus élevé avaient également un volume accru dans l’amygdale gauche, impliquée dans la réponse aux signaux alimentaires,
  • un volume réduit dans les structures entorhinal-parahippocampiques, associées à la mémoire épisodique et à la « médiation » du contexte. Cela pourrait contribuer à expliquer pourquoi les personnes sujettes à l’obésité sont plus sensibles aux stimuli alimentaires visuels et moins capables de leur résister en considérant le contexte négatif de l’alimentation, comme la prise de poids.

Sur l’héritabilité de l’obésité : alors que de nombreux participants étaient frères et sœurs, certains des jumeaux « identiques », les chercheurs ont pu estimer la part d’héritabilité de l’obésité, en constatant qu’une bonne partie des traits cognitifs et neurologiques avaient des liens génétiques avec l’obésité : la génétique se manifeste dans l’obésité au moins partiellement par l’anatomie du cerveau et les fonctions cognitives.

Des conclusions importantes pour développer ou adapter les interventions visant à réduire la prise de poids et l’obésité, qui soutiennent le principe d’une prise en charge qui prend en compte les facteurs neurocomportementaux et intègre une formation cognitive permettant aux patients d’améliorer leur capacité à résister à la nourriture.

Source: PNAS August 28, 2018 DOI: 10.1073/pnas.1718206115 Neurobehavioral correlates of obesity are largely heritable (Visuel Uku Vainik)

Obésité : les thérapies comportementales doublent les chances de perdre du poids

Obésité : les thérapies comportementales doublent les chances de perdre du poids

Dr Irène Drogou  Le Quotidien du Médecin – Publié le 18.09.2018

https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2018/09/18/obesite-les-therapies-comportementales-doublent-les-chances-de-perdre-du-poids_860955

 

 

Crédit Photo : Phanie

 « Offer or refer », proposer ou référer, le message est clair pour les médecins américains : pas d’impasse sur les thérapies comportementales dans l’obésité. Ces méthodes gardent entièrement leur place pour lutter contre le mal du siècle aux États-Unis, confirme l’US Preventive Services Task Force (USPSTF) dans le « JAMA ».

Cette mise à jour des recommandations américaines de 2012 repose sur une méta-analyse totalisant 122 essais randomisés et 2 études observationnelles. Avec un bénéfice net certes « modéré », l’approche multicomposante fondée sur les 5As – ask, assess, advise, agree and assist (pour interroger, évaluer, conseiller, trouver un accord et soutenir) – reste de mise outre-Atlantique, où l’obésité touche 35 % des hommes et 40 % des femmes.

Approche musclée multicomposante

Ces récents travaux mettent en évidence que les thérapies comportementales doublent les chances de perdre au moins 5 % du poids corporel, ce seuil étant retenu par la FDA comme « cliniquement important » et reconnu pour diminuer le risque d’apparition du diabète de type 2.

La méta-analyse s’est cantonnée à l’obésité modérée définie par un indice de masse corporelle (IMC) ≥ 30. Il s’agissait d’obésité simple, c’est-à-dire non compliquée de maladie coronaire ou de diabète de type 2. Le contenu des thérapies comportementales évaluées était assez hétérogène mais la plupart duraient 1 à 2 ans et reposaient sur au moins 12 sessions la première année.

Perte de poids modérée

Un tiers des interventions comportait une phase centrale (de 3 à 12 mois) suivie d’une phase de suivi ou de maintien (de 9 à 12 mois). Dans la plupart des cas, l’autosurveillance du poids était encouragée et des outils pratiques proposés tels que des podomètres, des échelles alimentaires et des exercices vidéo.

La perte de poids obtenue est certes modérée, révèle la méta-analyse, en moyenne – 2,39 kg à 12 et 18 mois par rapport au groupe contrôle. Elle oscille, selon le type d’intervention, entre – 0,5 kg et – 9,3 kg par rapport à + 1,4 kg et – 5,6 kg dans le groupe contrôle. Les interventions comportementales ont diminué le risque de diabète chez les sujets prédiabétiques. Aucun effet secondaire n’a été rapporté, en particulier cardio-vasculaire.

Un volet de l’étude concernait les médicaments antiobésité. Cinq sont autorisés aux États-Unis. Ils sont trois en France (mais non recommandés) : l’orlistat (Xenical), naltrexone + bupropion (Mysimba), le liraglutide (Saxenda). La perte de poids était, là aussi, plus importante que dans le groupe contrôle, avec une perte de poids allant de – 0,6 à – 5,8 kg. Mais il y avait davantage d’effets secondaires et davantage d’abandon dans le groupe médicament.

De grands services pour la santé future

Rien n’est dit sur la chirurgie bariatrique, qui se situe « en dehors du champ des soins primaires », est-il justifié dans les recommandations. Néanmoins, avec des bénéfices bien établis (IMC ≥ 40 ou IMC ≥ 35 avec comorbidités), les médecins généralistes ont aussi un rôle à jouer dans l’identification des patients candidats, souligne dans un éditorial Susan Yanovski des Instituts nationaux de la santé américains (NIH).

Pour cette responsable institutionnelle, la prise en charge comportementale reste fondamentale. Les cliniciens peuvent rendre un grand service à leurs patients « en montrant leur respect pour leur combat pour gérer leur poids, en dépistant les comorbidités liées à l’obésité et en fournissant un traitement pour les maladies identifiées, quelle que soit la motivation pour un traitement amaigrissant ou son succès », met-elle en avant. 

 

 

Stress et prise de poids : d’où viennent ces kilos émotionnels ?

Stress et prise de poids : d’où viennent ces kilos émotionnels ?  

Par Léa Zubiria – Nutrition Impact – 19 août 2018

https://nutritionimpact.fr/stress-et-prise-de-poids/

Journées chronométrées, boulot stressant, pression sociale, problèmes d’argent… Nous vivons dans un monde où le stress est la norme. Aujourd’hui largement banalisé, le stress chronique est pourtant loin d’être anodin pour l’organisme. Le corps humain ne serait tout simplement pas conçu pour faire face à une telle charge de stress au quotidien. Résultat, il y répond en modifiant son fonctionnement et se défend comme il le peut face à cette agression constante. Parmi les effets du stress chronique sur l’organisme, il y a la prise de poids. Oui, la science le dit : il y a bel et bien un lien avéré entre stress et prise de poids. Dans cet article, je vous explique tout !

Stress et prise de poids : une histoire d’hormones ?

Une récente étude a réussi à démontrer le lien existant entre stress chronique et augmentation du tour de taille. Aussi saugrenu que cela puisse paraître, c’est une hormone qui en est responsable. Le cortisol est une hormone chargée de réguler la réponse du corps face au stress. Lorsque l’organisme fait face à un stress, il sécrète du cortisol. C’est aussi simple que ça.  Le corps humain est conçu pour réagir à un stress important, mais ponctuel : fuir, chasser, échapper à un prédateur, sauver sa vie, etc.

Seulement voilà, notre mode de vie actuel est stressant. Pas ponctuellement, mais quotidiennement. Et puisque notre stress est chronique, la libération de cortisol est en conséquence.

Une récente étude a réussi à démontrer la relation existante entre l’élévation du taux de cortisol et l’augmentation du tour de taille. Autrement dit, entre stress et prise de poids. La sécrétion excessive de cortisol aurait aussi pour effet l’augmentation de l’IMC, la diminution de la tolérance au glucose et l’élévation du risque d’obésité à long terme. Rien que ça. Le pire dans cette histoire ? L’augmentation du tour de taille serait elle-même un facteur aggravant le stress.

L’impact du stress sur les comportements alimentaires

Entre stress et prise de poids il existe également un lien bien plus psychologique. Chez certaines personnes, une situation de stress chronique a un impact direct sur le comportement alimentaire, l’acte de manger en lui-même. Il arrive alors que les individus concernés mangent pour combler le vide, pour détourner leur attention, pour se punir, etc.

La réponse comportementale face au stress est cependant très différente d’une personne à l’autre. Certaines comblent, d’autres perdent l’appétit.

Le refuge des aliments réconforts

Qui n’a jamais entendu parler de la « comfort food » ? Il s’agit d’une tendance culinaire qui vise à chercher un peu de réconfort au travers de recettes sensées mettre un peu de baume au coeur. L’alimentation réconfort illustre assez bien la suite de mon propos.

En effet, le lien entre stress et prise de poids n’est pas seulement psychologique, ni hormonal. Il est aussi neurobiologique. Vous l’avez certainement remarqué : en période de grand stress, vous avez des envies alimentaires particulières. Il s’agit souvent de véritables compulsions alimentaires qui arrivent sans crier gare et qui poussent vers deux types d’aliments : les gras et les sucrés. Plus les sucrés que les gras d’ailleurs.

Pourquoi ? La joie n’est pas seulement un sentiment mais un ensemble de réaction biochimique qui ont lieu dans l’organisme. C’est en partie la sérotonine et la dopamine, deux neurotransmetteurs, qui sont responsables du sentiment de bien être. Lorsque vous êtes en situation de stress chronique, votre jauge de bonheur n’est pas au maximum. Votre organisme va donc vous pousser vers des aliments réconforts sucrés pour y trouver un peu de plaisir.

En effet, le sucre a pour effet d’activer les systèmes de récompenses au niveau du cerveau, qui libère alors de la dopamine et de la sérotonine. Ces deux neuromédiateurs ont un effet apaisant, sédatif et relaxant. Le cerveau a donc trouvé son antidote face à ce stress chronique. Le même schéma se répètera constamment tout comme avec une drogue, puisque l’organisme stressé demandera de plus en plus de sucre pour activer le système de récompense.

C’est alors un véritable cercle vicieux qui se met en place : stresser, manger, grossir, stresser…

L’activation du système de récompense et la recherche perpétuel d’apaisement expliquent une grande partie du lien entre stress et prise de poids.

Le cercle vicieux régime stress et prise de poids

Chercher à mettre fin à cette situation en entamant un régime restrictif est totalement contre productif. C’est pourtant le réflexe de la majorité des individus. La restriction calorique et la privation sont un ensemble de mesures stressantes psychologiquement et physiologiquement pour l’organisme.

Il y a alors fort à parier que la mise en place d’un régime aggrave la situation : élévation du taux de cortisol, compulsions, comportements alimentaires anarchiques, etc. C’est comme cela que vivent des milliers de personnes à travers le monde. Prisonnières de leur stress et inconscientes du lien avéré entre stress et prise de poids.

La solution durable ? s’attaquer au stress pour se libérer des kilos émotionnels.