Obésité infantile : Le poids augmente mais l’image corporelle des enfants reste la même

Obésité infantile : Le poids augmente mais l’image corporelle des enfants reste la même

Publiée le 8/11/2018 par Équipe de rédaction Santélog Obesity

C’est un manque complet « de conscience » d’une image corporelle qui évolue pourtant en raison de l’épidémie de surpoids et d’obésité chez les enfants, que dénonce cette large enquête nationale menée en Chine, publiée dans la revue Obesity. En effet si la prévalence du surpoids et de l’obésité chez les enfants a presque triplé entre 2000 et 2011, passant de 6,5% à 16,8%, seuls 2% des enfants ont l’impression d’être « trop gros ». C’est donc finalement un appel « au réalisme » et à l’intervention des parents et des professionnels concernés.

Cette analyse des données de 4.605 enfants âgés de 6 à 17 ans au départ de l’étude, révèle ainsi, que :

  • à l’inclusion, 49% des enfants sous-estimaient leur poids ;
  • les enfants se considérant en surpoids au début de l’étude présentent avec le temps une augmentation de l’indice de masse corporelle plus élevée que ceux ayant une image corporelle « normale » ;
  • les garçons, les jeunes enfants et les enfants des zones rurales subissent des augmentations de l’IMC supérieures à celles de leurs homologues ;

Une meilleure conscience de l’image corporelle « négative » chez les enfants pourrait leur apporter une nouvelle motivation pour opter pour un mode de vie sain, conclut l’auteur principal, le Dr Jungwon Min, de la Ball State University (Indiana).

Atelier Estime de soi, Confiance et Image de soi

Atelier Estime de soi, Confiance et Image de soi

En partenariat avec le CCAS de Générac, je vous propose :

Mardi 11 décembre de 9h30 à 12h00,

un atelier Estime de soi, Confiance en soi et Image de soi.

Le programme :

Accueil du groupe – Maximum 8 personnes –

Présentation de l’atelier, avec échanges sur vos attentes.

Groupe divisé en 3 :

1er groupe : Atelier Vesti’Boutik (aucune obligation d’achat, vêtements entre 1 et 4 euros),

2éme groupe : Coiffure avec une coiffeuse diplômée, coiffage sur cheveux fraichement lavés,

3éme groupe : Conseil et mise en beauté avec une esthéticienne diplômée.

Les groupes tourneront.

Fin de l’atelier avec échanges autour de celui ci (points positifs et négatifs, axes d’amélioration).

Ces prestations sont GRATUITES.

Si cet atelier vous intéresse, contactez moi au plus vite étant donné que les places sont limitées à 8 personnes.

Mais pas d’inquiétude, d’autres ateliers vous seront proposés dans les futures semaines.

Fabienne et l’équipe NEMO

Obésité, un parcours de soins qui ressemble au parcours du combattant

Obésité, un parcours de soins qui ressemble au parcours du combattant

par Danielle Messager – France Inter – Publié le mercredi 5 septembre 2018

https://www.franceinter.fr/societe/obesite-un-parcours-de-sante-qui-ressemble-au-parcours-du-combattant

 

50 % des hommes adultes sont en surpoids ou obèses pour 44% des femmes. © AFP / Paul Ellis, Robyn Beck, Ronaldo Schemidt

Le parcours de soins des personnes obèses est compliqué en France, notamment pour la prise en charge d’obésités sévères, et lorsque la chirurgie s’impose car la vie du patient peut être en danger.

Un colloque se tient ce mardi au ministère de la Santé pour élaborer un meilleur parcours de soins dans le traitement de l’obésité. Dans un pays où, même si les chiffres se stabilisent, on compte néanmoins 54 % des hommes adultes en surpoids ou obèses et 44 % des femmes (chez les enfants 17 % en surpoids dont 4 % obèses).

Sylvie a longtemps travaillé dans la restauration. Elle était déjà en surpoids, mais quand elle arrête pour des problèmes respiratoires, la situation dérape : “J’ai pris du poids, puis je suis montée jusqu’à 170 kilos. J’avais une espérance de vie qui chutait.”

La chirurgie s’impose alors, mais Sylvie va d’hôpital en hôpital et de refus en refus : “Plusieurs hôpitaux m’ont refusée car j’avais trop de problèmes au niveau de la respiration. Je rentrais pour me faire opérer et je pleurais quand ils me disaient, ‘non, on ne peut pas vous opérer, ça ne va pas, y a trop de risques‘.”

Après de nombreux examens, elle est finalement opérée à Hôpital européen Georges Pompidou, à Paris. Elle a perdu 40 kilos. Si elle a encore temporairement sa machine à oxygène, elle se sent déjà beaucoup mieux : “J’ai fait tellement de démarches pour y arriver, il ne fallait pas que je baisse les bras. Pour moi, je savais qu’il y avait une deuxième vie, il faut que je revienne comme avant.” 

Pas si facile d’accepter ce nouveau corps

Mais l’image d’avant, la retrouve-t-on vraiment et s’accommode-t-on de la nouvelle ? Après cette chirurgie, un suivi qui n’est pas proposé partout est pourtant indispensable, comme l’explique Anne Jeanne Daudé, psychologue dans le service de nutrition : On a beaucoup de patients en post-opératoire qui ont perdu beaucoup de poids. Pour ces patients finalement, ce n’est pas si facile d’accepter ce nouveau corps, explique la psychologue.

On n’investit pas comme ça un autre corps. Les patients ont du mal à se reconnaître. Tout le monde leur dit “Tu devrais être content”, mais ils peuvent être un peu dépressifs, c’est assez fréquent.

La chirurgie de l’obésité concerne 60 000 personnes par an. Sans suivi pour la moitié d’entre elles, après deux ans, beaucoup reprennent du poids, avec de lourdes conséquences physiques et psychologiques.

 

Yvelines : Un roman pour dénoncer les diktats sur les corps des femmes

Yvelines : Un roman pour dénoncer les diktats sur les corps des femmes

La psychanalyste beynoise (Yvelines), Catherine Grangeard, vient de sortir un nouvel ouvrage sur le thème de l’excès de poids en fustigeant la tyrannie des apparences.

La psychanalyste Catherine Grangeard.
La psychanalyste Catherine Grangeard. (©Les Nouvelles)

Le printemps est là ; l’été arrive à grands pas. « Plus que quelques mois pour être belle en maillot », a-t-on coutume d’entendre à cette période de l’année.

Un livre féministe

C’était donc le moment idéal pour la psychanalyste beynoise (Yvelines), Catherine Grangeard, de sortir son nouvel ouvrage sur le thème de l’excès de poids en fustigeant la tyrannie des apparences. Ce livre a été coécrit avec Daphnée Leportois, une journaliste qui collabore notamment aux sites Slate, BuzzFeed et L’Express Styles.

J’ai déjà écrit plusieurs essais sur le sujet de l’obésité. Mais co-écrivant cette fois un roman, le pari est de toucher le plus de lectrices possible. J’ai choisi de faire un livre très grand public pour passer les messages qui, dans des essais, ne sont pas suffisamment lus par le public… qui en est, en fait, la cible ! Raconter une histoire, sympa, tout en transmettant de vraies infos sans les asséner, tel était l’objectif », explique Catherine Grangeard.

Ce roman tend à dénoncer les diktats sur les corps des femmes la confusion beauté/santé tout en apportant sur la chirurgie de l’obésité et les régimes de réelles connaissances. Le tout au fil d’une histoire qui se déroule dans les Yvelines, à Plaisir.

Cet ouvrage féministe s’adresse aux femmes ayant des soucis avec leur image.

Les complexes de la minceur imposée par des injonctions de toutes parts ont des conséquences. La fabrication d’obésité résulte aussi des complexes que même de très jeunes adolescentes acquièrent, elles veulent perdre du poids lorsque la puberté les fait, naturellement, s’arrondir. La mode, les images retouchées, c’est une propagande pour des corps à la Barbie. Irréaliste et source de souffrances », dénonce la psychanalyste.

L’obésité : un problème de société du à plusieurs facteurs

Et d’ajouter : « Viennent ensuite les appels aux régimes. Tous les printemps les magazines regorgent de conseils, de publicités. Le marché minceur, c’est 4 milliards d’euros par an, en France ! Même les campagnes santé ont des effets secondaires délétères en alimentant cette phobie de l’excès de poids. La confusion beauté/santé crée des dérapages en termes de troubles du comportement alimentaire. Mais elle est entretenue pour des raisons de gagne-pain… »

Selon Catherine Gangeard, l’obésité est un problème de société dû à plusieurs facteurs : la publicité qui incite à consommer toujours plus mais d’un autre côté, il faut rester mince.

Son rapport à son corps, son image, ses pulsions, son histoire familiale, ses frustrations, bref, tout ce qui constitue psychiquement quelqu’un. La génétique n’explique pas tout non plus et penser que tout peut se résoudre grâce au sport n’est pas une solution.

« Si les conditions profondes d’un rapport à soi ne sont pas traitées, on va d’échecs en échecs. Y compris en chirurgie de l’obésité, là où on pourrait se dire qu’en réduisant les capacités d’absorption d’un estomac, la question serait réglée. Eh bien, non. Les faits sont là : 40 % d’échecs quelle que soit la technique opératoire. La préparation et le suivi psychologique sont trop souvent de simples formalités. Les patients n’ont pas toujours compris qu’il s’agissait profondément de leur personne et pas seulement de leur appétit. »

La femme qui voit de l’autre côté du miroir, de Catherine Grangeard et Daphnée Leportois, paraîtra aux éditions Eyrolles ce jeudi 7 juin. 14 euros.

 

Obésité infantile : Le déni face au surpoids, mécanisme de défense ou d’aggravation ?

Obésité infantile : Le déni face au surpoids, mécanisme de défense ou d’aggravation ?

Équipe de rédaction Santélog, publié le 7Janvier, 2018

santelog.com/2018/01/07/obesite-infantile-le-deni-face-au-surpoids-mecanisme-de-defense-ou-daggravation/

 

Le déni face au surpoids un mécanisme de défense favorable ?

Les enfants en surpoids sont en effet plus susceptibles de sous-estimer la corpulence globale de leur corps et cette perception erronée doit être prise en compte quand il s’agit d’aider ces enfants à mieux contrôler leur poids. Ce constat simple de la Norwegian University of Science and Technology, présenté dans la revue Frontiers in Psychology, appelle les parents à reconnaître sans dramatiser les problèmes de poids de leur enfant et à faire les ajustements nécessaires pour favoriser leur retour à un poids de santé.

Le mécanisme de défense est bien connu et similaire chez les personnes gravement sous-pondérées, comme celles souffrant d’anorexie, qui ont tendance à surestimer leur corpulence et se voient « grosses » même si elles ne le sont pas. Les individus en surpoids ont le problème inverse et ont tendance à sous-estimer leur corpulence, un aspect qui devient alors encore plus difficile à aborder et à traiter. Comme l’écrivent les auteurs,

« il faut d’abord reconnaître le problème avant de pouvoir le régler ». Ce principe s’applique alors d’autant plus aux parents qui doivent reconnaître que leurs enfants ont un problème de poids ».

 

L’étude a regardé comment les enfants perçoivent leur propre corpulence à partir de l’analyse des données de la cohorte Tidlig Trygg i Trondheim, qui suit les facteurs de risque et de prévention en santé psychologique et sociale chez un millier d’enfants, tous les 2 ans, depuis l’âge de 4 ans. L’objectif de l’analyse était d’identifier les facteurs qui peuvent favoriser de bonnes habitudes de santé et en particulier prévenir l’obésité, l’inactivité et/ou de mauvaises habitudes alimentaires. Les chercheurs ont notamment regardé comment les enfants estimaient leur corpulence et ont comparé ces estimations à l’évolution réelle de l’IMC de 6 à 8 ans et de 8 à 10 ans. De plus, les enfants ont visionné 7 photos de filles et de garçons avec IMC connu et ont dû choisir la photo qui leur ressemblait le plus. Les chercheurs ont enfin bien pris en compte l’âge et le sexe de l’enfant pour identifier l’existence d’un surpoids et/ou d’une obésité.

Les enfants à IMC élevé sous-estiment plus souvent leur corpulence : l’analyse confirme en effet cette propension chez les enfants en surpoids à sous-estimer -plutôt que surestimer- leur corpulence, même si une majorité des enfants en fait une estimation plutôt précise ;

  • les garçons en surpoids sont notamment plus susceptibles de sous-estimer leur corpulence que les filles.
  • Cette sous-estimation apparaît dose-dépendante de l’importance du surpoids et tend à s’aggraver avec le temps ;

Le déni, un mécanisme de défense : les auteurs interprètent cette sous-estimation comme un mécanisme de défense « qui peut présenter certains avantages » : « Il est raisonnable d’imaginer que la sous-estimation empêche de reconnaître que son corps est « gros » que vous le souhaitez et cela peut être assez rassurant ». Ainsi, les jeunes en surpoids et obèses qui ont une perception juste de leur corpulence sont plus susceptibles d’être déprimés. Ce déni peut être un mécanisme de défense favorable, mais il reste néanmoins un obstacle à la mise en œuvre des changements nécessaires.

Ainsi, pour les enfants, la reconnaissance du problème par les parents est essentielle, car les parents sont bien ceux qui devront initier les ajustements nécessaires de mode de vie pour aider leurs enfants à retrouver et à maintenir un poids de santé.

Source: Frontiers in Psychology 21 November 2017 DOI: 10.3389/fpsyg.2017.02038 Body Size Estimation from Early to Middle Childhood: Stability of Underestimation, BMI, and Gender Effects.