Chirurgie esthétique. « Les patients sont souvent trop impatients »

Chirurgie esthétique. « Les patients sont souvent trop impatients »

Une patiente, lors d'une consultation, avant une opération des paupières.
Une patiente, lors d’une consultation, avant une opération des paupières. | Evgeny Atamanenko

Scandales sanitaires, buzz sur les opérations ratées, la chirurgie esthétique n’a pas toujours bonne image. Quelles questions se poser avant de se faire opérer ? Quelles sont les tendances en France et dans le monde ? Pourquoi la chirurgie des organes sexuels est-elle celle qui connaît la progression la plus importante, depuis quelques années ? Entretien avec le Dr Vladimir Mitz, l’un des précurseurs de la chirurgie micro-invasive en France.

En 2016, l’International Society of Aesthetic Plastic Surgery (Isaps) a recensé 20 362 655 actes de chirurgie et de médecine esthétiques, un chiffre en hausse de 9 % par rapport à 2015. De plus en plus de personnes ont recours à la chirurgie esthétique pour améliorer leur apparence ou se sentir plus en accord avec eux-mêmes ; 86,2 % des actes concernent des femmes, mais les hommes – notamment en France – commencent à s’y mettre (lire ci-dessous).

Les actes les plus fréquents ne sont pas chirurgicaux. Il s’agit des injections d’acide hyaluronique (notamment pour combler les rides) et de toxine botulique (le botox, pour figer les muscles du haut du visage et limiter les rides). Côté chirurgie, les actes les plus fréquents sont l’augmentation de poitrine (implants en silicone), et la chirurgie des paupières. Voici les actes les plus fréquents en 2016 :

Les chiffres de l’Isaps ne prennent pas en compte tous les pays. Il manque notamment la Corée du Sud, où la chirurgie esthétique est très pratiquée, avec environ 1,2 million d’actes par an (notamment des ressortissants de différents pays asiatiques qui viennent y faire du tourisme chirugical). Dans le classement de l’Isaps, les États-Unis sont en tête devant le Brésil. La France est en 10e position.

La chirurgie esthétique a une mauvaise image en France ?

Dr Vladimir Mitz – On reste dans l’idée que ce sont des opérations inutiles. Il y a une méconnaissance de l’injustice au niveau du vieillissement et des complexes que cela introduit. Les buzz sur Internet avec des photos d’opérations ratées, et les scandales liés aux prothèses mammaires n’ont rien arrangé.

Celles-ci sont vraiment sûres, maintenant ?

Oui, elles utilisent des matériaux cohérents. Même si on les coupe en deux, ils ne coulent pas. Les prothèses actuelles peuvent durer plus de 10 ans.

Quelle est la proportion de complications en chirurgie esthétique ?

Cela dépend des opérations, entre 0,5 % et 10 %. Pour les plasties abdominales, avec des grands décollements, le taux global est de 10 %. En France, la loi est très stricte, on ne peut opérer quelqu’un que quinze jours après la consultation, pour donner un délai de réflexion. Et on prend beaucoup de précautions avant. À l’étranger, parfois, le médecin ne voit le patient que le matin même.

Selon vous, les patients acceptent de plus en plus mal le temps nécessaire de la cicatrisation ?

C’est l’effet Amazon. Tout, tout de suite. Penser qu’on peut passer d’un avant à un après, sans le temps de la cicatrisation et l’acceptation du nouveau soi-même est une erreur. Cette perception peut être très perturbée par l’entourage. Tout ça pour ça ? Le chirurgien a deux ennemis. La cicatrisation et l’infection. On comprend comment certaines cicatrices deviennent pathologiques mais on ne sait pas accélérer la cicatrisation. Ce qu’on peut faire, c’est ne pas nuire. Dans mon livre, j’explique que la perception de raté chirurgical n’est pas toujours la même pour le patient et pour le médecin. Si un problème arrive, on peut le plus souvent le rattraper.

Le chirurgien esthétique Vladimir Mitz. | Flammarion

Comment savoir si on est prêt ?

Il faut une relation de confiance avec le chirurgien. La fiabilité du patient, ce n’est pas que le compte en banque, mais savoir s’il va encaisser le choc opératoire. Après un deuil, une rupture, ce n’est certainement pas le bon moment. Il y a parfois des complications psychosomatiques, comme l’apparition de coques autour de prothèses mammaires, parce que le patient n’était pas prêt. Selon moi, le médecin de famille reste le nœud de la bonne orientation. Il ne faut pas le laisser dans le secret, de façon à avoir son avis. Le chirurgien a un pouvoir qu’il doit conserver, le pouvoir de dire non. Et ce n’est pas facile, des clients peuvent être furieux…

Aller se faire opérer à l’étranger pose vraiment problème ? On comprend que cela n’arrange pas les affaires des chirurgiens français…

À l’étranger, les Français vont essentiellement dans les pays du Maghreb et un peu dans les pays de l’Est. Les chirurgiens marocains ou tunisiens sont généralement compétents, ils sont pour la plupart formés dans les universités françaises. Ils ont la capacité technique, mais le problème est que ce ne sont pas eux les référents directs, mais un organisme de tourisme. Cela ne se passe pas toujours mal, mais il y a un problème de suivi. C’est vrai, c’est moins cher, entre un tiers et 50 % de moins qu’en France.

Votre grand concurrent est la médecine esthétique…

Deux molécules, le botox et l’acide hyaluronique ont changé la donne. Les opérations de médecine esthétique ont dépassé celles de chirurgies, plus invasives. Et les liftings ont été en grande partie remplacés par la technique des fils crantés ou tenseurs, qui a fait des progrès, c’est vrai.

Le scandale des implants défectueux de la société PIP a terni l’image de la chirurgie esthétique, mais l’augmentation mammaire reste l’opération la plus pratiquée en France et dans le monde. | Reuters

Quelle est la chirurgie la plus pratiquée en France ?

L’augmentation mammaire, suivie par la liposuccion, qui, pour être réussie, demande un effort personnel. Il faut perdre des kilos en amont et la patiente ne perd pas les kilos qu’elle veut perdre. La graisse sur le corps féminin est organisée comme un abricot, il y a la chair et le noyau. Ce qui est programmé génétiquement est le noyau qui grossit progressivement. La chair est événementielle, c’est ce qu’on mange, le sport…. Le chirurgien aura beau enlever le noyau, si la chair continue de croître, le progrès ne sera pas visible.

 

Quelle est la part de la clientèle masculine ?

Environ 15 % et elle augmente. Avec deux étages, les paupières à partir de la trentaine, et vers 50-55 ans, quand le pneu apparaît. Et, ce qui est moins connu, la gynécomastie (le développement excessif des glandes mammaires), qui peut apparaître tôt et ne part pas toute seule.

Il y a des spécificités françaises ?

La quête du naturel, par opposition aux anglo-saxons, même si ça commence à changer chez eux aussi. Quand je faisais mes études aux États-Unis, si on faisait un lifting, il fallait qu’on le voie. Cela indiquait qu’on avait pu se payer un chirurgien capable d’effets spectaculaires. En France, le chirurgien doit rester invisible. Il est dans le cœur de la patiente mais c’est tout. La patiente attend qu’on lui dise « tu as bonne mine », « tu as l’air en forme ». Mais surtout pas qu’on lui dise : « Ah, tu as fait un lifting, toi »

Les techniques de chirurgie micro-invasives continuent à évoluer ?

Elles sont constantes et elles ont été immenses. Exemple pour les liftings du front. Avant on ouvrait d’une oreille à l’autre, on abaissait le masque facial et on allait opérer sur le muscle frontal, relever les sourcils, enlever les muscles qui créent les rides du lion. Un chirurgien américain a eu l’idée de faire des petits trous et d’utiliser l’endoscopie utilisée dans la chirurgie digestive. Puis est arrivé le botox et cela a été en partie mis au rancart. Mais on fait maintenant des liftings plus léger, avec peu de décollements, sans forcément couper les ligaments. On peut les replacer. C’est le microlift, qui se fait en ambulatoire.

En matière de lifting. Pendant longtemps, on a manqué de ciment pour donner une jolie forme. Puis on s’est rendu compte qu’on pouvait utiliser la graisse, avec la technique du lipofilling, qui continue à évoluer. Pour l’instant, on n’arrive qu’à 30 % ou 40 % de survie des adipocytes. Elle a d’abord été utilisée pour des reconstructions du sein après cancer, pour des patientes qui ne voulaient pas de prothèse. Pour quelqu’un qui voudrait augmenter sa poitrine, on n’arrive qu’à un demi-bonnet par séance. On ne peut pas injecter de la graisse comme de la crème chantilly.

Vous estimez que la chirurgie esthétique soit accessible aux adolescents. C’est vraiment pertinent ?

Ma première préoccupation est de savoir si le problème est réel. Si oui, il faut trouver un consensus familial, qui n’est pas toujours facile à trouver.

Quel est l’âge minimal, selon vous ?

Quatorze ans. J’ai opéré des jeunes filles de 14 ans avec des hypertrophies mammaires extrêmement importantes. Des garçons de 15 ans avec des nez problématiques. On le fait classiquement pour les enfants avec des oreilles décollées dès l’âge de 7 ans, mais c’est mieux accepté par la société.

Certaines techniques de chirurgie esthétique autorisées ailleurs sont interdites en France ?

La liposuccion au laser. Au début, les systèmes n’étaient pas très au point, il y avait des risques de brûlure. Maintenant, le matériel est plus fiable.

Quelles sont les tendances récentes au niveau mondial ?

L’augmentation des fesses, par lipofilling et prothèses de fesses. Notamment en Amérique latine, où les femmes tiennent à avoir des fesses voluptueuses. Le cas de Kim Kardashian a accéléré le mouvement, et il y a maintenant des demandes en Europe. Mais plutôt par lipofilling.

Le second phénomène est lié au développement de la chirurgie bariatrique (la chirurgie permettant des pertes de poids très importantes chez des obèses). Elle permet de faire perdre, parfois, jusqu’à 100 kg, ce qui entraîne des désordres considérables au niveau cutané. Il a fallu adapter des opérations anciennes. Si nous étions des tailleurs, ce serait comme apprendre à faire des vestes les plus étriquées, possibles là où avant on taillait des capelines. Aux États-Unis, on peut trouver six chirurgiens travaillant ensemble pendant 18 h pour qu’il n’y ait qu’une seule opération. Je pense que c’est dangereux d’opérer au-delà de quatre heures. Il vaut mieux faire plusieurs opérations. Mais sur ce point il n’y a pas consensus.

Le troisième phénomène, est le développement, le plus important en pourcentage, de la chirurgie intime. Surtout la labiaplastie.

La chirurgie des petites lèvres aurait augmenté de 45 % entre 2015 et 2016. Comment l’expliquer ?

Dans certains cas, des petites lèvres trop développées sont une véritable gêne pour des femmes, pour faire du vélo ou lors de l’intromission. Mais il y a un mouvement de mode, lié en partie aux réseaux sociaux, et à celle des maillots très serrés. En Californie, des femmes demandent à ressembler en tout point à une poupée Barbie, avec les petites lèvres ne formant qu’un mince liseré.

Une autre tendance récente est la diminution de la taille du vagin après une grossesse, ou, en médecine esthétique, le développement du point G en injectant de l’acide hyaluronique…

Vladimir Mitz est l’auteur de nombreux ouvrages sur la chirurgie esthétique. Le plus récent est Chirurgie esthétique : pour ou contre ?, Flammarion, 198 pages, 18 €.

Témoignage : J’ai testé pour vous : faire un gros doigt à l’obésité

Témoignage : J’ai testé pour vous : faire un gros doigt à l’obésité

Par Une madmoiZelle | 3 mars 2018 |

madmoizelle.com/vaincre-obesite-temoignage-889443

Cette madmoiZelle a décidé de se réapproprier son corps et sa santé. Elle raconte comment, pendant des années, elle est parvenue à perdre du poids et atteindre son objectif. Témoignage.

Cela fait bientôt trois ans et demi que je suis stable et prise d’un élan de confiance, j’avais envie de poser ça quelque part.

Je me lance.

En janvier 2013, pour mes 20 ans, j’avoisinais les 120 kilos.

Deux fois le poids moyen d’une nana de cet âge. Deux heures de révisions : une plaque de chocolat. Tartine de Nutella à la pause de dix heures et des portions généreuses à chaque repas.

Autant dire que je ne faisais rien pour arranger ma condition, mort pour mort, on va pas se prendre la tête. J’étais un beau bébé comme on dit, mais surtout, pas si loin que ça de la catégorie obésité morbide.

Ouais, la génétique pourrie de ma famille et mes gros os, tu connais la chanson, j’avais de bonnes raisons.

Je venais de commencer un diplôme en biologie : la première chose qu’on t’apprends quand tu te lances là-dedans, c’est que ton corps aime la stabilité.

L’homéostasie, de son petit nom, c’est ce qui fait que ta glycémie est stable, que ton sang ne devient pas acide ou encore que… ton gras t’aime et qu’il veut rester. En fait, le deal avec la biologie, c’est aussi qu’on te file une blouse derrière laquelle tu peux te planquer.

J’ai passé mon enfance à être « la grosse ». Ça a commencé en maternelle, je me suis souvent battue à cause de ça et j’ai manqué de me faire renvoyer plusieurs fois de l’école (et de mon dojo également).

Au collège, j’ai même dû repayer un jean à un mec, car je lui avais placé un doux harai-goshi après qu’il m’ait insultée.

Illustration

Le coup de grâce, pour en revenir à la blouse, c’était l’humiliation publique lors de mon premier cours de microbiologie.

Le prof a appelé l’assistante de labo devant toute ma promo en lui disant :

« ouais, je t’envoie une élève pour une blouse.

Non la taille 2 c’est pas bon, elle est… ouais enfin, tu verras ».

J’ai pleuré. Puis j’ai passé deux ans à me venger et à faire en sorte de le pourrir de questions à chaque cours pour le mettre en galère. Ce qui explique ma passion pour la microbio aujourd’hui.

Et puis… le déclic

Avril 2013. Ça m’est tombé dessus sans prévenir. J’ai traversé une période d’examens scolaires intense, j’étais stressée et je mangeais peu.

Rentrée chez mes parents après cette fameuse période, j’ai bloqué devant le miroir en sortant de la douche : je semblais avoir minci. « Impossible dude, monte sur la balance et tu verras que tu te fais des idées », me soufflait une petite voix dans ma tête.

SURPRISE MOTHERFUCKER : j’avais perdu 6 kilos. Révélation ma grande : tu peux maigrir. 

Six kilos de perdus, sans même s’en inquiéter, ça veut dire que je peux faire mieux. Du coup je suis partie bille en tête, sans objectif.

C’est un peu ma façon de fonctionner en général : je ne sais pas où je vais mais j’y vais, puis advienne que pourra !

Ça a été un gros déclic, arrivé de nulle part. J’ai choisi de perdre tranquillement, sans me rendre malade.

Noël 2013 : 20 kilos perdus. Octobre 2014, j’en avais perdu 25 de plus et j’ ai reçu mon diplôme de fin d’études.

45 kilos laissés derrière moi, soit presqu’un tiers de mon ancien poids.

Et tu sais quoi ? Je pouvais alors mettre une blouse taille 2, ET OUAIS.

Pendant l’amaigrissement, du changement, partout

J’ai mené mon « régime » seule. Pas de médecins, pas de suivi. Des amis pour unique soutien. J’ai débuté en réduisant mes portions, en arrêtant de grignoter.

« Ouais, normal quoi ». Je t’ai entendu. Mais non, ce n’est pas si simple. Je suis une adepte de la nourriture doudou, comme beaucoup de gens qui se battent avec leur poids.

Je mangeais quand je n’avais pas le moral, quand j’étais stressée, quand j’étais inquiète. Tout le temps, en fait.

Mon premier combat, ça a été de corriger cette relation à la nourriture, d’analyser mon comportement alimentaire, d’analyser le contenu de mon assiette.

Je connaissais quelques bases en nutrition (merci maman de m’avoir jetée chez une diététicienne quand j’étais plus jeune) et je me suis efforcée de maintenir une certaine rigueur.

J’ai dépoussiéré mon vélo et ressorti mes chaussures de sport : j’étais la grosse qui courait le soir, quand personne ne pouvait la voir, décédant après 2 minutes de course.

J’observais mon corps changer, c’était mon expérience à moi.

Soyons honnêtes : j’ai continué ma vie étudiante, avec plus de restrictions sur la bouffe, mais jamais sur l’alcool. (Foie, si tu m’entends, je suis navrée.)

Le palier, cet enfoiré !

Sauf qu’au bout d’un moment, la perte de poids s’arrête. C’est le palier. Ça rend dingue et ça te donne envie de tout arrêter.

Tu cherches où tu te trompes, mais tu ne trouves pas et c’est normal. Pour comprendre et réagir, j’ai commencé à m’intéresser de près à la nutrition.

Le corps a percuté que tu veux le faire changer et il n’aime pas cette idée, alors il réduit ses besoins. Par conséquent, tu dois le choquer et lui faire comprendre que c’est toi qui décides.

Vient le moment d’intégrer les cheat meals, très connus en musculation. Le principe est simple : sur un repas, augmenter la ration calorique, notamment en glucides afin de relancer le métabolisme et la synthèse de leptine.

À partir de ce moment, j’ai intégré un cheat meal par semaine, et je le fais toujours. Paradoxalement, ça limite la stagnation et permet souvent d’éclater un palier.

Au second palier, j’ai compris qu’il était temps de profondément revoir mon alimentation.

J’ai encore appris de nombreuses choses sur la nutrition et j’ai tenté de me rapprocher de la diète cétogène.

L’état de cétose, c’est ce qui est recherché dans les régimes low carbs, type Dukan, Atkins, etc. Ils ont tous un nom différent, plus ou moins fancy, mais visent la cétose.

Concrètement, on limite fortement les apports glucidiques, pour privilégier les protéines et les lipides. Privé de glucides, énergie la plus facilement exploitable, le corps va puiser dans les graisses.

C’est dur, c’est monotone, c’est fade, mais ça marche. Après, c’est quelque chose que je déconseille, les répercussions sur la santé sont tout de même là avec le recul.

J’ai terminé ma perte de poids sur cette note protéinée, avant de reprendre une alimentation plutôt axée sur IIFYM, ou « diète flexible », aujourd’hui encore.

L’étape de la chirurgie abdominale

Perte de poids : check.

Avoir mon diplôme et trouver un CDI : check.

Reprendre le sport sérieusement : check.

Nutrition optimale : check.

Je pensais avoir tout donné, mais il restait un problème majeur : la peau.

Quand tu gonfles un ballon de baudruche, pendant un ou deux jours, il est beau, rond, tendu. Puis il se dégonfle et devient tout flasque.

Concrètement, la peau du ventre, c’est la même histoire. Au bout d’un an de stabilité et avec un énorme coup de pied au cul d’une amie, j’ai décidé de me rapprocher d’un chirurgien plasticien.

L’angoisse d’être jugée était omniprésente. J’y suis allée sur conseil de ma généraliste qui voyait bien mon mal être. Se dire « tout ça pour finir dans cet état » était insupportable, et il était temps d’agir.

J’ai vu un premier chirurgien, adorable, qui m’a expliqué la démarche à suivre dans mon cas et m’a orienté vers un chirurgien plus jeune, plus habile dans la chirurgie qui était nécessaire dans mon cas.

Le chirurgien a su me mettre en confiance avant même que j’entre dans son bureau. Il a observé mon ventre, a parfaitement saisi mes attentes.

Concrètement, si tu respectes certaines conditions de type tablier abdominal, perte de poids massive à fortiori post-chirurgie bariatrique, la sécurité sociale peut aider à la prise en charge (et c’est complètement idiot, car si tu as perdu sans aide chirurgicale tu as moins de chances d’être pris en charge).

C’est le moment précis où j’ai compris la différence entre la chirurgie réparatrice et chirurgie plastique. C’est passé juste, j’ai appelé mon père en larmes et en plein milieu de la rue pour dire que mon dossier était accepté et que j’allais retrouver un corps sensiblement « normal. »

En octobre 2015, il fallait attendre février 2016 pour l’intervention. J’étais impatiente mais terrifiée.

Début février, passage sur le billard. Abdominoplastie circulaire, soit environ 3h de boucherie au bloc, le concept est simple : on taille une entrecôte de 20 cm tout autour de ta taille, puis on recoud le haut et le bas. À la poubelle la peau en rab.

Il m’a fallu 6 semaines pour m’en remettre.

Et après…?

Aujourd’hui j’en suis là : je pèse toujours 75 kilos pour 1,76m, j’ai toujours pour ambition d’en perdre encore un peu pour enfin voir mes abdos, mais dans l’absolu, je m’en moque.

J’ai une cicatrice presque blanche qui fait le tour de ma taille et qui va fêter ses deux ans. Je m’en amuse beaucoup : elle ne se voit pas en sous-vêtements, mais je fais parfois croire au gens que je me suis fait couper en deux. Leur tête est toujours magique.

lol, je déconne

J’ai énormément gagné en confiance en moi, plaqué mon boulot et j’ai repris une licence pro pour devenir commerciale, car je n’ai plus envie de me planquer sous ma blouse et je n’ai plus trop peur d’aller au contact.

J’énerve ma tutrice de par ma timidité, mais j’avance !

Le regard des gens change. Il est plus gentil et tolérant, ce qui est énervant avec du recul. Ce qui surprend, c’est également les gens qui ne me reconnaissent pas.

Le rapport au corps est quelque chose en mouvement perpétuel : j’ai traversé des phases de boulimie, voulant maigrir à tout prix mais me lâchant à force de restrictions.

C’est difficile d’apprivoiser un nouveau corps : tu sais qu’il est à toi, mais ça ne s’imprime pas.

Trois ans plus tard, je galère toujours avec les fringues car avec le sport, ma morphologie continue de bouger.

Quand j’essaye une chemise je rentre dans la cabine avec trois tailles différentes car je ne conçois pas ma taille.

Je pense que les vendeuses me détestent en fait. Quand je plie mes vêtements, je me demande comment ça se fait que je rentre dedans : passer d’un XXL à un S/M, c’est bizarre. Mais c’est cool.

J’ai découvert le maillot de bain en 2016 lors de la descente de l’Ardèche avec des amies. Double victoire : vivre 48h en maillot de bain et faire 32 km de canoë !

Je me dis que si j’ai pu le faire, connaissant mon amour pour la bouffe et mes capacités de procrastination, ça doit être à la portée de bien d’autres personnes. Il faut seulement commencer par se poser et comprendre pourquoi ça n’a pas marché jusqu’à maintenant.

Et c’est sans doute parce qu’on veut aller trop vite, selon mon expérience.

Pour aller plus loin : ressources sur le poids

Le rapport avec son corps et son alimentation est propre à chacun et chacune. Si cette madmoiZelle a suivi ce parcours, il n’est pas dit que le résultat soit identique pour quelqu’un d’autre.

Le métabolisme, le mental, l’expérience et d’innombrables facteurs entrent en ligne de compte.

Si tu souhaites perdre ou prendre du poids, changer ton régime alimentaire pour des raisons de santé ou de bien-être personnel, tu peux aller chercher conseil auprès de spécialistes de la santé, de la nutrition, du sport.

Ça peut être la personne responsable de l’infirmerie de ton établissement scolaire, la médecine du travail, mais aussi ton ou ta généraliste, ou encore un·e nutritionniste, par exemple.

Il existe aussi des associations comme Endat qui peut apporter aide et soutien aux personnes atteintes de troubles alimentaires dont l’obésité.

Quoiqu’il en soit, ton apparence ne détermine pas ta valeur, et le regard des autres encore moins.

 

Compte rendu de la Réunion intervenants en chirurgie (Dr Benoit Henault et Dr Emanuele D’Errico) & Groupe de parole

Compte rendu de la Réunion intervenants en chirurgie (Dr Benoit Henault et Dr Emanuele D’Errico) & Groupe de parole

Cet après-midi à la Polyclinique du Grand Sud avec notamment, la présence et la participation du docteur Henault, chirurgien de la chirurgie réparatrice.

Il a donné de très bonnes explications, avec projections de photos de différentes interventions et il a répondu précisément
à toutes les questions posées.

Merci également à la présence du docteur D’Errico.

Merci à toutes les personnes présentes.

La réunion s’est poursuivie par les témoignages des unes et des autres, ainsi que par notre partage d’expériences diverses.

Dans une très bonne convivialité et surtout dans la bonne humeur.

Encore un grand merci à tout le monde.

Et demain, séance d’activité physique, et oui on continue notre petite aventure de remise en forme et du maintien de notre condition physique.

Très important à nos yeux et surtout à notre moral.

Bonne soirée à tout le monde et au plaisir de vous rencontrer prochainement.

Fabienne et l’équipe de Némo.

 

 

 

Réunion intervenants en chirurgie & Groupe de parole du vendredi 19 janvier 2018

Réunion intervenants en chirurgie & Groupe de parole du vendredi 19 janvier 2018

A partir de 14h30 à la Polyclinique du Grand Sud à Nîmes.

Réunion avec la présence du docteur Benoit Henault – chirurgien plasticien nous parlera de la chirurgie réparatrice et du docteur Emanuele D’Errico – chirurgien de la chirurgie bariatrique.

Le docteur Henault répondra à nos questions en ce qui concerne la chirurgie réparatrice après une perte de poids (toutes les questions qui vous passent par la tête).

Le docteur D’Errico, membre de l’association Némo sera également parmi nous.

Si vous êtes intéressés par cette réunion d’information et qui sera suivi par notre groupe de parole mensuel.

Dites le moi, en remplissant le formulaire ci-dessous ou texto ( 06 16 46 27 97).

On se pose toutes et tous des questions sur la chirurgie réparatrice, l’association Némo vous propose donc cette réunion qui sera très intéressante.

Bonne journée.

Tenez-moi au courant.

Merci.

Fabienne

Les trois montagnes de Marie-Josée Viau

Les trois montagnes de Marie-Josée Viau

Publié par Stéphane Fortier, publié le 24 novembre 2017

http://www.viva-media.ca/vedette-2/les-trois-montagnes-de-marie-josee-viau/

Les trois montagnes de Marie-Josée Viau

Marie-Josée Viau a atteint l’objectif qu’elle voulait atteindre au pied du plus haut sommet du monde. Photo courtoisie Marie-Josée Viau

 

Et dire qu’il y a quelques années, monter un simple escalier suffisait à lui faire manquer de souffle. À 40 ans, Marie-Josée Viau faisait osciller la balance à plus de 104 kg (230 lbs). Elle avait souvent essayé toutes sortes de moyens pour perdre du poids, en vain. « J’étais à 2 kg (5 lbs) de l’obésité morbide », mentionne-t-elle d’abord.

« J’ai eu un pincement au cœur et cela m’a fait comprendre qu’il fallait que j’agisse pour ma santé. C’était le déclic qu’il me fallait. Je me suis dit que je n’avais pas besoin d’une émission de télé pour agir »

Première montagne

Un jour, elle a l’idée de s’inscrire à l’émission Maigrir pour gagner à la télé. Elle n’est finalement pas sélectionnée. J’étais contente. Je ne me voyais pas affronter le gym trois fois par semaine. En même temps, comme je n’étais pas très heureuse de cet échec, j’ai mangé jusqu’à prendre 10 livres en un mois », relate Marie-Josée Viau.

Mais un jour, au travail, elle doit effectuer un geste qui a demandé un effort plus important qu’à l’accoutumée. « J’ai eu un pincement au cœur et cela m’a fait comprendre qu’il fallait que j’agisse pour ma santé. C’était le déclic qu’il me fallait. Je me suis dit que je n’avais pas besoin d’une émission de télé pour agir », explique-t-elle.

Le 1er mai 2014, elle entreprend de faire de la course, mais au bout d’une minute, elle n’en peut plus. Le lendemain, elle court une minute supplémentaire puis une autre minute le surlendemain. Petit à petit, elle augmente les distances. « Au mois d’août, j’ai été capable de courir le Color Run de 5 km à Montréal. Avec beaucoup de discipline, j’ai réussi à perdre 95 livres en 10 mois (en même temps que la finale de l’émission) et ce, sans chirurgie bariatrique, », indique celle qui portait du 22 de pantalon et qui porte du 4 aujourd’hui.

Randonnées pédestres, kayak, raquette, Marie-Josée Viau s’investit dans plusieurs activités lui permettant d’améliorer sa forme physique. « J’avais gagné moi aussi, mais avec ma propre méthode », dit-elle.

Plus tard, elle court deux fois le 10 km du marathon de Montréal et escalade le mont Washington en 3 heures 30. Aujourd’hui, elle est entraîneuse personnelle certifiée. Elle avait donc vaincu sa première montagne qui, affirme-t-elle était d’abord dans sa tête.

Le défi d’une vie

À 44 ans, elle voulait relever le défi de sa vie. « Je ne suis pas une personne très forte sur le trek, mais j’ai amassé mon argent et me suis entraîné avec acharnement », nous dit Marie-Josée Viau. C’est cela qui l’a conduite vers la musculation et le culturisme. Elle participe au Fitness Canada et remporte le titre canadien, rien de moins.

Le 28 octobre dernier, elle s’embarque pour Katmandou et entend se rendre au camp de base menant au mont Everest. Il existe deux camps de base de l’Everest, le premier versant sud (côté népalais) se trouve à 5364 mètres. « Le 1er jour, j’ai pleuré. C’est là que j’ai réalisé dans quelle aventure je m’étais embarquée, mais je n’avais plus le choix et il fallait que j’y aille un jour à la fois, un pas à la fois », se souvient-elle. La première étape consistait en quatre heures de trek avec montées et descentes. Au total, c’était 17 jours de marche à accomplir. Sortie totalement de sa zone de confort, les montées ne sont pas faciles, pas plus que les descentes d’ailleurs. « On monte tout le temps. Quand on pense qu’on est arrivés, on réalise qu’il y a encore des montées », énonce-t-elle.

Mais le pire, c’est le col de Chola. Il s’agit du trek le plus aventurier dans l’Himalaya. Il est difficile, car il comprend l’ascension vers le Lac Gokyo, Gokyo Ri et le col de Chola. Les efforts ne sont pas vains puisque le parcours se poursuit avec un fabuleux panorama sur les plus grands pics du monde. « On doit toujours faire attention où l’on pose les pieds. C’est de la roche, de la roche et encore de la roche. Et dans une partie de la montée, c’est de la pierraille où il est facile de glisser. Il y a une partie du chemin qui est si étroit que si vous perdez pied, c’est la chute à 4000 mètres », soutient Marie-Josée Viau. Arrivée au camp de base, elle est atteinte d’une sinusite. « Tout le monde est malade là-bas », témoigne-t-elle. Les paysages sont grandioses et pour elle, cette expédition valait chaque sou, soit les 10 000 $ investis.

Prochain défi ?

« J’aimerais escalader le Island Peak au Népal, l’Aconcagua en Amérique du Sud qui fait près 7000 mètres ». Et l’Everest ? « J’aimerais bien, mais il me faut maîtriser la technique de l’escalade et… 60 000 $. »

Et la troisième montagne ?

« Défini­tivement ma chirurgie reconstructive, il y a deux ans. J’avais un surplus de peau. Cela a été une expérience très difficile et pour moi, cela a été une grosse montagne à gravir », de conclure Marie-Josée Viau.