Obésité infantile : A l’origine de 25% des cas d’asthme

Obésité infantile : A l’origine de 25% des cas d’asthme

Équipe de rédaction Santélog – Publié le : Jan 6, 2019

Ces résultats d’une étude de la Duke University suggèrent que près d’un million de cas d’asthme infantile pourraient être évités avec une meilleure gestion du poids et une prévention plus efficace de l’obésité infantile. Des conclusions à paraître dans la revue Pediatrics, issues de l’analyse des données de plus de 500.000 enfants aux États-Unis.

L’asthme est la première maladie chronique chez les enfants et ses causes génétiques et certaines infections virales pendant l’enfance sont des facteurs non évitables. L’auteur principal, le Dr Jason E. Lang, professeur agrégé de pédiatrie à la Duke, insiste sur le fait que l’obésité est peut-être le seul facteur de risque évitable chez l’enfant.

L’analyse, rétrospective, est menée sur les données de 507.496 enfants. Les enfants considérés comme asthmatiques avaient reçu le diagnostic d’asthme par 2 médecins ou plus et avaient également reçu une prescription de traitement par inhalateur. Des tests de leur fonction pulmonaire ont également confirmé leur diagnostic d’asthme. L’analyse conclut que :

  • l’obésité pourrait être à l’origine de 23 à 27% des cas d’asthme chez les enfants obèses ;
  • environ 10% des enfants asthmatiques âgés de 2 à 17 ans -soit près d’un million d’enfants aux États-Unis, lieu de l’étude- auraient pu éviter la maladie en maintenant un poids santé ;
  • les enfants considérés comme obèses et dont l’indice de masse corporelle (IMC) se situait au 95e centile ou plus pour leur âge et leur sexe – présentent un risque d’asthme accru de 30% par rapport à leurs pairs présentant un poids de santé ;
  • les enfants en surpoids mais non obèses présentent également un risque d’asthme accru de 17% par rapport à leurs pairs en bonne santé ;
  • ces résultats restent similaires après ajustement avec certains facteurs de confusion, dont le sexe, l’âge, le statut socio-économique et les allergies.

Une relation obésité-asthme très probable : alors que la limite de l’étude réside dans le fait que ses données ont été collectées lors de visites médicales et non dans un contexte de recherche clinique contrôlée, d’autres recherches seront probablement nécessaires pour prouver que le surpoids et l’obésité provoquent directement des changements qui mènent à l’asthme. En particulier, les processus sous-jacents restent encore mal compris. Cependant, ce n’est pas la première étude à suggérer cette relation et d’autres études ont également montré qu’une perte de poids, chez l’enfant asthmatique, contribuait à réduire ses symptômes.

Pour les auteurs, « il est donc raisonnable de craindre qu’il s’agisse d’une relation de cause à effet : Il semble que le fait de devenir obèse durant l’enfance augmente de manière significative le risque d’asthme et cette augmentation est significative et appelle toute notre l’attention sur l’importance de prévenir l’obésité infantile ».

Source: Pediatrics (In Press) via Eurekalert (AAAS) 26-Nov-2018 Weight likely cause for one-fourth of asthma cases in kids with obesity (Visuel Duke Health)

 

Asthme : les enfants en surpoids sont plus à risque que les autres

Asthme : les enfants en surpoids sont plus à risque que les autres

istock / Foremniakowski

Par Mathilde Debry avec la rédaction – Pourquoi Docteur – Publié le 26/11/2018

https://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/27557-Asthme-enfants-surpoids-risque-les

Une gigantesque étude fait le lien entre obésité de l’enfant et risque d’asthme, une maladie chronique qui gène la respiration.

L’obésité pourrait être responsable d’environ un quart des cas d’asthme chez les enfants américains, selon une nouvelle étude publiée dans la revue Pediatrics. L’asthme est une maladie chronique provoquée par une inflammation des bronches qui se traduit par leur hypersensibilité à différentes stimulations : froid, virus, tabac, pollution…L’inflammation bronchique entraîne une “hyperréactivitéde la paroi musculaire avec un gonflement de la paroi interne de la bronche, une hypersécrétion de mucus (normalement produit en petites quantités) et la contraction des muscles de la paroi bronchique. Au final, tous ces phénomènes aboutissent au rétrécissement de la lumière de la bronche, voire à son obstruction, et à une gène pour respirer.

Un risque accru de 30%

Le réseau de recherche de données cliniques PEDSnet a été utilisé pour mener une étude de cohorte rétrospective (janvier 2009-décembre 2015) afin de comparer l’incidence de l’asthme chez les enfants de 2 à 17 ans ayant un excès de poids et/ou obèses par rapport à ceux ayant un poids sain“, indiquent les chercheurs en préambule.

Pendant quatre ans, l’équipe a analysé les données médicales de 507 496 enfants. Ceux qui étaient obèses présentaient un risque accru de 30% de développer de l’asthme par rapport aux autres, un chiffre qui chutait à 17% concernant les enfants en surpoids. Ces résultats ont été ajustés en fonction de facteurs de risque comme le sexe, l’âge, le statut socioéconomique et les allergies.

10% des cas d’asthme pourraient être évités

Les chercheurs ont aussi démontré qu’environ 23 à 27% des nouveaux cas d’asthme chez les enfants obèses pourraient être attribués à cet état, ce qui signifierait qu’environ 10% des cas d’asthme pourraient être évités dans ce groupe d’âge, soit presque un million d’enfants aux Etats-Unis. “Ces chiffrent attirent encore une fois l’attention sur l’importance de prévenir l’obésité dès le plus jeune âge”, concluent les chercheurs, qui peinent encore à expliquer pourquoi le surpoids et l’asthme sont corrélés.

L’asthme est la première des maladies chroniques infantiles. Certaines de ses causes comme la génétique ou les infections virales sont des choses sur lesquelles nous ne pouvons pas agir“, a déclaré Jason E. Lang, professeur agrégé de pédiatrie et directeur de l’étude. “On pourrait en revanche s’attaquer à l’obésité infantile”, affirme-t-il.

41 millions d’enfants obèses

Les enfants obèses seront aussi plus enclins à développer diverses pathologies à l’âge adulte, comme des maladies cardiovasculaires, la résistance à l’insuline (qui est souvent le signe avant-coureur d’un diabète), des troubles musculosquelettiques (notamment l’ostéoarthrite – maladie dégénérative des articulations fortement handicapante) ou encore certains cancers (endomètre, sein et côlon).

Le nombre d’enfants en surpoids ou obèses dans le monde s’est considérablement accru, passant de 32 millions en 1990 à 41 millions en 2016. 17% des petits Français souffrent de ces affections. Au sein de l’Hexagone, environ 4 millions de personnes développent de l’asthme : on compte près de 60 000 hospitalisations (40 000 chez les enfants) et environ 1 000 décès chaque année. Les premières crises surviennent généralement au cours de la première année de vie dans 10 à 50% des cas, avant la cinquième année dans 65 à 95% des cas, ou après 10 ans, mais cela reste rare.

Asthme et obésité infantile : Une relation étroite et complexe

Asthme et obésité infantile : Une relation étroite et complexe

Publiée le 12/11/2018 par Équipe de rédaction Santélog
European Respiratory Journal

En Europe, 1 personne sur 8 meurt des suites d’une maladie pulmonaire – soit environ une personne par minute. Ces maladies comprennent notamment l’asthme, le cancer du poumon et la maladie pulmonaire obstructive chronique. Dans certains pays riches, l’incidence de l’obésité dépasse les 30%. La mesure et la manière dont l’asthme peut contribuer à l’épidémie d’obésité chez les enfants constituent donc des questions importantes de santé publique. Cette large méta-analyse présentée dans l’European Respiratory Journal, de 13 cohortes européennes, menée à l’Université de Californie du Sud, confirme que l’asthme est bien un facteur majeur de vulnérabilité à l’obésité et à d’autres comorbidités plus tard dans la vie.

Ainsi, les jeunes enfants asthmatiques sont plus susceptibles de devenir obèses, au même titre que l’obésité peut être considérée comme un précurseur majeur de l’asthme chez les enfants. Alors que depuis deux décennies, les scientifiques documentent les épidémies parallèles d’asthme et d’obésité chez les enfants, la majorité des études se concentrent sur la manière dont l’obésité est un facteur de risque d’asthme. Cette analyse aborde la question dans l’autre sens en cherchant à comprendre comment l’asthme contribue à l’obésité chez les enfants.

C’est ensuite l’analyse la plus large menée à ce jour sur l’asthme précoce et l’obésité. 40 scientifiques y ont collaboré. L’étude porte sur 21.130 enfants, nés entre 1990 et 2008, dans 9 pays, dont le Danemark, la France, l’Allemagne, la Grèce, l’Italie, les Pays-Bas, l’Espagne, la Suède et le Royaume-Uni. Les enfants ont été diagnostiqués asthmatiques à l’âge de 3 à 4 ans et les scientifiques ont suivi ces tout-petits jusqu’à l’âge de 8 ans. Leur objectif était de se concentrer sur les effets de l’asthme précoce sur la santé.

Les effets de l’asthme précoce sur la santé : l’analyse montre que :

  • le risque de devenir obèse est accru de 66% chez les enfants asthmatiques vs ceux exempts de diagnostic d’asthme ;
  • chez les enfants présentant des symptômes persistants de respiration sifflante, le risque d’obésité s’avère accru de 50% ;
  • les enfants asthmatiques même actifs sont près de 2 fois plus susceptibles de développer une obésité que ceux exempts d’asthme ou de respiration sifflante.

Des résultats cohérents par rapport à ceux des précédentes études longitudinales.

La direction causale entre l’asthme et l’obésité reste pourtant mal comprise. L’asthme est considéré comme un obstacle à l’activité physique ce qui peut conduire à l’accumulation de graisse dans le corps. Des doses plus élevées de corticostéroïdes inhalés ont également déjà été associées à une augmentation du risque d’obésité chez les enfants asthmatiques. Étant donné que l’asthme et l’obésité commencent à se développer plutôt tôt dans la vie, il est possible que l’association asthme-obésité soit également établie au cours de cette période cruciale du développement de l’enfant. Des études antérieures ont montré que certaines expositions in utero, via le régime prénatal ou l’obésité maternelle, sont également associées à un risque accru de ces deux conditions.

« Nous devons comprendre si la prévention et le traitement adéquat de l’asthme pourraient contribuer à réduire la trajectoire de l’obésité », conclu l’un des auteurs, le Dr Frank Gilliland, professeur de médecine préventive à la Keck School of Medicine (Los Angeles).

L’asthme affecte des millions d’enfants, il s’agit d’un trouble chronique de l’enfance, et s’il augmente le risque d’obésité, nous pouvons conseiller les parents et les médecins sur la manière d’intervenir de manière précoce.

Source: European Respiratory Journal Oct, 2018 DOI: 10.1183/13993003.00504-2018 Does early onset asthma increase childhood obesity risk? A pooled analysis of 16 European cohorts

 

Obésité : Elle rétrécit les voies respiratoires et accroît le risque d’asthme

Obésité : Elle rétrécit les voies respiratoires et accroît le risque d’asthme

Équipe de rédaction Santélog – Publié le 14 Octobre 2018

L’obésité représente un problème de santé publique majeur qui contribue de manière disproportionnée au développement de nombreuses comorbidités. Ici, il s’agit de l’asthme, de sa sévérité et d’une moindre réponse aux traitements. Cette étude du Rutgers Institute (New Jersey) suggère que l’asthme lié à obésité serait en plus de l’inflammation pulmonaire, lié au rétrécissement des voies aériennes. Des conclusions présentées dans l’American Journal of Physiology qui révèlent que l’obésité « imprime » sur les cellules musculaires lisses des voies respiratoires, une signature unique et identifiable qui pourrait conduire à de nouvelles approches ciblées.  

La prévalence de l‘asthme et de l’obésité, en tant que conditions distinctes et comorbidités, s’est considérablement accrue ces dernières années. On sait que l’obésité est un facteur de risque majeur d’asthme, en partie en raison de l’inflammation systémique et localisée des voies respiratoires chez les personnes ayant un indice de masse corporelle élevé. Les personnes atteintes d’obésité présentent un risque plus élevé d’asthme sévère, une diminution du contrôle de la maladie et de la réponse au traitement par corticoïdes. Cependant, de précédentes études suggèrent que certains patients obèses peuvent avoir un type d’asthme qui n’est pas causé par une inflammation des voies respiratoires, mais par une réponse hyper-réactive à un allergène du muscle lisse des voies respiratoires. L’hyperréactivité entraîne un rétrécissement des voies respiratoires, entrave la respiration et se caractérise par une contraction ou des spasmes des muscles respiratoires.

Une contraction musculaire des voies respiratoires plus importante chez les personnes obèses : cette recherche décrypte ce mécanisme spécifique de modification du fonctionnement des muscles des voies respiratoires qui augmente le risque d’asthme chez les personnes obèses. L’équipe a combiné des cellules musculaires lisses des voies aériennes humaines avec l’histamine, une substance chimique produite par le système immunitaire en réponse à un allergène, et le carbachol, un médicament qui stimule la partie du système nerveux qui contrôle les voies respiratoires. Stimuler les cellules des voies respiratoires avec ces substances amène les cellules à libérer du calcium, comme dans la contraction musculaire. Les chercheurs montrent que les cellules musculaires de donneurs obèses libèrent plus de calcium et se rétrécissent de manière plus importante que les cellules provenant de donneurs de poids normal. Cela suggère une contraction musculaire plus importante. De plus, les cellules de participantes obèses libèrent plus de calcium que les cellules provenant de donneurs obèses de sexe masculin.

L’obésité imprime sa signature sur les cellules musculaires lisses des voies respiratoires, un nouveau marqueur donc qui pourrait permettre de mieux diagnostiquer l’asthme chez les patients obèses et de développer des thérapies ciblées « contre » ce rétrécissement des voies respiratoires.

Source: American Journal of Physiology–Lung Cellular and Molecular Physiology 30 Aug 2018 DOI : 10.1152/ajplung.00459.2017 Obesity increases airway smooth muscle responses to contractile agonists