Pour maigrir, dites « stop » à l’alcool !

Pour maigrir, dites « stop » à l’alcool !

© Getty Images

Par Apolline Henry – Top santé – Le 11 août 2018

https://www.topsante.com/minceur/perdre-du-poids/les-bons-reflexes-minceur/pour-maigrir-dites-stop-a-l-alcool-627417

C’est prouvé : le binge-drinking fait grossir. Une consommation excessive d’alcool (même ponctuelle) peut entraîner une prise de poids. Explications.

Pour perdre nos kilos tenaces, on a tendance à se focaliser uniquement sur le contenu de notre assiette : on mange moins gras, moins sucré, moins salé, on limite les calories, on évite les grignotages… Bref, on surveille attentivement notre alimentation.

Pourtant, selon une nouvelle étude conduite par la University at Buffalo (aux États-Unis) et publiée dans le Californian Journal of Health Promotion, le principal ennemi de notre silhouette serait… l’alcool.

Premier truc à savoir : l’alcool est calorique. Ainsi, une canette de bière de 33 cl contient environ 150 Kcal ; « si on boit 5 bières au cours d’une soirée, on atteint 750 Kcal, ce qui correspond aux trois quarts de notre apport calorique quotidien » précisent les chercheurs.

« Après une soirée très arrosée, nos comportement alimentaires se modifient en faveur des aliments gras, salés et sucrés » ajoutent-ils. Une consommation excessive d’alcool (même ponctuelle) favorise également les grignotages nocturnes et la déshydratation : deux facteurs qui boostent la prise de poids.

« Gueule de bois » et comportements alimentaires néfastes

Pire : « le phénomène de la « gueule de bois » (qui peut survenir après une soirée très alcoolisée) peut, lui aussi, conduire à des comportements alimentaires déraisonnables : un petit-déjeuner à base de fast-food, par exemple ».

Comment expliquer ce lien entre une consommation excessive d’alcool et des comportements alimentaires néfastes ? D’après les chercheurs, « l’alcool entraîne un pic de glycémie : le taux de glucose dans le sang augmente brutalement pour diminuer tout aussi rapidement. Cela génère une sensation de faim… qui l’individu n’assouvit pas avec des aliments sains. »

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont suivi un groupe de 286 étudiants américains ; 65 % d’entre eux reconnaissaient pratiquer régulièrement le binge-drinking.

 

Chirurgie bariatrique : un risque accru de dépendance à l’alcool

Chirurgie bariatrique : un risque accru de dépendance à l’alcool

© iStock/tuchkovo

Par Aurélia Brégnac – Planéte santé – 11 juillet 2018

Experts :

  • Pr Jean-Bernard Daeppen
  • Pr François Pralong
  • Dre Chiara Ferrario
  • Dr Lucie Favre

https://www.planetesante.ch/Magazine/Medicaments-examens-et-traitements/Chirurgie-de-l-obesite/Chirurgie-bariatrique-un-risque-accru-de-dependance-a-l-alcool

 

Enjeu de santé publique, l’obésité engendre des complications métaboliques et cardiovasculaires. La chirurgie bariatrique est le principal traitement pour y remédier. Mais elle présente des risques, dont la survenue d’une dépendance à l’alcool.

Concernant près de 13% de la population mondiale, l’obésité est une épidémie qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Pour répondre à cette problématique, et lorsque toutes les tentatives de rééquilibrage alimentaire ont échoué, la chirurgie bariatrique –ou chirurgie de l’obésité– est le traitement le plus indiqué en cas d’obésité morbide. Avec un fort taux de réussite, elle aboutit à une perte de poids durable et significative, ce qui contribue à réduire la mortalité due aux complications métaboliques et cardiovasculaires et aux cancers.

Selon les profils, différentes opérations peuvent être proposées, dont les précautions postopératoires restent toutefois nombreuses. Parmi les risques recensés, il a récemment été découvert un risque accru de dépendance à l’alcool. Le bypass gastrique en Y selon Roux (RYGB) est l’intervention qui présente le plus de risques de développer ce trouble. En effet, selon une étude américaine, l’absorption d’alcool serait, dans ce cas, non seulement deux fois plus rapide mais le niveau d’alcoolémie serait en plus triplé. Une autre étude montre que l’augmentation de la prévalence de problèmes liés à l’alcool augmente de 10% au cours des sept années qui suivent la réalisation d’un bypass gastrique.

Bypass, sleeve, anneau gastrique : un risque variable

Parmi les opérations de chirurgie bariatrique, le bypass gastrique en Y (RYGB) est la plus pratiquée en Suisse, suivie de la gastrectomie en manchon. L’anneau gastrique a, quant à lui, été progressivement délaissé à cause de complications postopératoires plus fréquentes.

Une récente étude a montré que l’augmentation significative de dépendance à l’alcool n’était vérifiable qu’à partir de la deuxième année suivant l’intervention, et qu’elle n’existait pas en cas d’anneau gastrique. Les patients ayant subi un bypass RYGB ont cependant trois fois plus de risques de développer une telle dépendance. En cause, l’impact des différentes techniques sur le métabolisme de l’alcool qui, dans le cas du RYGB, suscite notamment une absorption plus rapide et une concentration plus importante de l’alcool, résultant à son tour à une sensation d’ivresse plus rapide et plus importante.

De la nourriture à l’alcool : un transfert de dépendance?

De la chirurgie bariatrique résulte une restriction alimentaire qui limite les crises d’hyperphagie ou de boulimie. En effet, les émotions négatives autrefois compensées par ce type de comportement et permettant, dans bien des cas, d’améliorer l’humeur du patient ne sont plus possibles une fois opéré. Le volume de l’estomac ne permet plus d’absorber une grande quantité d’aliments, et une autre source de compensation, comme l’alcool, peut alors être développée. Toutefois, le transfert de dépendance n’explique pas le risque variable selon les différentes techniques chirurgicales.

De possibles causes neurobiologiques et hormonales

L’alcool, à l’instar de la nourriture, stimule la sécrétion de dopamine, fameux «neurotransmetteur du plaisir». Une sécrétion qui augmente considérablement lors de crises d’hyperphagie et de consommation d’alcool. Ces dernières peuvent, pour les patients opérés, représenter une source alternative de plaisir à leurs anciens réflexes alimentaires, qui activaient de la même manière le système de récompense. De plus, pour stimuler ces circuits neurobiologiques du plaisir, une ingestion de nourriture ou d’alcool sans cesse plus importante est nécessaire, et contribue ainsi à l’installation de la dépendance.

Autre piste métabolique dans le cas du bypass RYGB, la modification du fonctionnement de plusieurs hormones gastro-intestinales (ghreline, peptide 1) qui influencent les sensations de faim et de satiété, et semblent aussi avoir un impact sur la consommation d’alcool. Le rôle joué par ces hormones dans le développement de la dépendance n’est cependant pas clairement défini.

L’importance d’un suivi sur-mesure

Dans ces conditions, il est essentiel d’évaluer le mode de consommation d’alcool (fréquence, quantités, etc.) chez toute personne souhaitant être opérée. La possibilité d’une intervention est bannie en cas d’alcoolisme actif ou requiert, avant toute opération, une abstinence d’au moins six mois ainsi qu’un suivi spécialisé par le médecin généraliste ou un service spécialisé en alcoologie. Un suivi postopératoire à long-terme est, lui aussi, d’autant plus important que l’installation de la dépendance n’intervient qu’au cours de la deuxième année après l’intervention. L’apport en vitamines, notamment du groupe B, doit aussi être mesuré pour éviter toute carence. Conseils et recommandations permettent enfin au patient d’être informé sur les effets de la consommation d’alcool, notamment dans certaines situations à risques.

Transfert de dépendance, compensation psychologique ou facteurs neurobiologiques et hormonaux… Les causes de ce phénomène ne sont pas encore clairement identifiées. Mais le risque étant, lui, avéré, il le suivi post-opératoire reste indispensable.

Adapté de «Chirurgie bariatrique et risque accru de dépendance à l’alcool», Dre Chiara Ferrario, Pr François P. Pralong, Dre Lucie Favre, Département d’endocrinologie, diabétologie et métabolisme, CHUV; Pr Jean-Bernard Daeppen, Service d’alcoologie, CHUV. In Revue Médicale Suisse 2016;12:602-5, en collaboration avec les auteurs.

 

La chirurgie de l’obésité fragilise les femmes face à l’alcool (21/11/2017)

La chirurgie de l’obésité fragilise les femmes face à l’alcool

par Benjamin Badache,  publié le 21/11/2017

https://www.pourquoidocteur.fr/MaladiesPkoidoc/266-15-des-Francais-en-souffrent-Obesite-une-epidemie-mondiale

 

La chirurgie bariatrique qui permet une forte perte de poids chez les obèses diminue aussi la tolérance à l’alcool. En conséquence, les femmes doivent réduire fortement leur consommation après l’opération.

L’alcool est à consommer avec modération et surtout après une chirurgie de l’obésité (« chirurgie bariatrique ») type sleeve-gastrectomie ou Roux-en-Y. Cette chirurgie de l’obésité qui permet la perte du poids diminue radicalement la tolérance des femmes à l’alcool. C’est en tout cas ce que vient de révéler une étude de l’Université de l’Illinois parue dans le journal Surgery for Obesity and Related Diseases.

« Après une sleeve-gastrectomie, si une femme boit quelques verres, elle pourrait exposer son cerveau à des taux d’alcoolémie semblables à ceux d’une femme ayant bu 4-5 verres de plus »,

 

Une véritable intoxication du cerveau

Cette étude s’est concentrée sur les femmes et sur la sleeve-gastrectomie car elles représentent la grande majorité des interventions de chirurgie bariatrique.
La sleeve-gastrectomie, qui consiste à réduire la capacité de l’estomac, accélère l’absorption d’alcool et son passage dans la circulation sanguine. Après avoir bu, les taux d’alcoolémie augmentent bien plus vite : « Après une sleeve-gastrectomie, si une femme boit quelques verres, elle pourrait exposer son cerveau à des taux d’alcoolémie semblables à ceux d’une femme ayant bu 4-5 verres de plus », exlique M. Belen Acevedo, premier auteur de l’étude.

Une opération efficace

Les résultats sont sans appel. Pour les femmes du groupe sans chirurgie, le contenu d’alcool dans le sang a culminé à 0,6 g/l environ 26 minutes après la fin d’une consommation de 2 verres d’alcool sur 10 minutes.
Pour les autres, la teneur en alcool dans le sang a atteint les 1,1 g/l environ 9 minutes après avoir la boisson pour la sleeve-gastrectomie et 1,0 g/l environ 5 minutes après pour la chirurgie Roux en Y.
Les femmes qui ont eu une chirurgie bariatrique ont également signalé des sensations plus intenses d’ivresse, à partir d’un questionnaire élaboré par les chercheurs.
Donnée supplémentaire, l’analyse de l’alcoolémie à partir de l’air expiré sous-estimait gravement le taux réel d’alcoolémie (27%), peut-être parce que cette technique ne peut être utilisée avant d’attendre 15 minutes après une prise d’alcool.

Pourtant, les médecins ne font pas le procès de la chirurgie bariatrique : « Les résultats de cette étude sur l’association entre la chirurgie bariatrique et un risque accru de développer l’alcoolisme ne signifient pas que nous ne devrions pas effectuer ces procédures », clame l’un des auteurs.
L’objectif consiste simplement à avertir les personnes opérées des risques qu’une consommation d’alcool importante aurait sur leur organisme.