Pacte alimentaire : la Région Occitanie corrige l’assiette

Pacte alimentaire : la Région Occitanie corrige l’assiette

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, a présenté la politique innovante que la collectivité pilote en matière d’avenir alimentaire.

L’élue appelle les citoyens à s’exprimer pour construire le Pacte régional pour une alimentation durable. L’enjeu est énorme : préparer l’avenir alimentaire des habitants de la région.

C’est à Montpellier, lundi, que la Région Occitanie a fait escale pour présenter sa politique alimentaire. À l’occasion de ce bivouac, dans le restaurant du même nom, au cœur du Marché du Lez, Carole Delga a confirmé son ambition à construire le « Pacte régional pour une alimentation durable en Occitanie ».

Une grande ambition territoriale qui épouse une grande cause nationale : « Accéder à une alimentation saine et de qualité est devenu un véritable enjeu de santé publique », justifie l’élue, « D’où notre volonté de construire, avec nos concitoyens, ce pacte régional qui aura également d’importantes retombées économique pour l’agriculture et l’agroalimentaire, un secteur qui est le premier employeur sur le territoire ».

Vote : plus de 55’000 participants 

La Région a profité du Bivouac pour présenter les résultats de la première consultation citoyenne organisée d’avril à août dernier, et pour laquelle .plus de 55 000 citoyens ont répondu au questionnaire proposé par la collectivité sur leurs habitudes et leurs souhaits en matière de politique alimentaire.

« Nous en avons tiré quelques grands enseignements », annonce Jean-Louis Cazaubon, vice-président de la Région en charge de la viticulture et de l’agroalimentaire, qui les énumère : « Les habitants veulent une alimentation saine et équilibré et sont de plus en plus nombreux à manger bio et à favoriser les produits locaux ; ils aiment faire les marchés même s’ils font encore majoritairement leurs courses en grandes surfaces ; enfin, ils sont plus de 90% à affirmer qu’ils privilégieront les aliments Made in Occitanie s’ils sont plus facilement identifiables ».

Un 2ème vote pour le pacte alimentaire

La Région Occitanie, qui a listé les envies et les besoins de ses administrés, lance une seconde campagne de concertation citoyenne. De lundi 15 octobre au jeudi 15 novembre, elle fait appel aux citoyens pour définir les grandes lignes du Pacte régional : « Comme promis, nos concitoyens ont à nouveau l’opportunité de s’impliquer dans la construction de cette politique régionale sur l’alimentation en choisissant les actions prioritaires à mettre en œuvre », explique Carole Delga, qui souhaite faire voter ce document final en décembre 2018.

La machine est déjà lancée avec l’opération « L’Occitanie dans mon assiette » dans les cantines des 59 lycées de la région.

59 lycées et 25 millions de repas

Chaque année, en effet, 25 millions de repas sont préparés dans les lycées qui s’habituent au manger local : « Nous avions un objectif pour cette première année : proposer à un quart des lycées des repas composés à 40% de produits régionaux », confirme Jean-Louis Cazaubon : « Cela demande un effort aux établissements (formation des chefs, de l’administration, etc) mais l’opération a rencontré un vrai succès. Nous sommes déjà à plus de 30% de participation ! Et cela sans augmentation de tarifs pour les parents ».

Le phénomène devrait s’accélérer avec la création d’une grande plateforme régionale pour l’achat des produits locaux qui « assurera la livraison des produits en temps, en heure et en quantité », assure le vice-président.

L’enjeu : préparer l’avenir alimentaire

Carole Delga rappelle les enjeux : « L’Occitanie veut être la région du bien vivre et du bien-être, dans un esprit collectif de responsabilité environnementale. J’invite dès aujourd’hui le plus grand nombre à participer à cette consultation citoyenne essentielle pour notre avenir ». Cette démarche, qui rejoint les enjeux planétaires, est soutenue par l’UNESCO : « Il faut construire une démocratie alimentaire », rappelle Nicolas Bricas, directeur de la chaire UNESCO alimentation et présent lundi à Montpellier : « On surproduit 30% de nourriture en trop sur la terre chaque année alors qu’un milliard de personnes ne mangent toujours pas à leur faim. Il faut des initiatives comme celle-ci pour construire un système alimentaire durable ».

Le directeur salue le travail de la Région Occitanie « qui se donne, avec ce pacte pour l’alimentation durable, les moyens de préparer cet avenir alimentaire à travers une démarche novatrice ».

>> Les sportifs présents au Bivouac
Le lancement de la campagne pour le Pacte régional de l’alimentation durable s’est déroulé en présence d’invités, parmi lesquels les sportifs Vitorino Hilton (MHSC), Michaël Guigou (MHB) et Yacouba Camara (MHR), ou encore Jacques Mazerand, président des Toqués d’Oc, David Nocca, président de la Ligue contre l’obésité, Nicolas Bricas, directeur de la chaire UNESCO alimentation et Denis Carretier, président de la Chambre Régionale d’Agriculture.

>>> La consultation citoyenne pratique
Les résultats de la 1ère phase de concertation sont disponibles sur le site de la Région : laregion.fr/questionnaire-alimentation/

Pour voter du 15 octobre au 15 novembre : laregion.fr/alimentation

À travers un bulletin accessible en ligne et en version papier, les participants auront la possibilité de prioriser (en les numérotant de 1 à 4) les propositions d’actions qu’ils souhaitent voir mises en œuvre par la Région à travers le futur « Pacte régional pour une alimentation durable en Occitanie ».

7 alternatives au sucre blanc

7 alternatives au sucre blanc

Nous consommons aujourd’hui en moyenne 4 fois plus de sucre que la quantité recommandée ! Or, la consommation de sucre entraîne de nombreux problèmes de santé : diabète, maladies cardio-vasculaires, hausse de la sensibilité à l’insuline, dépendance (voir notre article sur le sucre).

En tête des sucres présents dans nos placards, on retrouve le sucre de table blanc. Le sucre blanc que l’on consomme peut provenir de deux sources :

  • De la betterave : il est naturellement blanc, et ne subit alors pas nécessairement de processus de raffinage. Mais, dans tous les cas, il est dépourvu de micronutriments.
  • De la canne à sucre : il est naturellement brun et subit alors un processus de raffinage ayant pour objectif de le rendre très fin et bien blanc. Au cours du processus de raffinage, le sucre va être chauffé et/ou traité chimiquement et va alors être débarrassé de ses vitamines, minéraux et oligo-éléments.

Qu’il soit raffiné ou non, le sucre blanc est donc dépourvu de nutriments et n’apporte que des calories « vides ».

Il existe cependant quelques alternatives plus intéressantes. Mais cela ne doit pas faire oublier que le sucre, quelle que soit sa forme, reste un aliment dont la consommation est à limiter.

1) Le miel

On entend souvent parler du miel comme l’aliment phare pour remplacer le traditionnel sucre blanc dans nos assiettes. Il possède effectivement l’avantage de contenir des minéraux (magnésium, calcium, potassium, fer) et des vitamines (B et C), même si la teneur reste faible.

Le miel est également moins calorique que le sucre et possède un pouvoir sucrant 30% à 40% supérieur au sucre de table , ce qui permet de consommer des quantités plus faibles.

Enfin, le miel contient des antioxydants, des molécules qui aident à prévenir le cancer et les maladies dégénératives. Plus le miel est foncé, plus il est riche en antioxydants ! Cependant, le pouvoir antioxydant de la plupart des miels reste relativement faible par rapport à celui des fruits et légumes.

Privilégiez le miel bio et produit en France, car la législation française garantit un produit très contrôlé. Évitez les produits comportant la mention “Mélange de miels UE et hors UE” dont la traçabilité est faible et qui peuvent se révéler être des miels frelatés, c’est-à-dire coupés avec de l’eau ou du sucre (voir notre article sur le miel).

Il ne faut cependant pas oublier que dans 100 grammes de miel, il y a au moins 80 grammes de sucre. Une cuillère à café de miel représente ainsi 30% de la consommation journalière maximale de sucre recommandée par l’OMS. Par ailleurs, le miel contient 55% de fructose (ce chiffre peut néanmoins varier selon le type de miel : plus le sucre est liquide, plus il est riche en fructose). Or, le fructose est un sucre particulièrement problématique lorsqu’il est consommé en quantité importante sous une autre forme que les fruits (voir notre article sur le sucre).

2) Le sucre de coco

Le sucre de coco provient de la sève des fleurs de cocotier qui va être chauffée jusqu’à ce que l’eau s’évapore et se transformer en sucre un peu brun. Il est possible de le trouver dans les magasins bio ou sur internet. Il contient des vitamines (vitamine B), minéraux (notamment du potassium) et des antioxydants (des pholyphénols, permettant de lutter contre le vieillissement des cellules).

De nombreux articles avancent également que le sucre de coco aurait un indice glycémique beaucoup plus faible que le sucre blanc (voir notre article sur les glucides pour comprendre l’indice glycémique). Mais, des études récentes de l’Université de Sydney ont montré que l’indice glycémique du sucre de coco est en réalité de 54 (contre 70 pour le sucre), ce qui est sensiblement similaire.

3) Le sirop d’agave

Le sirop d’agave a une texture proche du miel et un goût assez neutre. Il est extrait d’une plante qui s’appelle l’agave bleue, un cactus que l’on trouve au Mexique. L’agave possède un fort pouvoir sucrant, ce qui comme le miel, permet d’en mettre moins. Il contient aussi naturellement du fer, des sels minéraux, du potassium, du calcium et du magnésium.

Son faible indice glycémique est souvent mis en avant : en réalité, celui-ci est très variable en fonction de la qualité et de l’origine du sirop. Il peut effectivement être 4 fois inférieur à celui du sucre blanc dans certains cas, mais difficile d’en avoir la garantie.

Par ailleurs, le sirop d’agave est constitué de 60% à 90% de fructose, problématique car stocké sous forme de graisses dans le foie lorsqu’il est consommé en excès.

4) Le sucre complet (ou intégral)

Par rapport au sucre blanc, le sucre complet a l’avantage d’être un produit moins transformé. Il s’agit de sucre de canne non raffiné comme le rapadura et le muscovado, qui n’ont pas été chauffés lors du processus de fabrication et qui conserve ses vitamines et minéraux (potassium, calcium, magnésium). En revanche, son pouvoir sucrant est plus faible que le sucre blanc. Il n’existe pas de sucre complet de betterave car son goût serait désagréable.

Attention, le sucre complet et le sucre roux sont différents. Parmi les sucres roux, on trouve notamment la cassonade, qui est légèrement moins raffinée que le sucre blanc, mais qui subit quand même de nombreuses transformations et conserve peu de nutriments. Quand à certains sucres roux de mauvaise qualité, il s’agit parfois simplement de sucre blanc recoloré avec du caramel.

Là encore, le sucre complet n’est pas pour autant une solution miracle : sa quantité de nutriments reste relativement faible et il ne faut pas tomber dans le piège du “naturel” et le consommer en bonne conscience en oubliant qu’il reste du sucre.

5) Le sirop d’érable

L’avantage principal du sirop d’érable est qu’il possède un goût plus prononcé, ce qui permet de réduire l’apport total en sucre grâce à la saveur.

Son indice glycémique est élevé, mais il a en revanche l’avantage de contenir peu de fructose.

6) Le sucre de bouleau (xylitol)

Le xylitol est un édulcorant obtenu à partir de l’écorce de bouleau. Moins calorique que le sucre blanc, il a l’avantage d’avoir le même goût, de posséder un pouvoir sucrant plus important et un index glycémique plus faible. Il possède aussi des avantages pour la santé bucco-dentaire car il est beaucoup moins susceptible d’engendrer des caries.

En revanche, une consommation trop importante de xylitol peut entraîner des effets secondaires (laxatifs notamment). Par ailleurs, les édulcorants ne sont là encore pas une solution miracle puisqu’une consommation trop importante d’édulcorants peut contribuer à la hausse du risque d’insulino-résistance et altérer le microbiote. Enfin, ils augmenteraient la sensation de faim et entretiennent le goût du sucre, dont il est important de réussir à se déshabituer.

7) La stevia

La stevia est un édulcorant naturel issu d’une plante. Ses avantages sont les mêmes que pour le xylitol : elle possède un pouvoir sucrant 100 à 300 fois plus élevé que le sucre blanc, permettant ainsi de ne pas apporter de calories. Elle ne provoque par ailleurs pas de caries. En revanche, son goût un peu amer proche de la réglisse n’est pas toujours apprécié.

Si la stevia est issue d’une plante, il faut garder en tête que le produit fini que l’on consomme a subi diverses transformations chimiques. Aujourd’hui jugée sans danger, il manque encore de recherches sur les effets de la stevia sur le long terme.

Tout comme le xylitol, la stevia présente par ailleurs les mêmes risques potentiels que l’ensemble des édulcorants.

En conclusion

Il n’y a pas d’alternative miracle au sucre : quelle que soit sa forme, le sucre a des effets délétères sur la santé. Le fait qu’un sucre soit plus naturel qu’un autre lui confère quelques avantages comme la présence de minéraux, mais cela reste relativement faible en comparaison aux quantités que l’on peut trouver dans les fruits et légumes par exemple. Le mieux restera donc toujours de limiter sa consommation de sucre sous toutes ses formes.

Pour aller plus loin sur le sujet de l’indice glycémique, vous pouvez consulter l’article d’Anthony Berthou : http://www.sante-et-nutrition.com/index-glycemique/

Nutribullet Balance : un mixeur connecté pour connaître les données nutritionnelles en temps réel

Nutribullet Balance : un mixeur connecté pour connaître les données nutritionnelles en temps réel

Source – Pixabay. Un mixeur connecté pour faire des plats sains

Aujourd’hui, les problèmes d’obésité touchent un grand nombre de personnes. Les solutions proposées par les professionnels sont nombreuses. De plus, avec les technologies innovantes, on peut désormais contrôler son alimentation. Le Nutribullet Balance fait partie de ces outils. Lancé au Royaume-Uni cet été, cet appareil électroménager utilise son système de nutrition Smart qui permet au mixeur de se connecter à une application mobile.

Cela se fait en pesant les aliments que vous y mettez. De plus, il peut calculer le taux de calories, de protéines, de glucides, de graisses et de teneur en sucre. C’est le meilleur allié pour concevoir des smoothies sains. Les utilisateurs peuvent également suivre les recettes intégrées à l’application, qui sont suggérées en fonction des goûts personnels et des objectifs nutritionnels de chacun.

Un outil facile à utiliser

Le dispositif est étonnamment rapide à mettre en place. Après l’avoir sorti de la boîte, il vous suffit de télécharger l’application sur votre smartphone avant de le faire fonctionner. Après l’installation de l’app sur votre mobile, le Nutribullet Balance se connecte automatiquement à votre smartphone une fois que vous aurez activé la connexion Bluetooth.

Découvrez dans la prochaine ligne une vidéo en anglais présentant cette technologie :

La majorité des appareils électroménagers ont intégré la connectivité. L’application est disponible sur Android et iOS.

Un puissant appareil

Avec une puissance de 1 200 W, ce dispositif est l’un des plus puissants mixeurs de Nutribullet, bien plus que le Nutribullet Pro, qui propose une puissance de 900 W. Vous pouvez facilement rapidement concocter un bon smoothie.

L’application Balance vous propose quelques recettes en fonction de vos intolérances et de vos préférences. Des centaines de recettes sont disponibles sur l’application. Une solution efficace pour ceux qui veulent perdre du poids en adoptant un régime bien équilibré. Toutes les données concernant les aliments à consommer sont en effet présentées.

Source : Forbes

La lunch box, dernière lubie des parents opposés à la cantine scolaire

La lunch box, dernière lubie des parents opposés à la cantine scolaire

cropped shot of mother packing school lunch for son

Par Anne-Laure Mignon | Le Figaro Madame – Publié le 26 septembre 2018

http://madame.lefigaro.fr/cuisine/lunch-box-contre-cantines-scolaires-produits-transformes-industriels-260918-150856

 

Méfiants envers la cantine scolaire, de plus en plus de parents militent pour le retour de la lunch box. Décryptage de ce phénomène avec quatre experts.

 

 «J’aime pas la cantine, c’est pas bon». Un classique dans la bouche de nos enfants qui se plaignent souvent de ne rien avaler le midi à l’école. Mais si jusqu’alors ils ne remettaient en cause que le goût des préparations proposées par l’institution, dans son enquête à charge, Le livre noir des cantines scolaires (1) publié en septembre, la journaliste Sandra Franrenet, s’attaque, elle, à la nature des produits. Elle dénonce l’omniprésence d’aliments ultra-transformés, c’est-à-dire entièrement conçus par les industries agroalimentaires, riches en sucre, en sel, en additifs et en pesticides. Des produits, mauvais pour la santé, responsables de l’augmentation de l’obésité infantile, des allergies alimentaires de l’enfant, des diabètes de type 2 et des cirrhoses non alcooliques. Dans ce contexte de méfiance, de nombreux parents font le choix de retourner à la lunch box individuelle à l’école, plutôt que de faire déjeuner leurs enfants à la cantine. Décryptage sur ce phénomène.

Les produits transformés dans les cantines, une question de coût

À la cantine comme à la maison, les produits transformés envahissent notre quotidien. Pour la diététicienne-nutritionniste Marie-Line Huc, qui s’exprime dans l’ouvrage de Sandra Franrenet, «ils reviennent moins cher que les plats réalisés avec des produits bruts». Exemple avec le bœuf bourguignon servi à la cantine. «Lorsqu’il est acheté déjà préparé et conditionné en barquettes, le cuisinier va pouvoir commander la juste quantité en fonction du nombre de parts. Si au contraire, il décide de le faire lui-même, la qualité du bœuf et la méthode de cuisson vont influer sur le rendement final, explique-t-elle. Et même si parfois, il ne s’agit que de quelques centimes, rapportés à des millions de repas, le montant total peut être énorme». D’où l’omniprésence de ces produits dans les cantines.

De son côté, Anthony Fardet, chercheur en alimentation préventive et auteur du livre Halte aux aliments ultra transformés ! Mangeons vrai (2), voit là un problème plus global. Interrogé dans nos colonnes en février, il déclarait : «Ces produits remplissent à 40% ou 50% les rayons de nos hypermarchés français». Pourtant, d’après le scientifique, il faudrait n’en consommer qu’une à deux portions par jour maximum.

De plus en plus sensibilisés et échaudés par les différents scandales alimentaires qui ont défrayé la chronique ces dernières années, les parents sont particulièrement vigilants quand il s’agit de leur assiette de celle de leurs enfants. En témoigne, l’ascension fulgurante de Yuka. Cet été, l’application qui scanne les codes-barres pour nous indiquer si ce que nous mangeons est «excellent», «bon», «médiocre» ou «mauvais», recensait près de 5,5 millions de téléchargements au bout d’un an… quand les créateurs misaient sur 20.000 utilisateurs après la première année de lancement.

Lunch box ou cantine ?

Sur 157 élèves déjeunant au self ce midi, 72 ont opté pour une lunch box

Annick Leroy, chef d’établissement

L’essor de la lunch box s’explique également par la forte disparité existant entre les cantines scolaires et la qualité des produits. Comme le rappelle Sandra Franrenet dans son enquête, le système est très complexe. Les maternelles et les écoles sont gérées par la commune, les collèges par le département, le lycée par la région et l’université par le CROUS. Ainsi, certains établissements favorisent le bio et les circuits courts et durables. Comme à Lons-le-Saunier dans le Jura où le pain, les produits laitiers et la viande sont bio en plus de provenir de la région, alors que d’autres cantines n’auront jamais vu l’ombre d’un aliment non transformé à leur menu.

Face à ce constat, on assiste au repli des parents qui se tournent en plus vers l’option lunch box. À Alençon, en Normandie, le collège privé Notre-Dame propose les deux alternatives depuis 2013. Et si au départ le nombre d’élèves préférant la lunch box aux plateaux-repas de la cantine était marginal, aujourd’hui, c’est devenu la norme dans cet établissement où 70% des enfants l’ont adoptée. «Sur les 157 élèves qui déjeunaient au self ce midi, 72 ont opté pour une lunch box», nous informe la chef d’établissement du collège, Annick Leroy.

Dans le domaine public, en revanche, impossible en théorie pour les parents de remplacer la cantine par une gamelle personnalisée. Et ce, pour des raisons d’hygiène et de responsabilités. «Sauf en cas de dérogations», nous explique Anne-Laure Meunier, diététicienne nutritionniste à Paris (3). Il existe ce qu’on appelle des PAI (projet d’accueil individualisé), pour les enfants qui suivent des régimes spécifiques ou qui ont des allergies alimentaires. Ces dérogations sont encadrées par un médecin et un diététicien qui doivent en attester. Les élèves n’ont le droit d’apporter leur nourriture que dans ces cas précis. Toutefois, la diététicienne admet : «depuis plusieurs années, de plus en plus de parents viennent consulter en espérant obtenir ces PAI». Et ainsi pouvoir échapper à la cantine scolaire.

Les professionnels s’y opposent

Il est difficile de reproduire l’équilibre de la cantine à la maison

Anne-Laure Meunier, diététicienne

 

Si le phénomène prend de l’ampleur chez les parents, les professionnels s’y opposent. La psychologue pour enfants Florence Millot (4) pointe le risque d’établir une rupture d’égalité entre les élèves, entre ceux dont les parents auront le temps et les moyens de préparer tous les soirs la lunch box de leurs enfants et les autres, qui risquent d’avaler des «sandwichs triangles» tous les midis. Même son de cloche pour la diététicienne Anne-Laure Meunier. Cette dernière souligne le fait que les menus de la cantine sont élaborés par un organisme, le GEMRCN (Groupe d’Étude des Marchés de Restauration Collective et de Nutrition) qui fait un véritable travail nutritionnel sur les dosages et les fréquences, en fonction des besoins de l’enfant. Selon elle : «il est difficile de reproduire cet équilibre à la maison, en prenant compte qui plus est du prix des ingrédients et de la maîtrise des saisons».

Retour à Alençon où la chef d’établissement du collège Notre-Dame, Annick Leroy, semble y voir un réel avantage. Elle explique : «En tant que directrice d’un collège privé, nous ne touchons pas de subventions pour la cantine. Les parents la payent donc à prix coûtant, à savoir 5,98 € par repas. J’ai donc instauré ce système de lunch box pour leur permettre d’avoir le choix». Cependant, elle assure vouloir absolument garder la cantine pour les familles qui préfèrent cette option. «De plus, si un de nos élèves oublie son repas un matin, il nous est possible de lui proposer un déjeuner le midi. S’il n’y avait pas de cantine, l’élève n’aurait pas la possibilité de manger», explique-t-elle.

Pour Sandra Franrenet, la lunch box n’est pas une solution. Autant, si la journaliste et mère de famille pointe du doigt les dysfonctionnements des cantines scolaires, le retour à la lunch box individuelle serait synonyme de régression. «Mieux vaut militer au niveau national pour que la qualité des plateaux-repas soit meilleure dans toutes les cantines de France plutôt que de basculer dans l’individualisme». Nous permettant ainsi de continuer à remplir d’exemples la liste de nos traumatismes vécus à la cantine scolaire.

(1) Le livre noir des cantines scolaires, de Sandra Franrenet, Éditions Leduc.s, 245 pages, 18 €.
(2) Halte aux aliments ultra transformés ! Mangeons vrai, de Anthony Fardet, Éditions Thierry Souccar, 256 pages, 19,99 €.
(3) Anne Laure Meunier, diététicienne nutritionniste et co-fondatrice de SmartDiet. 6 passage Rauch, 75011 Paris. Tél. : 06 41 75 65 65.
(4) Florence Millot, psychologue pour enfants et adolescents. 24 passage Beslay, 75011 Paris. Tél. : 06 15 59 23 86.

 

Microbiote : Découverte d’un marqueur de l’alimentation pour le plaisir

Microbiote : Découverte d’un marqueur de l’alimentation pour le plaisir

Équipe de rédaction Santélog – Publié le : Sep 22, 2018
Fotolia – gourmandise

Pour la première fois, une équipe de l’UCLA (Université de Californie – Los Angeles), identifie dans le microbiote, un marqueur de l’alimentation pour le plaisir par opposition à l’alimentation par faim. Ce métabolite nommé indole, produit par la dégradation d’un acide aminé, par les bactéries intestinales du microbiote, est associé à une fonction et une connectivité plus actives de certaines zones de récompense du cerveau. Des conclusions présentées dans la revue PLoS ONE, qui ouvrent la voie à de futures recherches sur des interventions spécifiques, telles que des modifications du régime alimentaire, qui permettraient, via les niveaux d’indole, de corriger la réponse du système de récompense du cerveau.

L’étude est menée auprès de 63 participants en bonne santé qui ont subi une IRM cérébrale et dont le microbiote (échantillons fécaux) a été analysé afin de déterminer la présence de métabolites intestinaux spécifiques. Les sujets ont également rempli des questionnaires évaluant leur propension à la dépendance alimentaire. L’analyse constate que :

  • la fonction et la connectivité de certaines zones du réseau de récompense du cerveau sont plus puissantes chez les personnes présentant des taux élevés d’indole, un composé organique produit par la dégradation de l’acide aminé tryptophane par les bactéries intestinales ;
  • une telle activité dans le cerveau indique qu’une personne est plus encline à manger par plaisir plutôt que par faim ;
  • les personnes avec des niveaux plus élevés d’indole étaient également plus susceptibles de dépendance alimentaire.

Indole, « suractivité » du système de récompense et dépendance alimentaire : certaines zones du réseau de récompenses du cerveau sont connues depuis longtemps pour réguler les comportements alimentaires. En particulier, le noyau accumbens – qui traite des stimuli de récompense tels que la nourriture – et l’amygdale – qui aide à réguler les émotions – sont activés lorsque nous avons faim ou lorsque nous mangeons. Dans cette étude, les personnes ayant des niveaux d’indole plus élevés présentent une fonction et une connectivité plus fortes dans ces deux zones cérébrales. Cela suggère un système de récompense hyperactif qui favorise et renforce la suralimentation. Une telle suractivité du système de récompense chez les personnes obèses présentant une dépendance alimentaire a été rapportée dans de précédentes recherches.

C’est la première étude à identifier chez l’homme une association entre des métabolites spécifiques produits par les bactéries intestinales et le comportement alimentaires. Ces données suggèrent l’indole ou les bactéries intestinales productrices comme des cibles prometteuses d’interventions spécifiques, par modification du régime alimentaire par exemple, pour réduire la dépendance alimentaire.

Source : PLOS One August 6, 2018 DOI : 10.1371/journal.pone.0201772 Correlation of tryptophan metabolites with connectivity of extended central reward network in healthy subjects