Obésité : L’exercice peut rétablir aussi la fonction rénale

Obésité : L’exercice peut rétablir aussi la fonction rénale

 


Équipe de rédaction Santélog – Publié le 15 Janvier 2019

Obésité, diabète, insuffisance rénale…Dans l’obésité et ses comorbidités, l’exercice a un autre avantage : il permet de réduire le risque de maladie rénale. C’est la démonstration, chez l’animal, de cette équipe de l’Université de Grenade qui révèle, avec l’exercice, une meilleure santé des vaisseaux sanguins et une baisse des taux de protéines urinaires. Des données publiées dans l’American Journal of Physiology qui mettent un peu plus en évidence l’importance majeure de l’exercice dans la prise en charge de l’obésité et de ses comorbidités.

On retiendra que l’exercice aérobie ou par intervalles peut aussi réduire le risque de maladie rénale liée au diabète chez certaines personnes, alors que l’insuffisance rénale est une complication fréquente du diabète de type 2, et tout particulièrement chez les personnes obèses et qui ne pratiquent pas régulièrement. Les marqueurs précoces de l’insuffisance rénale liée au diabète comprennent des taux élevés de protéines dans l’urine et une capacité réduite des reins à filtrer les déchets dans le sang. Les maladies rénales chroniques peuvent également entraîner un déséquilibre des minéraux dans le corps, en particulier dans les os. Une teneur minérale osseuse altérée entraine des troubles tels que l’ostéoporose.

L’étude est menée sur 2 groupes de rats, composés d’une combinaison d’animaux maigres et obèses, afin d’étudier les effets de l’exercice sur les facteurs de risque de maladie rénale. Le groupe « exercice » pratiquait sur un tapis roulant pendant 45 à 60 minutes chaque jour, 5 jours par semaine. Le groupe  » sédentaire  » a été formé pendant 15 minutes 2 fois par semaine à suivre l’équivalent d’un mode de vie sédentaire humain. Les chercheurs constatent que :

  • tous les rats obèses, quel que soit leur groupe, présentent un durcissement ou une fermeture des artères rénales, une augmentation des protéines dans l’urine et des dépôts graisseux dans les structures filtrantes des reins ;
  • les rats obèses du groupe « exercice » présentent une amélioration de la santé vasculaire et de la fonction rénale globale, avec la pratique de l’exercice ; des modifications de la composition osseuse (taux de calcium et de cuivre plus élevés, mais concentrations en fer plus faibles) ; Cependant, ces derniers changements n’apparaissent pas suffisants pour influer sur le risque de développer une ostéoporose.

Un programme d’exercice aérobie semble donc une bonne stratégie pour réduire les dysfonctionnements rénaux et les niveaux de marqueurs urinaires accrus par l’obésité et le développement de la maladie rénale, chez les patients à la fois obèses et diabétiques.

Source : American Journal of Physiology–Renal Physiology 10 Oct DOI : 10.1152/ajprenal.00356.2018 Aerobic interval exercise improves renal functionality and affects mineral metabolism in obese Zucker rats

 

Tsukushi, une nouvelle cible hépatique prometteuse contre l’obésité

Tsukushi, une nouvelle cible hépatique prometteuse contre l’obésité

 


Des chercheurs de l’université du Michigan décrivent pour la première fois le rôle de frein métabolique d’une hormone sécrétée dans le foie en réponse à de fortes dépenses caloriques, l’hépatokine tsukushi.

Cette découverte publiée dans « Nature Metabolism » avec le soutien académique des Instituts nationaux de la santé américain suggère une nouvelle cible thérapeutique dans la prise en charge des pathologies métaboliques, en particulier de l’obésité. 

Un frein à la dépense énergétique

L’homéostasie énergétique est assurée par des régulations multiples et dynamiques. Si des facteurs circulants favorisant le stockage énergétique ont été identifiés, comme la leptine, les leviers régulant les dépenses énergétiques sont beaucoup moins connus.  

Ici, l’équipe de Jiandie Lin de l’université du Michigan a montré chez la souris que la sécrétion de l’hormone est fortement inductible par une augmentation des dépenses énergétiques, par exemple la thermogenèse en environnement froid. De plus, les scientifiques rapportent que les niveaux hépatiques et plasmatiques de tsukushi sont élevés chez les souris obèses. 

« Cette hormone diminue les dépenses énergétiques, résume Jiandie Lin. Quand il y a une perte rapide d’énergie, il y a frein sur le métabolisme. Si le frein est levé, notre hypothèse était que les souris brûleraient des calories de façon accélérée. Cela s’est révélé être le cas. » 

Des bénéfices à bloquer l’hormone tsukushi

Au cours de leurs expérimentations, les chercheurs ont observé qu’en cas de privation de nourriture, les souris n’exprimant plus l’hormone tsukushi perdaient davantage de poids que leurs congénères normales. Leur température corporelle était plus élevée qu’à l’état normal. Un élément qui conforte les chercheurs à penser que l’hépatokine agirait au niveau de la graisse brune, plus précisément au niveau de son innervation sympathique.

En réponse à un régime hypercalorique, tandis que les souris normales doublaient leur poids, les rongeurs n’exprimant plus l’hépatokine présentaient une prise de poids limitée à 30 % et de meilleurs paramètres métaboliques.

Cette hépatokine ouvre de pistes nouvelles et multiples dans le traitement des maladies métaboliques, le rôle protecteur semblant aller au-delà de l’obésité. Dans la même revue, une équipe du même laboratoire de recherche montre qu’un déficit en tsukushi est facteur protecteur vis-à-vis de la stéatose non alcoolique.  

Au CHU de Montpellier, des cellules génétiquement modifiées pour tuer le cancer

Au CHU de Montpellier, des cellules génétiquement modifiées pour tuer le cancer

Les prélèvements des lymphocites au CHU. Ils seront reconditionnés aux Etats-Unis

Midi Libre – Publié le

L’établissement est un des quatre centres français habilités en France. Le traitement, prometteur, a une première indication : le lymphome à grandes cellules, un cancer du système immunitaire qui touche 3000 à 4000 personnes par an. Pour le professeur Cartron, responsable du département d’hématologie clinique du CHU, c’est “une révolution”.  

Le ministère de la Santé a donné son feu vert en décembre, les premiers patients seront soignés ce mois de janvier. Le CHU de Montpellier a désormais accès à un procédé innovant de prise en charge du cancer, à partir de cellules génétiquement modifiées pour tuer les cellules cancéreuses.

Un traitement révolutionnaire

Objectif : donner des chances de survie à des patients qui résistaient aux chimiothérapies habituelles. Aux Etats-Unis, où plus d’un millier de patients ont ainsi été soignés, “un patient sur deux répond positivement au traitement, un sur deux est en vie après dix-huit mois”, précise le professeur Cartron. 

Un coût onéreux

Le traitement, lourd et coûteux (plus de 300 000 euros), est aujourd’hui réservé aux malades qui souffrent d’un lymphome particulier, le lymphome à grandes cellules. D’autres cancers pourraient être prochainement ciblés : certaines leucémies, les myélomes, et à l’avenir pourquoi pas des maladies virales, les hépatites B, le VIH”, se projette Guillaume Cartron. 

Montpellier, seul établissement du Sud de la France habilité

Le CHU de Montpellier est le seul établissement habilité du sud de la France. Les autres centres sont à Paris (hôpital Saint-Louis), les CHU de Lille et de Nantes.

Montpellier : une approche révolutionnaire dans le traitement du cancer au CHU

Montpellier : une approche révolutionnaire dans le traitement du cancer au CHU

L’idée des chercheurs est de reprogrammer les “lymphocytes T”. Archive

Midi Libre – Publié le

L’équipe d’hématologie du CHU de Montpellier utilise des cellules reprogrammées (CAR-T) pour combattre le cancer. Ce traitement démontre qu’il est possible de modifier le système immunitaire pour combattre une cible efficacement.

Les lymphocytes T sont les principales cellules de notre système immunitaire en charge de la détection et de la destruction des cellules malignes.

Lors d’un cancer, ces cellules présentent un défaut d’activation conduisant à l’apparition et au développement du cancer. L’idée des chercheurs a donc été de reprogrammer ces cellules afin de les rendre plus efficaces contre les cellules malignes. Il s’agit des CAR-T cells (pour Chimeric Antigen Receptor T-cells) qui sont des lymphocytes reprogrammés pour reconnaître les cellules malignes.

Ce dispositif sera appliqué à un premier patient au CHU de Montpellier en janvier 2019.

Pour quelles pathologies ?

Ce traitement concerne actuellement les patients atteints d’un type de lymphome particulier (appelé “diffus à grandes cellules” ou “primitif du médiastin”) ou d’une leucémie aiguë lymphoblastique. Il est réservé exclusivement aux patients dont la maladie est réfractaire aux traitements habituels ou en rechute après des traitements intensifs.

Quels bénéfices pour le patient ?

Ce traitement est réservé à des patients dont la probabilité de survie est faible < 10%. Grâce à ce traitement, cette probabilité augmente avec près de 50% des patients en vie 1 an après la fin du traitement. Ce traitement est néanmoins associé à un certain nombre d’effets secondaires.

L’avenir de ces nouveaux traitements

Ce traitement démontre qu’il est possible de modifier le système immunitaire pour combattre une cible efficacement (ici une cellule d’un lymphome ou d’une leucémie). Ce concept de traitement peut sans doute s’étendre à d’autres maladies malignes et des essais cliniques sont en cours dans d’autres types de cancer. Certaines maladies virales (hépatite B, infection à VIH) ou des maladies auto-immunes pourraient aussi se voir proposer ce type d’approches thérapeutiques révolutionnaires.

Obésité : La protéine naturelle qui pourrait éliminer un tiers de la masse grasse

Obésité : La protéine naturelle qui pourrait éliminer un tiers de la masse grasse

Équipe de rédaction Santélog – Publié le : Jan 10, 2019
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L’obésité, qui touche plus de 650 millions de personnes dans le monde, est le principal facteur ou moteur de syndrome métabolique, notamment de troubles tels que la résistance à l’insuline, l’intolérance au glucose, l’hypertension et l’élévation du taux de lipides dans le sang. Cette étude du Centre médical universitaire de Georgetown (Washington) révèle, à ce stade chez la souris, l’effet surprenant d’une protéine, étudiée au départ pour son rôle dans le cancer mais qui s’avère aussi être un puissant régulateur du métabolisme. L’étude, présentée dans les Scientific Reports montre en particulier que l’expression forcée de cette protéine chez la souris obèse entraîne une réduction remarquable de sa masse grasse, en dépit ici d’une prédisposition génétiquement programmée à manger tout le temps. Une piste donc très prometteuse et à suivre pour lutter contre l’obésité et ses comorbidités.

Il s’agit précisément de la protéine FGFBP3 (ou BP3), une cible en puissance pour développer un nouveau traitement visant à inverser les troubles associés au syndrome métabolique, tels que le diabète de type 2 et la stéatose hépatique. Et comme BP3 est une protéine naturelle et non une molécule artificielle, les essais cliniques sur la BP3 humaine recombinante pourraient commencer après une dernière série d’études précliniques. « Nous constatons que 8 prises de BP3 sur 18 jours suffisent à réduire d’un tiers le volume de graisse chez les souris obèses », résume l’auteur principal, le Dr Anton Wellstein, professeur d’oncologie et de pharmacologie au Georgetown Lombardi Comprehensive Cancer Center.

Réduction de la masse grasse mais pas seulement …Les traitements ont également permis de réduire un certain nombre de troubles liés à l’obésité chez les souris, tels que l’hyperglycémie, d’éliminer la graisse du « foie gras » et le tout sans effet secondaire.

BP3 appartient à la famille des protéines liant le facteur de croissance des fibroblastes (FGF : fibroblast growth factor). Les FGF sont présents dans des organismes allant des vers à l’homme et sont impliqués dans un large éventail de processus biologiques, tels que la régulation de la croissance cellulaire, la cicatrisation des plaies et la réponse aux blessures. Certains FGF agissent comme des hormones. Les protéines BP1, 2 et 3 sont des protéines « chaperones » qui s’accrochent aux protéines FGF et renforcent leurs activités dans l’organisme. Ce n’est que récemment que les scientifiques se sont tournés vers BP3 pour mieux comprendre son rôle : il s’avère que cette protéine chaperone se lie à trois protéines FGF (19, 21 et 23) impliquées dans le contrôle du métabolisme. La signalisation FGF19 et FGF 21 régule le stockage et l’utilisation des glucides (sucres) et des lipides (graisses). FGF23 contrôle le métabolisme du phosphate.

BP3 joue ainsi un rôle clé dans le contrôle du métabolisme : ainsi en cas d’absence ou de déficience de BP3, les effets de FGF19 et FGF21 sont accrus avec l’augmentation de leur signalisation. BP3 est donc un puissant moteur du métabolisme des glucides et des lipides. Avec BP3 et un métabolisme accéléré, le sucre dans le sang et la graisse transformée dans le foie sont utilisés pour produire de l’énergie et ne sont pas stockés. Les stocks de graisse sont également exploités. S’en suit une réduction de la masse grasse.

Certes des recherches supplémentaires seront nécessaires avant que la protéine BP3 puisse être envisagée comme traitement humain du syndrome métabolique, concluent les chercheurs, mais la voie est prometteuse.